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En tête à tête.

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MessageSujet: En tête à tête. Mar 1 Fév - 15:59

[Je me suis permis de décrire ce que Helena faisait. Si ça ne te plaît pas dis-moi, et je changerais !]

Encore un meurtre à San Francisco. Cela faisait un bout de temps qu’ils n’avaient pas eu autant de crimes répétés dans la ville. Cependant, pour Zach, ce n’était rien par rapport à l’endroit d’où il venait. Dans quelques années, les délits s’aggraveront et deviendront de plus en plus fréquents. C’est écrit, et vécu. Il partit sur les lieux du crime, en profitant pour passer un rapide coup de fil chez lui pour prévenir qu’il risquait de rentrer tard, et qu’il ne valait mieux pas l’attendre pour manger. L’homme passa le reste de la journée à chercher quelques indices sur le terrain, à interroger des témoins et à donner des ordres à ses co-équipiers. C’était bien moins passionnant que ce que l’on voyait dans les films. Il préférait nettement l’action à l’enquête policière, mais c’est lui qu’on avait placé sur l’affaire. Il faisait preuve de sérieux dans son travail, n’aimant pas prendre la loi à respecter à la légère. Drôle de coïncidence, pour un sorcier soi-disant maléfique. Le boxeur finit par déposer un court rapport sur son bureau vers vingt-heure trente, puis il remit le reste du travail au lendemain. Il commençait à se sentir fatigué, surtout ces derniers jours. Entre le travail qui lui devenait monotone, entre les disputes familiales qui le mettaient sur les nerfs de nombreux matins, il commençait même à en perdre le sommeil. Zach se gara dans l’allée de la maison, faisant surtout bien attention à n’écraser aucun parterre de fleur, comme toujours. Helena serait en colère, s’il piétinait ses semences. Et puis il n’avait aucune raison de ravager cet endroit qu’il trouvait joliment décoré par sa femme. C'est qu’Helena avait du goût, et une certaine allure qu’il respectait et qui faisait d’elle une grande dame. Du moins, aux yeux de l’homme. Cette particularité l’avait d’abord intimidé, à leur rencontre. Mais il osa faire le premier pas, il osa conquérir le cœur de cette belle demoiselle, il lui fit la cours alors que d’autres concurrents, plus riches pour la plupart, étaient aussi plus prometteur que lui, fils d’agriculteur. Pourtant, c’est lui qui obtint la main de la belle. C’est lui qui vivait avec elle, qui lui avait fait de magnifiques enfants et avec qui il avait construit sa vie. C’était une manière de voir les choses tellement idyllique… Alors pourquoi avait-il la sensation de tout perdre ? Il claqua la portière avant de refermer la voiture d’un simple clic sur les clés. Une fois la porte ouverte, il trouva la cuisine déserte, la table dans le même état que lorsqu’il était parti et un grand silence. Personne n’avait mangé ?

« Il y a quelqu’un ? Marion ? Helena ? »

Autrefois, il aurait beaucoup donné pour que la maison soit aussi calme, tellement ces instants étaient rares. Maintenant, le silence l’angoissait parce qu’il ignorait toujours où pouvaient bien être les anciens occupants de cette maison. Helena devait être en ville, (est-ce qu’elle travaille ?). L’homme eut la confirmation qu’il n’y avait personne en écoutant son propre message sur le répondeur. Il passa devant le salon et aperçut une silhouette dans le jardin. Malgré le froid, il voyait sa femme s’occuper du jardin, il n’était donc pas seul. Zach eut l’étrange envie d’aller la voir… Mais pour lui dire quoi ? Elle et lui n’avaient plus vraiment de conversation depuis quelques années. Il prenait quelques décisions, elle aussi. Ils se suivaient, il leur arrivait d’être en désaccord mais ne le montrait jamais aux enfants. Et puis ça s’arrêtait là. Un lourd pincement au cœur, le policier aperçut un petit post-it sur le frigo. « Je dors chez une amie, ne m’attendez pas, Marion. » Il froissa le papier et le jeta dans la poubelle en maugréant. Ils essayent de reformer la famille, et elle s’éloigne de plus en plus ! Marion ne lui adressait quasiment plus la parole, et elle ne cessait de se disputer avec sa mère ! Zach ne pouvait pas prendre sa défense. En tant qu’époux, et pour le bien de la famille, il devait toujours être de l’avis d’Helena. C’est pourquoi il préférait se prononcer le moins possible. Et sa fille faisait une crise d’adolescence après l’heure. Avec les trois grandes qui vagabondaient on ne sait où, persuadées d’être invulnérables et snobant totalement le reste de leur famille. Avec Mike qui avait pris son indépendance, lui aussi, mais qui – oh miracle – continuait de donner des nouvelles au moins ! Il appelait de temps en temps, ne serait-ce que le temps de dire « Je suis vivant, ne vous inquiétez pas. » Était-ce là si compliqué pour les autres d’en faire autant ? Le lycan grimpa l’étage et décida de noyer sa frustration passagère sous une douche froide. Il aimait la chaleur, mais l’homme avait été habitué depuis tout petit à se laver à l’eau fraîche. « Pour faire de toi un homme ! » disait alors son père. Zach n’avait jamais cherché à changer cette habitude. Sauf les quelques fois où une douce personne du nom d’Helena s’immisce dans l’intimité clos de la douche. Enfin là encore, c’était autrefois… Dix minutes plus tard, l’homme ressortit et s’enroula d’un peignoir pour se sécher. Les cheveux dégoulinant, il traversa le couloir pour aller jusqu’à sa chambre. Il allait sortir un pyjama, lorsqu’il se ravisa. De sa fenêtre, il voyait sa femme toujours dans le jardin. Cette fois elle était assise, et semblait contempler son œuvre. Il admirait la patience de son épouse, et ses liens solides avec la nature. Lui, se sentait plus proche des bêtes sauvages. Et encore, proches dans le sens de les comprendre, et non de les aimer ou de s’entendre avec eux. Il n’était qu’un barbare. Helena tourna la tête, leurs regards se croisèrent. L’homme lui sourit, puis elle reposa son attention sur le jardin. Zach ouvrit son armoire. Ses yeux se posèrent sur les deux, trois costumes qu’il possédait. Des souvenirs revenaient en même temps. Dire qu’il avait conservé aussi son habit de mariage, protégé dans un coffre il lui semble. Coffre qu’Helena avait rangé quelque part dans la chambre, à moins que ce ne soit dans la réserve ? Il avait aussi les vêtements qu’il portait lors de son premier rendez-vous avec sa belle. Il ne rentrait plus dedans, mais c’était par nostalgie qu’il les avait conservés. Finalement, Zach prit un costume noir sur une chemise blanche, avec une cravate foncée. Il retourna dans la salle de bain et s’habilla, se coiffa et se parfuma. Une fois prêt, il redescendit et sortit voir sa femme. Ils s’étaient vus au matin, avant qu’il ne parte au travail. Les salutations n’étaient donc pas de rigueur.

« Marion ne dort pas là ce soir… » fit-il en ignorant si son épouse avait déjà vu le mot ou non, « et j’ai vu que tu n’avais pas mangé… ».
Zach se massa la nuque un peu nerveusement. C’est fou. Plus de vingt ans de vie commune, et il se sentait nerveux comme lors de son tout premier rendez-vous. Dieu qu’il était ridicule.
« Je me suis dit que ce soir, on pouvait aller au restaurant ? »
Il plongea son regard dans celui de son épouse, après avoir enfin réussi à lui demander de sortir avec lui. Mais même s’il ne s’agissait que d’une simple soirée, il espérait qu’elle ne refuse pas. Peut-être qu’au fond, la famille a commencé à se disperser lorsque les parents à ne plus s’aimer ? Peut-être que si le couple recommençait à se parler et à faire preuve de solidarité entre eux, les enfants reviendront ?
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Mar 1 Fév - 19:00

[C'est parfait! ]

Rentrant de Buckland assez tôt pour une fois, Helena n’avait pas fait de détour. Elle était rentrée directement chez elle. Pourtant, elle aurait aimé faire un tour dans les boutiques de la ville, ou passer un peu de temps dans un bar mais elle ne se sentait pas le cœur de fuir une fois de plus. L’air grave, Helena gara sa voiture dans l’allée à sa place habituelle et coupa le contact. Elle fixait un point dans le vide. Où allait-elle comme çà ? Où allait sa famille ? Ses aînées en qui elle avait placé tant d’espoirs se baladaient sans rentrer au manoir convaincu de leur invincibilité, Marion la fuyait comme la peste et Mike… a son grand damne, il avait quitté le domicile familial. Helena sentait que la situation lui échappait. Depuis quelques temps déjà, elle avait cette impression atroce de n’avoir rien vu venir. Zach et elle, çà n’allait plus trop non plus. Et dire qu’ils s’étaient juré une famille soudée… Helena se pris la tête dans les mains. Elle n’était pas encline aux moments de faiblesse mais là, dans le noir, seule, elle se laissa aller à quelques larmes furtives. Elle était loin la femme forte qui avait dirigé la quête du pouvoir des Trois et tout était en de s’effondrer autour d’elle. Elle se reprit rapidement. Elle détestait être ainsi. Elle jura au miroir lui reflétant un visage pâle et de marbre, sans joie, et sortit sans douceur.

Elle remonta l’allée jusqu’au manoir. Entrant dans le hall, elle jeta son manteau sur un canapé et son sac avec et elle alla à la cuisine se servir un verre d’eau. C’est là qu’elle vit le mot de Marion : « Je dors chez une amie, ne m’attendez pas, Marion. ». Helena resta un moment à regarder le post-it. Une de plus qui fuyait encore une fois. Helena vida son verre et le posa dans l’évier. Ne tenant plus, elle repris son manteau et sortit dans le jardin. Ce jardin immense que Zach avait aménagé pour elle à son arrivée au manoir, il y a de cela presque vingt ans. Helena descendit les marches de la terrasse et marcha dans les allées. Elle n’avait pas froid. Le jardin était essentiel pour elle, car elle y retrouvait sérénité et calme. Elle était persuadée que c’était une partie de son pouvoir qui faisait cela. Elle se mit à couper quelques branches mortes et a ramasser quelques feuilles tombées.

Plus les secondes passaient, plus elle retrouvait de la force. Elle ne vit pas le temps passer. Quand elle regarda sa montre, il était vingt et une heure. Helena jeta un regard au manoir et aperçut de la lumière. Zach. Il était rentré. Doucement, elle reprit le chemin du manoir et décida de s’asseoir sur une chaise de la terrasse. Elle regarda son jardin, et elle en était fière. Elle vit de la lumière s’allumer à l’étage et aperçut Zach à la fenêtre. Il marqua une pause et lui sourit. Helena lui rendit son sourire par un sourire léger, et reposa son attention sur le jardin. Zach. Comment en étaient-ils arrivés là eux aussi ? Après toutes ses années, après tout ses coups durs, après tout cela… Helena se sentit nostalgique. Elle baissa les yeux vers ses mains et se demanda jusqu’où elle allait aller sans réagir…

« Marion ne dort pas là ce soir…, il marqua une pause, Helena tourna la tête vers lui, et j’ai vu que tu n’avais pas mangé… »
Helena continua de le regarder sans vraiment d’expression. Elle détailla une fois encore son si beau visage, le ton de sa voix et le parfum qu’il venait de vaporiser dans son cou. Ce costume qui lui donnait l’air imposant et protecteur qui l’avait fait succomber quand elle avait 20 ans. Elle due reconnaitre qu’il n’avait rien perdu de son charme et qu’il devenait de plus en plus beau avec l’âge. Cet homme c’était le sien… Helena eu un pincement au cœur. Les choses étaient-elles rattrapables ?
« Oui j’ai vu le mot de Marion… »

Zach se passa une main sur la nuque. C’était son tic quand il était anxieux. Helena fronça un sourcil. Que se passait-il ? Pourquoi était-il en costume d’ailleurs ?
« Je me suis dit que ce soir, on pouvait aller au restaurant ? »
Helena reposa son regard sur lui avec une pointe d’étonnement. C’était donc pour cela le costume… Elle était légèrement prise de court. En fait, elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui demande cela. Elle pesa le pour et le contre, mais au fond d’elle, elle était touchée qu’il se soit préparé ainsi pour elle. C’est ce qui gagna son « oui ». Son regard se radoucit et elle ajouta :
« Si tu me laisses 30 minutes, je serais prête pour aller dîner… »
Cela voulait dire « oui » dans son langage. Helena lui sourit plus franchement que le sourire qu’elle lui avait fait à la fenêtre. Elle se passa une main dans les cheveux, son tic à elle d’anxiété et elle rentra dans le manoir sans rien dire de plus. Elle monta les escaliers sans hâte et disparut dans sa chambre.

Elle se retrouva devant son armoire et elle se prit à ne pas savoir quoi mettre. Depuis combien de temps n’avaient-ils pas dîné au restaurant seuls ? Helena laissa tomber le choix de la tenue pour le moment et entra dans la salle de bain pour prendre une douche. Elle laissa l’eau délasser ses muscles et quand elle fut réchauffée et détendue, elle sortit. Attrapant une serviette et s’enroulant dedans, elle vint se remettre devant son armoire. Helena hésita quelques secondes, puis elle décida d’opter pour une robe assez habillée tout de même. Elle sortit la dernière robe qu’elle avait achetée. Zach ne l'avait pas vue encore. Une robe longue, en soie bleue nuit, échancrée dans le dos et fluide. Elle la passa en vitesse et s’assit devant son miroir pour se maquiller de façon très légère. Elle se parfuma et attrapa ses chaussures à talons. Elle ouvrit la porte de la chambre et elle s’approcha des escaliers.

Elle posa une main sur la rampe pour ne pas tomber avec ses chaussures et elle descendit. Zach l’attendait dans le hall. Elle leva les yeux vers lui, et s’aperçut qu’il la regardait. Elle lui sourit et rougis légèrement. Elle se sentait légèrement ridicule d’avoir mis cette robe au final. Cela allait faire bien trop habillé. Elle essaya de ne pas y penser. Elle s’approcha de lui et pris son sac.
« Je suis prête… »
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Dim 6 Fév - 16:40

[Pardon pour ce vilain retard !]


Elle semblait intriguée, et il y avait de quoi. Parce qu’elle ne devait plus avoir l’habitude de ce genre de petites demandes timides, digne d’un adolescent coincé qui voulait inviter une fille à sortir avec lui pour la première fois de sa vie. Mais il se lança. Parce qu’il était un homme mûr, confiant, et qui n’avait plus peur de ce genre de chose. Sa femme, c’était un sujet à la fois délicat et précieux. Il voulait alors que le mot délicat disparaisse. Il voulait à nouveau ressentir le besoin de parler d’elle à sa femme. Il voulait que lorsqu’on lui demande s’il était marié, il acquiesce d’une manière toute aussi volontaire que lorsqu’on lui demandait s’il avait des enfants. Après s’être lancé, il se sentit un peu idiot d’avoir fait cette proposition sur un coup de tête, comme ça. Elle n’avait aucune raison d’accepter, et lui-même ne voyait pas du tout pourquoi elle le ferait. Il se posait énormément de questions au sujet de sa famille. Est-ce que, comme son fils le pensait, c’était de sa faute à lui si les membres se disloquaient petit à petit ? Est-ce qu’il était la cause de toutes ces séparations ? La seule personne devant qui il pourrait être capable d’en parler voire de le reconnaître, si c’était bel et bien le cas, était son épouse. Parce qu’il savait que les épreuves, ils devaient les surmonter ensemble. C’était dans leur contrat de mariage et ils se l’étaient promis. Et puis ils avaient assez bien prouvés que tout ce qu’ils entreprenaient ensemble, ils le réussissaient. Ce qu’ils faisaient de leur côté était en revanche un échec. Du moins, ça l’était généralement pour Zach. Helena et lui formaient une équipe soudée et vraiment infaillible… Au fond, l’homme ne pensait pas vraiment qu’il était entièrement en tort dans ce problème familial. Pour lui, cela venait aussi du fait que son couple n’était pas au mieux de sa forme. Il était donc fautif, mais pas totalement conscient. C’est le hasard des choses, ou le destin, qui a diminué grandement la complicité qu’il avait avec Helena. Et si on devait lui reprocher quelque chose, c’est de ne pas y avoir fait assez attention pour réagir plus tôt. Il inclina la tête avec un sourire sincère lorsqu’elle lui réclama trente petites minutes. Tout ce qu’elle voudrait. Elle pourrait bien lui demander deux heures qu’il les lui aurait accordés sans hésitation. Le cœur de l’homme se remettait à battre dans sa poitrine, comme s’il s’était arrêté tant d’années en attendant ce moment avec impatience. Il était fier de sortir avec sa compagne, heureux qu’elle ait accepté et impatient de se montrer avec elle à son bras. Il la laissa donc partir et rentra dans la maison. Tandis que la belle Calahan prenait sa douche, Zach ferma les volets de la maison, verrouilla la porte qui menait au jardin puis ouvrit toutes les portes des chambres pour que les pièces s’aèrent. Il avait développé, au fil des ans, ces automatismes ménagers qui faisaient de lui le père de famille qu’il était maintenant. Il enfila ses chaussures puis glissa son portefeuille dans la poche arrière de son pantalon. Sa veste posée sur le dossier du fauteuil, il s’installa de ce dernier pour commencer à lire le journal. Cela ne le dérangeait pas d’attendre son épouse. Zach faisait partie des gentlemans qui se disaient toujours que plus les femmes les faisaient attendre, plus ça valait le coup de patienter. Alors qu’il parcourait rapidement la rubrique nécrologique, il entendit les pas gracieux de sa compagne dans les escaliers. L’homme referma le journal puis se leva en l’apercevant. Là, il resta coi un court instant, l’observant de haut en bas et la dévorant presque du regard. Comment faisait-elle, pour raviver les cendres d’une flamme qu’il croyait jusqu’alors éteinte ?

- Tu es magnifique. murmura-t-il, songeur. Il reprit rapidement ses esprits et s’empara de son blouson de cuir puis de la veste de sa femme. Posant l’objet sur les épaules d’Helena, il ne manqua pas de la regarder de plus près et de plonger son regard dans celui de son épouse pour ajouter : Vraiment belle.
Et Zach était tout ce qu’il y a de plus sincère en disant cela. Il se souvenait avec une petite pointe de nostalgie toutes ces soirées passées avec elle où elle s’habillait de cette manière. Où elle se faisait la plus élégante. Et à chaque fois, l’homme la trouvait plus ravissante que toutes ces autres femmes autour. Zach avait été infidèle, c’est vrai. Mais lorsque sa femme était auprès de lui, il n’avait jamais réussi à en regarder une autre. Une fois prêt, il leva le coude pour qu’Helena prenne son bras, comme lors de leurs débuts, ou même à leur mariage. Afin de s’avancer tous deux et de sortir ensemble de la maison. Il ferma à clé derrière eux puis ils marchèrent silencieusement jusqu’à la voiture. Zach s’entreprit d’ouvrir la porte du côté passager pour sa femme, avec un petit sourire ironique qui traduisait bien qu’il se moquait de lui-même. C’était juste pour faire comme autrefois, afin de se rappeler des souvenirs. Mais il était ridicule, il le savait, et il lança un regard complice à Helena avant de pousser un petit rire, se moquant de lui-même. Il attendit qu’elle soit montée pour fermer, puis prit la place du côté conducteur pour démarrer et sortir de l’allée en faisant bien attention, comme toujours, à ne rouler sur aucun des parterres de fleurs de sa femme.

- Où puis-je t’emmener dis-moi ? À cette époque, il doit y avoir le restaurant que l’on fréquentait lorsqu’on sortait ensemble depuis peu. Tu te souviens… le Thuran House ?

L’homme avait toujours eu une bonne mémoire. Étrange de savoir qu’un ours comme lui se souvenait de petits détails insignifiants, comme le lieu, la date ou le nom de l’endroit de son premier rendez-vous avec son épouse.

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MessageSujet: Re: En tête à tête. Lun 7 Fév - 20:40

[Zero soucy! ;)]

Helena avait toujours les joues roses quand elle atteignit le bas de l’escalier. Le regard qu’avait posé Zach sur elle était de ce qui faisait fondre une femme quelle qu’elle soit… Dans ses yeux, Helena s’était sentie de nouveau belle et désirable, elle avait de nouveau 20 ans comme quand elle était tombée amoureuse de lui. Helena essaya d’arrêter de rougir mais rien n’y fit. Arrivant en bas, elle annonça qu’elle était prête. Elle se passa une main dans les cheveux se demandant ce que Zach pouvait bien penser d’elle à ce moment, engoncée dans une robe pareille. Certes ses yeux en avaient dit long mais Helena savait que ce que les yeux laissent paraitre n’est parfois pas l’identique de ce que l’on ressent.
« - Tu es magnifique. »
Helena leva les yeux de nouveau étonnée. Il ne la trouvait ni ridicule, ni prétentieuse, ni décalée, rien de tout cela… Il la trouvait… magnifique… Le cœur d’Helena s’accéléra dans sa poitrine. Elle n’était plus habituée à ces regards et ces remarques. Pourtant, l’effet était toujours là… Comment avait-elle pu oublier le bonheur d’être séduisante aux yeux de son mari ?
Il prit le manteau d’Helena et le lui posa sur les épaules. Helena s’emmitoufla dedans.

C’est à ce moment que leurs regards se croisèrent. Zach la fixa intensément, elle était sans voix. Zach était le seul qui arrivait à faire taire la rigueur en elle. Le seul qui arrivait d’un simple regard, à lui couper le souffle et à lui arracher un sourire. Bien sûr, depuis quelques temps, cela arrivait nettement moins souvent mais là, en bas des escaliers, si proches, Helena sentit ses lèvres s’étirer dans un sourire radieux.
« Vraiment belle. »
Les joues toujours roses mais cette fois-ci, à cause du compliment, elle le remercia d’un mouvement de la tête. Helena n’était jamais prise de court, ni même mal à l’aise. Non, jamais, sauf avec sa famille. Chacun des membres de sa famille arrivait à lui couper la chique à sa manière. Les trois aînées l’avaient surprise en devenant très puissantes mais ce n’était rien à côté du choc d’apprendre qu’elle en voulait encore plus. Marion, pour la prendre de court çà, elle était forte, rien de plus simple pour la petite cadette. Il lui suffisait de l’appelait « Helena » par exemple, et c’était amplement suffisant… Il y avait aussi Mike, ce caractère explosif prenait Helena par surprise quasiment en permanence. Discuter avec Mike s’était un peu comme traverser un champ de mines. Dans le fond, c’est peut être cela qu’elle aimait chez ce gosse. Non, ce qu’elle aimait chez Mike, c’était qu’une fois le champ de mines traversé, il vous accordait un peu plus de respect. Helena ne comptait plus le nombre de discussions dégoupillées qu’elle avait eu avec son « fils », mais aujourd’hui, elle pouvait être fière de sa relation avec lui… Et enfin, il y avait Zach. Zach était le seul qui arrivait à la gêner par ses compliments et Helena adorait çà. Elle aimait être à son bras car elle avait l’impression qu’il n’existait qu’elle. C’est pour cela qu’elle avait pardonné à son époux ses infidélités. Elle avait toujours eu de la fierté à apparaitre au bras de Zach. Il ne semblait pas s’en rendre compte mais il attirait bien des regards. Sa carrure imposante, lui donnait un air rassurant et protecteur qui attirait les femmes à coups sûrs.

Zach lui présenta son bras et elle le prit comme au bon vieux temps. Il lui ouvrit la porte et sortit. Descendant les marches du perron, elle sentit à nouveau son parfum. Fermant les yeux, entendant ses talons sur le dallage, s’appuyant sur ce bras ferme et se laissant guider sans crainte, des images de son mariage refirent surface. Elle eu un sourire léger et se repris. Ils arrivèrent bientôt à la voiture et Zach lui ouvrit sa portière. Elle aperçut son sourire un brin ironique qui laissait entendre qu’il s’était prit au jeu. Depuis combien de temps n’avaient-ils plus joué ainsi ? Helena inclina la tête de façon un peu caricaturale, laissant entendre qu’elle aussi ironisait et elle entra dans la voiture.
« - Où puis-je t’emmener dis-moi ? À cette époque, il doit y avoir le restaurant que l’on fréquentait lorsqu’on sortait ensemble depuis peu. Tu te souviens… le Turan House ? »
Helena n’avait pas oublié. Cependant, elle fut surprise de l’entendre le dire. D’un coup, elle se souvint de quasiment toutes leurs soirées. Leur premier rendez vous avez eu lieu au Turan House, il avait raison. Elle lui sourit un peu surprise à nouveau.
« C’est vrai qu’on y passait pas mal de soirées au début. Le Turan House, ce sera parfait… »

Helena s’enfonça confortablement dans son siège. Le Turan House n’était vraiment pas loin en voiture. A peine une dizaine de minutes. Helena garda le silence ne sachant pas trop quoi lui dire. Elle lui jetait de temps en temps des regards. Elle était partagée, cette soirée la mettait en joie, mais cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas parlé avec Zach. Qu’allaient-ils se dire ? Et si, ils n’étaient plus d’accord ? Helena chassa cette pensé de son esprit.
« Tu as eu une… bonne idée. Helena releva la tête vers lui et comme il conduisait, il ne pouvait pas vraiment la regarder. Peut être que cela l’aida à continuer. Je… suis contente d’aller manger avec toi… »
Le manque d’assurance d’Helena ne venait pas du fait qu’elle mentait. Bien au contraire, elle ne cherchait pas ses mots quand elle mentait. Paradoxe. Elle était sincère. Il avait fait tout les efforts jusque là, alors elle trouvait juste de lui dire qu’elle n’y allait pas à contrecœur. Elle garda le silence pendant tout le reste du trajet.
Quelques minutes plus tard, Zach immobilisait la voiture sur le parking d’un restaurant qu’elle connaissait bien. Un sourire apparut sur son visage tandis qu’elle descendait de la voiture. Zach s’approcha et instinctivement, elle reprit son bras sans même attendre qu’il le lui propose. Elle hasarda un regard dans sa direction et lui sourit légèrement. Troublante soirée en perspective…

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MessageSujet: Re: En tête à tête. Mar 27 Sep - 9:38

[Je suis impardonnable, hein ? Coupable et impardonnable. Puni moi, si ce sujet ne te tente plus alors tant pis pour moi mais n’hésite pas à me le dire ! Zach est de retour en tout cas. Et ça va CHIER POUR LES SALES GOSSES CALAHAN ! *s’emporte par un rire machiavélique.* ]

    Aux yeux du patriarche ce n’était pas une simple femme qui descendait les escaliers du manoir. Mais une séraphine aux cheveux d’or qui se laissait tomber du ciel. Pour lui, juste pour lui. Cette magnifique déesse était « sienne », ne pouvait-il s’empêcher de se dire. Du moins, il espérait que ce soit le cas et en la regardant venir à lui, il eut l’impression que ses doutes lui devenaient maintenant limpides dans son esprit. C’était elle, la femme de sa vie. Elle l’avait toujours été, elle le sera toujours. Ils étaient encore marié malgré les obstacles que chacun reçut de son côté. Malgré les erreurs de Zach, la maladresse de ce dernier. Que devait-il faire pour lui prouver à quel point il était persuadé que son destin était d’aimer et de servir la noble dame qui se dressait en face de lui ? S’il avait une chance de reconquérir son cœur, il donnerait corps et âme pour s’atteler à cette tâche. D’ailleurs, c’est ce qu’il comptait faire sans même être certain de réussir. Mais n’est-ce pas là les risques qui nourrissent l’amour ? Ça passe ou ça casse. Mais c’était l’épreuve de toute une vie, et peut-être s’en voudrait-il le restant de ses jours s’il n’essayait pas. Ça passe ou ça casse. Il ignorait s’il le supporterait, si ça cassait. Mais dans toute la fierté et l’admiration qui coulèrent en lui, les seuls mots qui sortirent furent de bien pâles et mauvais adjectifs sur sa beauté. Des qualifications si basses contrairement à ce qu’il aurait voulu dire. Mais comme tout amoureux qui existe, il savait qu’il n’y avait pas de mot pour décrire sa vision. Que tout ce qu’il dira ne sera jamais assez intense pour exprimer la manière exacte dont il la voyait. Et cette précieuse habillée en robe de soirée était madame Calahan. Elle portait son nom, elle avait porté ses enfants, elle portait… leur alliance, tout comme lui d’abord. Elle était sienne officiellement, et il comptait bien à ce que ça redevienne officieux. Pour le meilleur et pour le pire, avait dit le prêtre au mariage. Ne jamais abandonner son épouse, ne jamais la rendre malheureuse, c’était là une promesse d’union qu’il voulait de nouveau tenir. Et s’il y avait moyen de lui redonner le splendide resplendissant qu’elle possédait autrefois, il le fera.

    Il sortit au bras de la redoutable diablesse aux airs d’ange. Silence, fierté. Chaque marche qu’ils descendaient leur donnait dix années de moins. Ils s’avançaient sans crainte dans leur passé jusqu’à redevenir le jeune couple qui se tournait autour. Il lui ouvrit la portière, elle mima la jeune fille flattée, il partit se mettre au volant. De vieux souvenirs hantaient leur démarche et le rappel de ces moments innocents passés avec elle lui donnaient davantage de courage pour continuer. Quelques banalités sur le lieu symboliques où ils se rendaient, puis l’homme redevenait anxieux. Et si ce dîner se passait mal ? Et si le silence pesant allait être leur seule discussion ? Il regardait droit devant lui afin de paraître concentré, que sa nervosité n’apparaisse pas. À quoi bon essayer de cacher son stress à la personne qui vous connaît le mieux au monde ? Celle qui pouvait le deviner comme le faire changer, le manier comme bon lui semblait et l’emmener où elle voulait. Une idée germa dans l’esprit du père Calahan. Une idée qui fit battre son cœur d’adrénaline, qui accéléra visiblement la voiture dans l’impatience d’arriver et qui lui redonna confiance en lui tout autant qu’elle lui infligeait une peur bleue. Il la garda en mémoire. Il se promit de ne pas oublier, d’avoir le courage de le faire, et surtout de le faire au bon moment. Helena semblait toute aussi gênée de ce silence, et l’homme la remercia intérieurement d’y mettre fin. Le regard souriant, il tourna la tête vers elle puis se refocalisa sur la route sans crainte. Tout débutait comme dans un conte de fée. Un rêve, tout allait si bien pour le moment qu’il ne pouvait qu’être plus encouragé. La communication était primordiale dans un couple. C’était ce qu’il avait appris à ses dépens car il n’était pas de nature très expressive. Mais il n’avait pas peur de parler de ce qui allait comme de ce qui n’allait pas, avec sa femme. Que ce soit sur tous les sujets, rien ne pouvait mieux aller qu’en en parlant. Mais le sujet qui risquait de revenir le plus sur le tapis ces prochains jours s’ils appliquaient cette règle, c’était les enfants. Heureusement que le couple n’avait jamais eu de gros désaccord à leur sujet. Et s’ils redevenaient aussi soudés qu’avant, alors ils pourront réussir à réunir à nouveau leur famille. À deux, ils devraient y arriver. Pour eux, comme pour les enfants. Zach ne devait pas tout foutre en l’air encore une fois. Il fit donc part de son inquiétude.

    « J’espère que tout se passera bien. »

    Il était heureux qu’elle lui confie cela, bien qu’elle ne soit pas des plus à l’aise pour le faire. Ils devaient crever l’abcès, recommencer à se faire pleinement confiance et quitte à se disputer au restaurant, au moins ils communiqueraient et pourront repartir de plus belle. Cela dit, Zach espérait tout de même qu’ils n’allaient pas se disputer publiquement. Enfin, se disputer tout court. Il gara la voiture au restaurant puis sortit avec son épouse pour aller demander une table. Une fois qu’ils furent tous deux installés par un serveur, ils se retrouvèrent avec les menus dans les mains. L’homme dut travailler ses méninges pour se souvenir de ce qu’il avait pris la première fois. Mais n’étant pas vraiment romantique, il avait complètement oublié et opta pour un autre plat. À quoi bon jouer la niaiserie trop longtemps, de toute manière.

    « Il y a trop de choses dont nous devons parler, toi et moi. » fit-il d’un air déterminé en reposant le menu sur la table pour regarder sérieusement sa femme. « Mais peut-être que le mieux serait de profiter de cette soirée avant. Alors si tu es d’accord, j’aimerais que ce soir nous ne parlions ni des conflits liés à la sorcellerie, ni des enfants. » - SURTOUT PAS des enfants, le principal sujet des soucis. Sales mômes. Non il pensait plutôt relancer des sujets banals visant à de nouveau mieux la connaître. À se rapprocher d’elle. À redevenir son mari, confident, précieux ami. C’était pour lui essentiel avant d’aborder les sujets beaucoup plus sérieux. Et puis cette soirée, c’était leur soirée. Il ne voulait pas la gâcher en parlant de leurs problèmes communs et en se creusant la tête pour trouver une solution. D’ailleurs, s’ils réussissaient à se ressouder, peut-être devront-ils faire plus de soirée comme celle-ci pour se soutenir et pour décompresser, penser à autre chose.
    « Parle-moi de ton travail, de tes collègues… Ou mieux encore. Faisons comme si c’était notre premier rendez-vous. J’ignore ce que tu fais, et toi non plus. »

    Une manière de jouer un jeu, ou bien de tout reprendre à zéro les conversations jugées comme « détails » mais pourtant essentielles à leur vie de couple ? Plusieurs sujets de conversation animaient sa tête. Le travail, la famille côté Helena, les pouvoirs... Qui sait, peut-être avait-elle quelques nouveaux talents ? Il afficha un petit sourire crispé et rajouta une dernière fois en essayant de se mettre dans son nouveau rôle – bien qu’il ne soit pas très bon comédien.

    « Que faites-vous dans la vie madame Calahan ? »
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Dim 2 Oct - 20:52

[Mon Zach! Je sais je me répète mais je suis si heureuse que tu sois revenu!!]

Comme c’était étrange de se retrouver à son bras. A l’entrée dans le restaurant, Helena se sentit observée. Quel couple il devait donner en spectacle ! Helena se rendit compte que l’impact qu’ils avaient été bien plus grand lorsqu’ils étaient ensembles. Intouchables. Tellement supérieures. L’excellence. Helena jugea qu’elle avait eu tort pendant tout ce temps d’essayer de faire son chemin plus ou moins seule. Ensembles, ils étaient tellement plus forts.
C’était donc dans cet état d’esprit qu’elle arriva à la table et s’assit. Elle se sentait un peu mal à l’aise car elle ne savait pas vraiment ce qu’ils allaient se dire mais elle était prête à laisser à Zach une vraie chance de rattraper les choses. Au passage, elle décida de s’en donner une à elle aussi, car elle aussi devoir rattraper beaucoup de choses. Elle cherchait quelque chose d’intéressant et de plaisant à dire mais elle avait perdu l’habitude alors les mots ne vinrent pas d’eux même. D’ailleurs, c’est Zach qui brisa le silence.

Z - « Il y a trop de choses dont nous devons parler, toi et moi. Mais peut-être que le mieux serait de profiter de cette soirée avant. Alors si tu es d’accord, j’aimerais que ce soir nous ne parlions ni des conflits liés à la sorcellerie, ni des enfants. »

Helena fut surprise de l’entendre dire cela. Au fond, elle ne pouvait s’être empêchée de penser que s’il revenait vers elle s’était peut-être principalement pour leurs enfants. Ce qui aurait déjà été bien suffisant. Mais après ce qu’il venait de dire, Helena en venait à penser que c’est tout simplement vers elle qu’il voulait revenir. Helena le fixa un moment, absente, puis un sourire apparut sur son visage. Aucun ne savait flatter Helena comme Zach. Lui seul savait lui faire monter le rouge au joue mais pas seulement. Lui seul savait lui faire ces compliments qui la touchent. Helena est une femme froide et distante, qu’aucun compliment mielleux ne peux attendrir. Elle est atroce car aucune parole agréable ne saurait l’émouvoir plus que ça. Mais quand Zach lui faisait un compliment, lui accordait une attention, Helena fondait. L a Reine des Glaces devenait la Reine des Eaux. Elle accorda un sourire sincère à Zach. Pendant qu’elle avait pris son temps pour répondre le serveur avait amené deux coupes de champagne.

H – « Je suis d’accord, tu as raison. Laissons ça de côté pour le moment. Concentrons-nous sur nous. A la nôtre ! »

Elle venait de prendre une des coupes et l’avait levé pour trinquer. Cette coupe était sûrement symbolique mais chez les Calahans, on est symbolique. Elle la porta à ses lèvres avec un sourire entendu. Ce soir, elle acceptait de n’être que sa femme. Pas la mère de ses enfants, pas sa compagne de bataille, pas la deuxième tête de l’entreprise Calahan, mais juste celle qu’il avait choisit il y a 20 ans de cela. Et elle devait l’avouer, cet aveu lui faisait plaisir, cela la touchait vraiment et elle était prête à lui ouvrir les portes qu’ils avaient fermées depuis si longtemps.

Z - « Parle-moi de ton travail, de tes collègues… Ou mieux encore. Faisons comme si c’était notre premier rendez-vous. J’ignore ce que tu fais, et toi non plus. »

Helena fut surprise à nouveau. Zach avait toujours imprévisible pour elle. Mais dans le meilleur des sens. Pleins de surprises agréables et de réactions inattendues qui rendait la vie plus belle. Elle rit doucement amusée mais absolument pas moqueuse. Le jeu dans lequel ils étaient en train de s’ancrer la mettait dans un état qui lui rappelait l’ambiance de leurs premiers rendez-vous.

H – « Pour quoi pas ! Je pense que nous allons découvrir pas mal de choses ! »

Cela était dit avec tendresse, et surtout avec une volonté de découvrir ces choses. Elle ne disait pas cela pour marquer le fait qu’ils s’étaient perdus de vue, mais bien pour montrer que ce soir, ils allaient rattraper le temps perdu. Helena posa ses coudes sur la table et plongea son regard dans celui de son mari. Un sourire à la fois heureux et amusé trônait sur ses lèvres et elle attendait qu’il démarre le jeu.

Z - « Que faites-vous dans la vie madame Calahan ? »

Helena se repris à rire. Ce jeu n’était pas naturel pour elle mais, elle se repris bien vite pour enfin se mettre dans son personnage. Avec Zach, c’était les seuls moments où elle souriait en quasi permanence. Enfin, elle avait un peu perdu cela au fil du temps, mais ce soir, cela semblait revenir petit à petit. Il y avait bien longtemps que la belle Calahan n’avait pas été souriante ainsi.

H - « Ho et bien, je suis la directrice de la maison d’enchère Buckland. Je suis chargée d’organiser les ventes aux enchères d’objets d’art tant anciens que contemporains. D’ailleurs, en ce moment, je travaille sur une vente d’objets anciens de l’époque byzantine. Une pure merveille. »

Elle avait tenu son sérieux pendant toute sa tirade. Elle regarda Zach avec un sourire. Elle se prenait vite au jeu quand c’était lui qui dictait les règles. Elle n’avait jamais eu aucun doute, ni aucune inquiètude quand elle était avec lui. Même au plus bas de leur relation, jamais elle n’avais penser qu’elle n’était pas en sécurité avec lui ou qu’il se moquait d’elle. Même si la passion et la chaleur s’était estompés, le respect et la confiance était toujours restés. Symbole des familles fortes.

H – « Et vous donc, Monsieur Calahan, comment occupez-vous vos journées ? »

Buvant une autre gorgée de champagne, elle se rendit compte qu’elle avait très envie d’entendre la réponse de Zach. Ce jeu pouvait paraître un peu futile mais elle se rendit compte que ce la lui manquait terriblement de se confier à son mari. Elle voulait en apprendre plus sur lui. Cet homme était le sien et dire qu’elle ne savait pas la moitié de ce qu’elle devrait savoir sur lui. Helena était décidée à palier cela dans les plus brefs délais…
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Jeu 20 Oct - 22:31

[Je voulais te répondre plus tôt mais chez moi, le net ça va ça vient... Enfin si j'arrêtais de me connecter sur les réseaux des autres et que je me prenais mon propre abonnement, ça irait mieux ! ]


Les enfants. Le principal sujet des soucis, surtout chez les Calahan. Faites des gosses, qu’ils disaient. Et ils vous échapperont tous comme des ingrats uns par uns sans une seule once de respect pour cette notion si majestueuse qu’est la famille ! Mais il arrivait que les parents refusent de laisser leurs enfants se foutre en l’air aussi facilement. Helena et Zach étaient de ceux qui étaient prêts à se battre pour conserver leurs mômes dans le périmètre de sécurité qu’ils avaient établis. Quelles que soient les règles pour l’amitié ou l’amour, on disait partout qu’un parent ne pouvait jamais abandonner son enfant. Surtout une mère, d’ailleurs. L’instinct maternel et paternel obligeait l’individu à secourir son petit, qu’il soit majeur ou non. Les parents développaient un instinct de protection hors du commun, dès lors qu’ils avaient tenus la chair de leur chair dans leurs bras la toute première fois. Cela n’avait rien de sorcier. C’était magique, mais c’était aussi donné aux simples humains. La force d’une mère pour protéger son œuvre était plus puissante que tout ce qui existait en ce bas monde. Et la force d’un père prêt à tout pour défendre sa famille complétait ce phénomène mystérieux. Quel parent serait assez misérable pour oser délaisser son propre fils à la rue ? Pour se voiler les yeux lorsque sa fille en vient à se prostituer ? Il faudra passer sur le corps des parents Calahan pour pouvoir toucher à leurs enfants. Et s’ils n’en avaient jamais clairement parlé tous les deux, ils en étaient convaincus et ils savaient qu’ils étaient sur la même longueur d’onde. Leur retirer leurs enfants, c’était leur retirer tout ce qu’ils avaient accomplis ensemble durant si longtemps. L’œuvre de toute leur vie. Malgré cela, ne pas parler ni même penser à ces chers petits pouvait apporter confort et détente durant une période aussi courte soit-elle. Et Zach voulait s’offrir le luxe d’une pause de quelques heures auprès de son épouse. Elle passait avant tout, parce qu’il n’y avait qu’avec elle qu’ils pourront ré-affronter les épreuves qu’ils ont bravés ensemble des années plus tôt. Autant dire qu’il fut soulagé lorsqu’elle lui accorda son plus beau sourire, signe qu’elle acceptait le deal sans protester. Et il répondit par le même geste à sa Reine des Eaux.

« À la nôtre ! »

Cet accord signifiait beaucoup pour lui. Il avait énormément appris au sein de cette famille mais ce sur quoi il travaillait le plus, c’était les symboles de sa femme. Tous ces détails qui comptaient pour elle finissaient par compter pour lui aussi. Il avait appris avec l’amour et le temps les gestes machinaux à faire en sa présence comme en son absence. Comment se montrer fier d’être au bras d’une si grande dame, comment lui faire honneur tout en donnant l’impression de n’être que son mari. Comment lui prouver par des petits signes qu’elle seule pouvait capter, à quel point il l’aimait. Il ne pouvait que penser à elle lorsque chaque jolie fleur qu’il croisait lui faisait penser à sa femme. Elle le connaissait mieux que quiconque ne le connaîtra jamais. Il ne s’en plaignait pas, car c’était avec elle qu’il faisait sa vie. Il espérait que cela dure encore et encore. Il but une gorgée de sa coupe de champagne. Ils se promettaient tant de choses dans le silence, mais ils se comprenaient si bien. Même lorsqu’ils se perdaient de vue, ils continuaient de se comprendre. Les rouages de l’habitude et leurs mécanismes étaient ancrés en eux, et chacun pouvait deviner la réaction de l’autre tellement il l’avait étudié auparavant. Ils étaient une sorte de vieux couple qui, pourtant, n’avait pas encore atteint le noble stade de la vieillesse. Il se mordit la lèvre en la voyant rire. Dieu qu’elle était belle, sa lady Calahan. Sa grâce comme ses manières suscitaient toujours plus d’admiration partout où elle passait. Mais son plus grand fan restera à jamais le bon vieux Zach. La voyant se préparer au jeu, il fit de même en se reculant un peu et en croisant les bras, style d’un jeune homme à l’écoute. Prêt à boire toutes les paroles qui sortiront de la bouche de son épouse. Il poussa un petit rire nerveux en la voyant s’amuser au jeu, mais reprit son sérieux également. C’était peut-être un peu ridicule mais comme beaucoup de jeux, une fois qu’ils seront lancés ils s’y plairont d’autant plus. Et pour lui, c’était une nouvelle manière d’aborder un sujet banal. Tout au long de leurs échanges de regards, il ne pouvait décrocher son regard d’elle. Son sourire étincelant lui réchauffait tant le cœur qu’il lui semblait combler un vide qui s’y était installé. Sans qu’il ne le sache, cela lui avait réellement manqué.

« Des trésors de l’empire byzantin ? Après cinq siècles, ces babioles ne doivent plus ressembler à grand-chose. » - il afficha à son tour un sourire moqueur. Il s’était toujours moqué gentiment des « babioles » des ventes aux enchères de sa femme, ne leur trouvant aucune utilité et critiquant pour s’amuser les collectionneurs qui dépensaient une fortune là-dedans. Au fond, c’était peut-être surtout pour taquiner Helena, car il ne se permettait moquerie et critique qu’en présence de cette dernière. Lorsqu’elle lui retourna la question, il se redressa et posa l’un de ses coudes sur la table à son tour. Ses deux mains partirent chercher le poignet gauche de son épouse et il commença à regarder les doigts d’Helena, les manipulant avec précaution avant de reposer ses yeux sur le doux visage de sa compagne, tout en continuant de lui tenir la main.
« Je poursuis de très dangereux criminels pour sauver la population ! » répondit-il d’une voix rauque. Il se rendit soudainement compte que c’était, à peu de choses près, ce qu’il avait dit la toute première fois qu’elle lui avait demandé ce qu’il faisait dans sa vie. Zach roula des yeux, se trouvant ridicule, puis reprit d’une voix normale. « Je plaisante. Je suis dans la police, mais c’est le calme plat en ce moment. Je travaille sur un projet tout autre à dire vrai. » - Il marqua une courte pause, son regard dérivant sur l’alliance d’Helena qu’il faisait tourner autour du doigt de cette dernière – « J’ai retravaillé mon texte mais… j’ai tout oublié. Alors c’est… gênant. »

Anxieux car il comptait à la base attendre la fin du repas, mais qu’il était bien trop impatient pour attendre plus longtemps, il se leva de table et fit le tour pour rejoindre le côté gauche de sa compagne. Là, il lui reprit la main puis posa un genou à terre. Le visage totalement écarlate mais l’allure d’un homme mûr et confiant, il reprit la parole sur un ton posé qui laissait quand même trahir son stress.

« Je sais que nous ne nous sommes jamais séparés mais… Helena, j’aimerais pour la deuxième fois de ma vie que tu deviennes ma femme. Que nous nous marions, encore. Et au diable la religion à ce propos, tu sais ce que j’en pense. »
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Mer 26 Oct - 17:24

Z - « Des trésors de l’empire byzantin ? Après cinq siècles, ces babioles ne doivent plus ressembler à grand-chose. »

Helena lui lança un regard faussement énervé. Il aimait jouer avec son métier. En effet, étrange pour une femme de sa catégorie d’être gérante d’œuvres d’art. Il pouvait dire ce qu’il voulait, ce métier était une facette d’Helena qu’il aimait beaucoup, qu’il ne comprenait pas complètement, mais qu’il aimait, elle le sait… Son côté artistique, c’était un peu comme son pouvoir de se ressourcer avec la nature, c’était des facettes inattendues mais qui lui correspondaient vraiment bien. Zach admirait son épouse pour sa force, mais c’était son cœur tendre qui le faisait craquer. Seulement, il était le seul à le connaitre ce cœur. Helena se rendit compte qu’en s’étant éloigné de son mari, elle s’était éloignée de son seul réel allié, de son seul ami… Elle lui sourit avec bonheur.

H - « Pour ton information, ces objets datent du IVème siècles, ce qui leur fait exactement 1700 ans, et presque 1800 pour les plus anciens. » Elle marqua une pause puis cédant à son jeu. « Et ils sont très bien conservés figures-toi ! »

Elle se mit à rire. Helena répondant à la provocation… rare, très rare même ! Demandez à Mike si la matriarche des Calahans était disposée à jouer « au plus con ». Difficile de la piéger ! Sauf quand on n’a aucune intention de lui faire du mal. Zach était la seule personne au monde qu’elle savait profondément bonne à son égard. Peut-être n’étaient-ils plus autant amoureux mais au moins, il la respectait et ne se moquait jamais d’elle. En retour, elle ne l’humiliait pas, même quand elle pensait que ses actes ne le menait nulle part.

Z - « Je poursuis de très dangereux criminels pour sauver la population ! »

Voila maintenant qu’il commençait à lui raconter son travail. Le fait que Zach soit un agent de police, Helena devait bien l’avouer, le rendait terriblement attractif. Sa puissance et sa force tranquille était ce qui avait mit Helena à genoux. Seule avec lui, elle savait que rien ne pouvait lui arriver. Rien. Il était là pour la protéger, là, pour veiller sur elle. Car oui, Helena le savait, elle n’était pas la plus puissante de la famille, loin de là. Presque faible comparée aux autres membres des Calahans. Plus imposante mais plus faible. Si quelqu’un devait s’attaquer aux Calahans, finalement, elle était un met de choix. Sauf si son mari rôdait dans les parages, à ce moment, elle devenait la place la plus sûre sur Terre.

H - « Ha oui ! Quel courage Mr Calahan ! »

Helena venait de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il se moquait gentiment de ses babioles, elle allait se moquait, tout aussi gentiment, de ses gros vilains qu’il mettait derrière les barreaux. Elle avait dit cela avec un air malicieux et amusée qui donnait à son visage un air amical que l’on n’aurait pas crut possible. C’était l’effet Zach. Il chercha sa main, et finit par passait ses doigt autour de son poignet. Ce contact affectueux, Helena l’avait oublié, sa peau caressant la sienne, elle avait oublié, un moment, elle fut prise de court, submergée par les souvenirs de leurs corps l’un contre l’autre, comment avait-elle fait pendant tout ce temps pour oublier tout cela. Elle alla entremêler ses doigts à ceux de son mari avec un sentiment bien particulier, comme si elle rentrait chez elle après un long voyage. Fixant ses mains, larges, fortes, et si tendres sur son corps. Elle se souvenait quand il passait ses mains autour de sa taille. Elle avait très envie de danser avec lui. Qu’il la tienne contre lui, que sa main passe autour de sa taille et qu’elle revienne poser sa tête sur son épaule. Lady Calahan était fatiguée de tout ces combats, et de porter sa famille à bout de bras, elle voulait se reposer, et quel endroit pouvait lui apporter plus de sérénité que les bras fort de Zach…

Z - « Je plaisante. Je suis dans la police, mais c’est le calme plat en ce moment. Je travaille sur un projet tout autre à dire vrai. »

Helena plongea son regard dans le sien. Cet homme était la puissance incarnée et devant elle, il cherchait ses mots, elle était la froideur incarnée et devant lui, elle n’en pouvait plus de rire et sourire. Ils étaient l’un pour l’autre, la seule personne capable de les faire agir ainsi. L’un avec l’autre, ils devenaient humains, ils étaient eux-mêmes. Helena se souvenait maintenant que Zach et elle avait tant en commun et étaient fait pour s’entendre, elle ne voulait pas retrouver son mari, elle voulait retrouver son amant, son ami.

Z - « J’ai retravaillé mon texte mais… j’ai tout oublié. Alors c’est… gênant. »

Helena inclina la tête sur le côté, que voulait-il dire ? Travailler son texte ? Mais enfin, ce n’était qu’un jeu sans grandes conséquences, tout était dans l’improvisation. Helena allait lui faire la remarque quand il se leva. Helena arqua un sourcil, sentant que quelque chose allait se passer, son cœur s’accéléra. C’était cette confiance qu’elle aimait quand elle était avec Zach. Qu’importe ce qu’il fasse, elle savait qu’elle n’avait rien à craindre, pourtant, elle avait une petite appréhension. Là, il posa un genou à terre et lui prit la main. Elle avait des flash de sa demande en mariage qui lui revenait, ce même genou, ce même regard, ce même homme… La puissance et les marques du temps en moins. Elle n’était alors qu’une enfant, et lui qu’un jeune homme, maintenant, ils étaient des entités. Elle était une femme et lui un homme. Et quel homme…

Z - « Je sais que nous ne nous sommes jamais séparés mais… Helena, j’aimerais pour la deuxième fois de ma vie que tu deviennes ma femme. Que nous nous marions, encore. Et au diable la religion à ce propos, tu sais ce que j’en pense. »

Helena eu le souffle court. Si elle avait su en se levant ce matin que son mari la redemanderait en mariage ce soir, elle ne saurait pas si elle serait rentrée. Elle aurait eu peur. Mais voila, elle n’en avait rien su et maintenant, elle était là, et elle ne regrettait tellement pas ! Elle dû reprendre son souffle, instinctivement, elle serra ses doigts autour de ceux de son mari. La surprise, l’émotion, l’empêchait de parler mais elle ne voulait pas qu’il prenne cela comme une hésitation. Elle ne voulait pas qu’il parte, elle avait tant à lui dire. Finalement, elle réussit à remettre de l’ordre dans ses émotions. Elle, la Reine des Glaces qui ne peut parler d’émotions, on aura tout vu. Enfin, elle reporta son regard d’eau sur son homme et pesa chaque poids de ces mots.

H - « Zach, je n’ai jamais cessé d’être ta femme. Pas la meilleure, pas la plus présente, mais bien à toi. J’accepte de me remarier avec toi, et de jurer à nouveau de n’aimer que toi. »

Les larmes humidifiaient les yeux de la si grande dame qu’elle était. Quiconque la verrait à ce moment, ne la reconnaitrait probablement pas. Elle respira un bon coup et essuya les larmes avant qu’elles ne tombent sur ses joues.

H - « Mais avant, fait moi danser… »

Elle le regarda avec ce regard amoureux qu’elle n’avait pas eu depuis si longtemps. Ses yeux pétillaient de se savoir aimée et désirée à nouveau, de savoir que Zach n’avait pas envie de changer la donne et que pire, il était prêt à renouveler son choix. Elle avait retrouvé sa consistance, mais ce moment, que seul Zach avait vu, était une marque d’amour et d’attachement profond. Emouvoir Helena aux larmes, voila bien le plus puissant des pouvoirs de M. Calahan…
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Sam 29 Oct - 14:04


Regard furieux, puis sourire heureux. Zach était le seul à pouvoir donner une traduction véritable à toutes les mimiques de sa femme. À les interpréter comme s’il lisait en elle. C’était le cas. Lorsque deux personnes se complétaient en une fusion évidente, il n’y avait point besoin de télépathie pour deviner l’autre. Personne d’autre qu’elle ne connaissait le véritable Zach, personne d’autre que lui ne pouvait voir la vraie nature d’Helena. Ils n’avaient pas besoin de se parler pour connaître l’opinion de l’autre. Ils pouvaient parler l’un pour l’autre sans avoir à se demander s’ils avaient raison. C’était devenu une habitude, un réflexe, et c’est ce qui avait survécu en eux. C’est ce qui les avait fait traverser les obstacles, une des raisons pour lesquelles ils étaient toujours mariés et, mieux encore, qu’ils se retrouvaient aujourd’hui comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis tant d’années. Il n’aurait jamais songé qu’ils se retrouveraient là, ce soir, sur une sorte de révélation qui leur prouvait que l’un sans l’autre, ils n’étaient rien. Zach ne serait pas aussi fort s’il n’avait personne à protéger. C’est son instinct de protection qui faisait sa puissance, il n’était qu’une bête de chair vouée à faire rempart de son corps pour empêcher le mal d’atteindre ceux qu’il défend. Et ce monstre agressif devenait plus doux qu’un agneau en présence de sa si précieuse licorne. S’il avait déjà levé la main sur ses enfants, pour une gifle partie aussi vite qu’il s’en était lui-même pris dans son enfance, cela n’avait jamais été une violence pure. C’était simplement une remise en place, une manière parentale de secouer l’enfant et de lui montrer que son erreur était plus grave qu’il ne le pensait. Sa relation était différente avec son épouse, et il ne se verrait jamais lever la main sur elle. La gifler, la frapper, c’était un acte qui le révulsait rien que d’y songer. Agir ainsi détruirait son couple, sa famille, sa vie. Il n’était pas de ces policiers blasés et énervés par la vie, dont l’humeur se répercutait sur leur docile femme. Lui avait l’avantage d’une épouse qui le soutenait et qu’il devait aussi soutenir, car elle prenait à cœur sa part de responsabilité dans leur vie. De plus, Helena n’était pas de ces femmes qui pouvaient se prendre une claque. C’était ingrat et ignoble pour sa noblesse d’âme et son élégance. Elle était de ces femmes de pouvoir qui réfutaient la violence physique. Plutôt à calmer son mari lorsque ce dernier se met en colère après l’un de leurs enfants. Mais dans ce genre de situation ils avaient une règle d’or qui avait toujours fonctionné : ne jamais être ouvertement en désaccord avec l’autre. S’ils ne se comprenaient pas, ils communiquaient en privé. Mais devant les enfants, ils se soutenaient mutuellement. « Fais ce que dit ta mère. » - « Obéis à ton père. » c’était le secret des parents pour établir la base primordiale d’une famille. Et au vu de ce que deviennent les enfants, ils n’avaient pas si mal réussi leur mission, bien qu’ils étaient loin d’avoir terminés.

« Oh, eh bien s’ils sont très bien conservés, alors… ! » répondit-il avec ironie en poursuivant la taquinerie sur le travail de sa femme. Il n’avait jamais compris le principe de collectionner des vieilleries pareilles. Cependant, il respectait ces hobbies puisque sa femme travaillait dans ce domaine. C’était comme l’art. Il n’était pas artiste, ne comprenait pas grand-chose à l’art mais respectait les artistes car son épouse aimait ça. Il l’écoutait parler, tentait même plusieurs fois de s’intéresser à ça en lui posant plusieurs questions. C’était sérieux au début, il essayait de vraiment comprendre le petit truc, la passion, le fil conducteur… Puis il finissait par blaguer gentiment pour montrer à Helena que non, même avec ses explications, l’art lui passait au-dessus. Il s’était renseigné à ce sujet afin de tenir une conversation avec le groupe social d’Helena. Histoire que sa femme n’éprouve pas de honte. Il connaissait les bases des passions de sa femme, parce que c’était la moindre des choses puisqu’il vivait avec elle. Helena, de son côté, était capable de sortir quelques mots de vocabulaire sur la boxe. Cela surprenait d’ailleurs toujours des collègues à Zach qui tombaient sur le cul devant une femme d’aussi grande noblesse qui était capable de décrire un uppercut de manière purement professionnelle, ou bien de parler d’un pari lors d’un match sans paraître larguée. Quelle fierté il avait, le Zach, lorsque son épouse épatait son cercle social…

« Ha oui ! Quel courage Mr Calahan ! »

N’avait-elle pas répondu quelque chose de ce genre, des années plus tôt ? Il avait l’impression de revivre un vieux souvenir si bon. Un rêve dont il ne voulait surtout pas voir arriver la fin. Pitié, qu’il ne se réveille pas. Qu’il ne se réveille plus jamais, il lui semblait retrouver sa femme. Elle se moquait gentiment mais ce n’était pas lui qui allait le prendre mal. Tout comme elle le savait toujours bon à son égard, lui aussi ne sentait que pureté dans les intentions d’Helena qui le concernaient. S’ils se moquaient l’un de l’autre, c’était entre eux. Dans leur intimité, leur petite bulle secrète qu’ils essayaient de reformer à l’abri des regards. En public, ils avaient toujours paru pour le haut couple noble, classe et solidaire. Toujours d’accord l’un avec l’autre, c’est tout juste s’ils n’étaient pas capables de finir la phrase de leur partenaire. Un air malicieux se peignit sur le doux visage de la matriarche. Elle était si belle, elle était une créature ensorceleuse dans toute sa splendeur. Cette beauté et l’amour qu’il éprouvait pour elle ne faisaient que lui rappeler qu’il avait sérieusement déconné, des années plus tôt. Tous les moments d’infidélité qu’il passa l’éloignaient autant de son épouse que du reste de sa famille. Pourtant, il était voué à vivre pour eux. Il était un des rares à connaître son destin. Le sien, c’était de protéger l’œuvre de toute sa vie, à savoir sa famille. Il avait réussi à former une immense famille, il devait maintenant les préserver. Il lui fallait maintenant regagner la confiance de tous. Leur montrer qu’il était un père, qu’il était un époux, et qu’il était parfaitement capable d’assumer ce rôle ! Comme il l’avait toujours fait. La différence, c’est qu’il ne se concentrait que sur eux. Il avait été infidèle avec la mère de Mike. Il ne le regrettait pas, car il aimait son fils. Mais il ne pourrait supporter de décevoir encore sa femme.

Il poursuivit son dialogue sur son métier. Métier, passions, pouvoirs, il avait tant de choses à dire ! Mais un seul sujet lui brûlait les lèvres en ce moment. Au diable la fin du repas, il était bien trop impatient. Alors il se leva, il posa un genou au sol et renouvela sa demande de mariage avec la timidité d’un jeune Zach de plus de vingt ans en moins. Elle était intriguée, et il se rendit compte qu’une partie de lui, malgré le stress, appréciait le suspens qu’il déclenchait chez sa femme. Mais il ne la fit pas mariner très longtemps. Le temps de trouver le courage et il fit ce qu’il savait faire de mieux : foncer et prendre les choses en main. Que ce soit sentimentalement ou bien dans son boulot, il savait assumer ses responsabilités, et il était le premier à mettre les mains dans le cambouis. Il pensa y avoir été peut-être un peu trop fort en voyant la réaction surprise de sa femme. Il lui avait coupé le souffle ! L’homme soutint son regard et attendit. Ce fut les plus longues secondes ou minutes de sa vie. Une veine sur son cou palpitait sous le stress, il craignait tant qu’elle refuse mais savait qu’il ne pourrait alors lui en vouloir si c’était le cas. Il sentit ses doigts fragiles serrer les siens comme si elle cherchait à lui dire quelque chose. Il fit de même en déglutissant, n’osant prononcer une seule parole tant qu’elle ne lui avait pas donné de réponse. Il ne voulait ni la brusquer, ni la presser, ni l’offenser. Alors il attendit, prêt à accepter de bonne foi toute réponse qui sortirait de cette divine bouche. Puis elle le libéra de toute pression. Elle accepta. La grosse brute qu’il était sentit un sourire s’étirer jusqu’à ses oreilles. Un sourire franc, heureux, soulagé. Et ses yeux se mirent à briller pour faire ressortir le cœur tendre qu’il cachait habilement derrière un nuage de violence et de brutalité. Il n’y avait qu’elle, pour toucher sa sensibilité. Elle manquait de pleurer, ses larmes émurent grandement son mari qui ne pensait plus qu’à la prendre dans ses bras pour la remercier de tout son cœur. Doucement, il se releva en écoutant sa demande. Elle voulait danser, il était si mauvais danseur… Zach lui accorda un petit sourire gêné. Ses mouvements étaient patauds, il était bien connu que la danse et la boxe ne faisaient pas bon ménage ! D’autant plus que s’il lui écrasait les pieds ou s’il la bousculait sans le vouloir, il risquait de lui faire mal. Mais Helena provoquait chez lui une délicatesse qui le surprenait. Il n’était doux qu’avec elle. Une fois debout, il la releva jusqu’à lui pour la prendre par la taille. Soit. Si Mme Calahan exigeait de son mari qu’il la fasse danser, il essayera de la faire danser. Il savait que de toute façon, son manque cruel de savoir-faire sera rattrapé par la grâce de son épouse.

« Mais nous n’avons pas de musique… » murmura-t-il tristement.
« Ca peut s’arranger. »

Zach tourna la tête vers le serveur qui venait de s’éloigner en souriant. Lui comme quelques clients autour, avaient suivi la scène touchante avec un tous un sourire sincère sur les lèvres. Le patriarche n’ajouta pas un mot, surpris par la compassion des gens autour. Ô, comme le monde lui paraissait plus beau soudainement. La contagion de ces sourires lui redonna le sien, qu’il n’accorda qu’à sa précieuse épouse. Il passa une main dans le dos de cette dernière afin de l’amener à lui, d’une délicatesse dont seule Helena avait droit. Sa poitrine collée contre son torse, il huma durant de longues secondes le parfum envoûtant et fruité qui se dégageait d’elle. Y avait-il odeur plus sucrée dans le monde ? Au bout d’un moment, la douce mélodie du canon de Pachelbel retentit dans le restaurant. Helena et Zach étaient quasiment le centre d’attention. L’homme se servit de sa main libre pour aller enrouler ses doigts entre ceux de sa femme. Puis il se remémora les pas qu’il avait appris à l’époque lorsqu’il voulait la séduire. Il commença donc à la diriger doucement dans une démarche lourde et bien trop pataude, malgré ses efforts. Il était si mauvais danseur, mais il l’assumait.
« Merci. » souffla-t-il discrètement dans l’oreille de sa femme en fermant à moitié les yeux.
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Dim 6 Nov - 0:20

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Helena était émue. Touchée. Elle n’avait rien perdu de son maintien mais elle était à fleur de peau. Elle avait pleuré pour lui, pleuré de bonheur et d’émotion. Voila bien longtemps qu’elle n’avait pas versé des larmes autre que de rage ou de douleur. Mais voila, ce soir, le paradis semblait s’être invité sur Terre et Helena dînait en tête avec son mari, et ils s’aimaient à nouveau.

Quand elle lui demanda de danser, il n’y avait en effet aucune musique sur le moment. Mais Helena savait que dans ce restaurant, il y avait un orchestre, quelque part. Quand le serveur s’en alla en leur promettant de remédier à ce silence, Helena s’aperçut que les gens les regardaient. Le rouge lui monta aux joues. Elle n’avait pas pour habitude d’émouvoir les gens autour d’elle, en général, elle impressionnait, elle était crainte mais jamais, elle n’attendrissait les gens. C’est le lot des femmes fortes, pas de places pour les sentiments, ni les émotions. Mais avec Zach, Helena n’était pas une femme forte, c’était une femme tendre, et sensible. Une femme qui se repose sur l’homme qu’elle aime pour se protéger du monde. Une enfant.

Zach lui prit la main et glissa l’autre autour de sa taille. Là, pendant les fractions de secondes avant que la musique ne retentisse, Helena sentit qu’elle retrouvait ce qu’elle avait perdu. L’amour.

Le canon de Pachelbel se fit entendre. Une pure merveille. Une musique divine. Ils se mirent à danser, et contrairement à ce qu’il prétendait, Zach dansait bien. Elle savait pertinemment qu’il était persuadé de danser comme un pied et d’être ridicule mais c’était faux. Il s’appliquait tellement à chaque fois pour lui faire plaisir, qu’il avait finir par devenir bon. Pas excellent, ni virtuose mais il n’était pas ridicule pour un sous. Doucement, Helena ferma les yeux, elle se sentait en sécurité à nouveau. Après tout ce qu’ils avaient vécus ces derniers temps, Helena était tendue, elle avait peur, elle craignait pour sa vie et celles des membres de sa famille. Cela avait réussit à lui tirer les traits et son visage avait perdu sa douceur. Ce n’était pas de tout repos de mener une famille vers la victoire, surtout quand elle était dessoudée de cette façon.

La musique allait et venait, Helena se laissait guider, soulagée de pouvoir se détendre et ne plus être sur le qui-vive. Elle se laissait porter, elle n’opposer plus aucune résistance. Si elle dansait si bien avec Zach, c’est qu’elle se laissait totalement faire, elle n’était aussi légère que dans ses bras, car il n’y avait que là, qu’elle ne craignait absolument rien.

Au bout de quelques secondes, elle leva les yeux vers lui. Il était si beau. Elle avait oublié cette aura qu’il avait. Ses yeux s’allumèrent, comment avait-elle pu ne pas se rendre compte qu’elle passait à côté d’un homme merveilleux. Elle lui sourit doucement, puis tout aussi lentement, elle se rapprocha de lui. Elle dansait à présent contre lui, elle dansait comme elle avait dansé avec lui dans leur premier rendez-vous, quand elle essayait de le séduire. Elle ne cherchait pas la performance sur cette piste, juste à renouer avec un homme qu’elle aimait profondément. Elle avait son regard dans le sien et son bras était fermement accroché à son épaule et à son cou. Son autre main tenait encore la sienne, leur visage était si proche qu’elle sentait la chaleur d’un autre langage entre eux.

La musique continua et Helena passa les cinq minutes les plus charmantes de sa vie depuis longtemps. Quand la musique doucement se tut, elle resta un moment, ne voulant pas relâcher son étreinte sans céder à une tentation qui lui brulait les lèvres depuis quelques minutes. Doucement, avec délicatesse, elle vint poser ses lèvres sur les siennes. Depuis combien de temps ne l’avait-elle pas embrassé autrement que pour lui bonjour ou au revoir, depuis combien de temps n’avait-elle pas cédé à la passion en le regardant. Le baiser dura quelques secondes, elle se laissa aller. Comme c’était bon de retrouver son homme, elle se sentait à nouveau complète et entière, elle se sentait tellement plus forte maintenant. Elle n’avait plus peur d’affronter sa famille éclatée, elle était capable de tout, elle pouvait tout endurer à présent, car elle était avec lui. Son plus fervent allié. Son protecteur à jamais. Quittant la douceur suave de ses lèvres, elle se recula de quelques centimètres mais garda son visage près du sien.

H - « Merci pour la danse ! Tu danses toujours aussi bien… »

Doucement, elle relacha son étreinte gardant ce magnifique sourire qu’elle quand elle est heureuse et qu’elle a réussit quelque chose qui lui tenait à cœur. Sans lui demander son avis, elle avait glisser sa main au creux du bras de Zach, elle ne quitterait plus jamais cette sécurité. Elle avait eu si peur, elle voulait recommencer à se sentir en sécurité, et la force de son mari, décuplé par son affection pour elle, la mettait à l’abri de nombreux maux…
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Ven 11 Nov - 11:32

[Je commence à prendre du retard. Toutes mes excuses, je dois me ressaisir !]


Il y a des femmes dont la seule présence peut changer du tout au tout le comportement d’un homme. Il existait beaucoup de plans dont il fallait tenir compte dans un couple. La stabilité, la mise en confiance, la communication, l’installation de repères solides sur lesquels s’appuyer lorsque quelque chose n’allait pas. En se mariant, ils avaient décidé de s’aimer pour la vie. Ils s’étaient aussi juré fidélité et si Zach n’avait pu tenir cette promesse, il comptait bien faire tout son possible pour se rattraper dans cette deuxième vie. Ils étaient revenus à l’époque de leur flirt. Aussi bien dans une image que dans la réalité. En cette année, Zach & Helena s’étaient rencontrés et sortaient probablement déjà ensemble dans une autre partie de l’Amérique. S’ils savaient que plus tard, ils auront cinq enfants. S’ils savaient toutes les épreuves qu’ils auront à endurer, pour finalement affronter l’obstacle le plus difficile de leur vie mais qui les aura plus rapprochés que n’importe quel autre ? Si Zach l’avait su à cette époque, il l’aurait quand même fait. Il ne regrettait rien bien qu’il s’en voulait d’avoir eu la faiblesse de tromper sa chère épouse. Elle lui avait accordé une seconde chance, il était de son devoir d’homme de ne plus jamais la décevoir ! Il avait l’impression d’être cette petite lueur qui avait enfin retrouvé son chemin après des années d’égarement sur des terrains inconnus. Que diront les enfants, s’ils savaient ce qui se passait entre leurs parents ce soir ? Que diront-ils s’ils savaient que dès demain, les choses allaient redevenir comme avant ? Que les deux empereurs Calahan allaient se donner la main pour unifier toute leur famille, quitte à se sacrifier pour elle ! Là était la particularité de Zach et d’Helena : ils étaient prêts à se sacrifier sans hésiter pour n’importe quel membre de leur famille. Que ce soit leur partenaire, ou bien un de leurs cinq enfants. Lorsque la famille s’agrandissait, tous les Calahan restaient à la maison. Redeviendront-ils tous responsable si un nouvel enfant rejoignait le clan ? Helena supporterait-t-elle un cinquième être dans son ventre ?

Qu’importe. Il s’était promis de ne pas penser à tout cela ce soir, alors il laissa la musique chasser ses réflexions pour se concentrer uniquement sur celle qui faisait chavirer son cœur. Il n’était qu’un ours en guimauve avec elle. Tout proche d’elle, la tenant par la taille comme elle le tenait au cou, il l’observait silencieusement. Son regard étudiait les magnifiques perles optiques qu’il n’avait plus pris le temps de regarder depuis trop longtemps. Puis il dériva sur le nez, les joues, les lèvres fines et rosées de sa femme en contemplant chaque parcelle de son visage qu’il avait le plaisir de voir. Pas besoin de parler pour se comprendre. Ils avaient appris dans leur jeunesse le langage du regard. « On se dit tout par nos yeux. » Il vit ses vœux se réaliser à la fin de la musique. C’est elle qui vint chercher ses lèvres et il les accueillies avec une joie démesurée. Son parfum floral vint chatouiller ses narines d’une manière beaucoup plus forte que lorsqu’il se contentait d’être proche d’elle. C’était loin d’être désagréable, c’était même frais et agréable. Peut-être était-ce grâce à son affinité avec la nature, mais elle donnait sans cesse l’impression d’être une fleur éclose et baignée par la rosée du matin. Et Zach osait prétendre être meilleur jardinier que sa femme. Car la seule rose dont il s’occupait était bien plus belle que toutes celles du jardin : Elle durait éternellement, et il ne voudrait jamais la voir faner. Outre son parfum, il ressentait également le souffle discret de cette reine. Dieu comme ce souffle lui avait manqué, dieu qu’il raffolait le sentir dans son cou autrefois… La fin du baiser ne le déçut même pas tant il était comblé. Il fallait une fin à tout, et celle-ci marquait plutôt le commencement de quelque chose de bien meilleur. Ils recommencèrent à s’observer. L’homme esquissa un demi-sourire amusé au compliment de sa femme. Lui, bien danser ? Ce boxeur brutal ne savait faire preuve de douceur qu’avec son épouse. Même avec ses enfants, lorsque petits ils jouaient avec papa, il lui arrivait de les remuer un peu trop fort. Si son esprit parvenait miraculeusement à faire cette exception pour Helena, il n’en restait pas moins un piètre danseur. Il songeait chaque année à prendre des cours de danse à l’approche de l’anniversaire de sa femme pour lui en faire la surprise. Mais jamais il ne trouva la motivation nécessaire pour le faire. Alors tant pis, il ne dansait pas aux soirées ou bien, si elle y tenait vraiment, bousculait d’autres couples dans le feu de l’action.

« Vous vous moquez déjà de votre mari, Mrs Calahan ? »

Il la garda précieusement dans ses bras. Une allure fière, virile, pourtant il ne cherchait pas à en imposer. Il restait simple. Volontairement, il en imposait juste assez pour montrer à tous qu’il n’était pas du genre à laisser n’importe qui s’approcher de son épouse. Mais il n’était certainement pas du genre à se vanter, ou bien à faire étalage de toute sa carrure pour jouer les gros durs fiers. Il la tint là, contre lui, jusqu’à ce qu’un serveur apparaisse devant eux et s’excuse. Il apportait les plats commandés et semblait gêné d’interrompre ce moment. Tout en gardant la main de son épouse dans la sienne, Zach se détacha d’elle pour se rassoir à sa place. Il précisa au serveur que ce n’était rien, et ce dernier déposa professionnellement les mets commandés devant eux.
[Heum et là, si ça ne te dérange pas, j’aimerais bien passer directement après le repas parce que ça risque d’être long sinon ^^ ]
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Sam 26 Nov - 14:19

Spoiler:
 

Z - « Vous vous moquez déjà de votre mari, Mrs Calahan ? »

Elle aurait put le parier. Zach ne voyait pas combien, par ses efforts, il avait progressé. Il était souvent comme cela, à ne pas savoir combien il était impressionnant. Et c’est sûrement pour cela qu’il l’impressionnait tellement. Il savait que sa carrure pouvait déranger, mais il n’avait jamais remarqué que beaucoup de problème ne se posait pas, justement grâce à cette carrure. Il avait sur les gens un effet qu’Helena ne soupçonnait pas. Il était crains. Pour elle, il était un homme tendre et qui savait faire tout les efforts du monde pour se faire bien voir des gens qu’il aime et qui savait reconnaître ses fautes. Mais pour beaucoup, il était un homme bourru, presque violent, qui n’avait aucune sensibilité et qu’il ne fallait taquiner. Helena s’amusait de cette vision, elle la savait fausse et le fait de ne l’avoir jamais soupçonnée, lui rappelait qu’elle avait droit à des privilèges rares.

H – « Tu ne me croiras jamais, mais j’étais sincère… »

Un sourire apparut sur les lèvres de la dame. Elle disait la vérité sans se cacher, sans ironie, sans moquerie, mais Zach croirait encore et toujours qu’elle se moquait gentiment de lui. Elle aimait cet homme qui ne savait combien il était plus sensible, et avait plus de finesse que nombres d’autres. Helena se prenait à croire qu’elle lui avait transmit un peu de cette sensibilité qui la caractérisait. Amoureuse de la nature et de l’art, elle avait sûrement inculqué cela à sa famille sans s’en rendre compte. Zach avait une finesse inhabituelle chez un ex-boxeur, reconvertie en lieutenant de police.

La musique s’arrêta et un serveur arriva les mains pleines. Il s’excusa, un sourire touché aux lèvres. Les Calahans qui émeuvent toute une salle de restaurant, on aura tout vu. Zach le laissa faire avec un sourire, et garda la main de son épouse dans la sienne. Elle ne voulait plus le lâcher. Comme si elle avait peur de replonger dans cette période d’éloignement. Mais c’était fou de sa part, ni l’un, ni l’autre, ne se laisserais partir à présent, elle le sentait.

Elle se rassit à sa table, son visage avait perdu son air grave et la lumière irradiait dans ses yeux, dans son sourire. Helena était heureuse et en sécurité. La matriarche des Calahan était la cible, ces derniers temps, d’attaques du monde maléfique mais aussi du monde bénéfique. Elle s’en était toujours sortie indemne, mais elle sentait que quelque chose clochait et que sa famille était plus que jamais une cible. Elle nota d’en parler à Zach, mais décida de remettre cela à la fin du repas car elle ne voulait pas rompre leur pacte de ne mentionner ni business, ni enfants.

Le repas fut un des meilleurs qu’elle eu jamais eu. Elle riait, ils se racontaient leur vie et leurs anecdotes. Chacun reprenait pied dans la vie de l’autre et la complicité revenait au galop. Helena fit part de sa volonté de changer la décoration du salon et de son envie d’aller à l’Opéra voir « Aïda » qu’on jouait depuis peu. Ils reprenaient des discussions de maris et de femmes. Zach écouta avec attention et Helena lui rendit la pareille. Chacun s’intéressa à la vie de l’autre et plus le dîner avancait plus, leur vie se confondait à nouveau pour ne plus devenir qu’une seule et même vie, celle qu’ils avaient juré de partager jusqu’à ce que la mort les sépare.

Puis vint la fin du repas, Helena commanda un thé comme à son habitude et il fut bientôt l’heure de rentrer. Ni l’un, ni l’autre n’avait envie que cette soirée se termine mais ils savaient que ce n’était là qu’un commencement. En enfilant à nouveau son manteau, Helena se sentit comme rajeunie de 20 ans. Cette soirée avait reboosté la femme froide qu’elle était. Tout sourire, elle semblait plus brillante que les diamants qui ornaient son cou et plus vivante que jamais. Qui aurait cru qu’elle était la main ferme qui dirigeait Buckland dans cet instant précis. Elle sortit du restaurant au bras de son mari et ils marchèrent en direction de la voiture. Le froid transformait leur souffle en vapeur blanche et elle avait l’impression d’être dans un film. Ils avaient fait la moitié du chemin quand un groupe de sorcier apparus devant eux.

« Comme c’est touchant ! Papa et Maman Calahan amoureux ! »

Helena lâcha le bras de Zach prête à se défendre. Elle recula de quelques pas pour laisser la place libre à son mari. Au jeu « qui-c’est-qui-va-faire-le-plus-mal-si-on-tape-de-toutes-nos-force », elle perdait à plates coutures, elle le laissait donc leur aplatir la tête. Et puis, ses talons et sa robe ne la laissa pas très libre de ses mouvements. Elle regardait Zach avançait vers les types quand elle fut saisie par des bras puissants qui lui écrasèrent la nuque. Incapable de bouger, ni de respirer, elle tenta de se débattre. Soudain, elle sentit une douleur affreuse dans un de ses flans. Puis une chaleur liquide se répandit sur sa hanche. Quelque chose n’allait pas du tout. Cet enfoiré venait de lui poignardé le bas du dos. Elle suffoquait de douleur et d’étouffement. L’homme la lâcha et elle tomba au sol. Manque de chance pour elle, elle était dans une rue bétonnée, pas une seule plante pour l’aider. Mais elle n’avait pas peur, Zach était là et dans quelques secondes, quand il en aurait finit avec les types, il l’emmènerait dans un parc et elle irait mieux. Elle essaya de respirer de façon plus calme, pressant sa main contre son dos pour ne pas perdre trop de sang. Elle ne voyait pas Zach, elle lui tournait le dos mais elle savait qu’il n’était pas très loin.

Il était vraiment temps qu’elle lui parle de ces attaques à répétition. L’homme qui l’avait poignardé avait pris la fuite et elle sentait que les autres n’avaient été là que pour distraire Zach le temps de blesser Helena. Elle commençait à en avoir vraiment par-dessus la tête de ces attaques répétées.
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MessageSujet: Re: En tête à tête. Sam 7 Jan - 14:49

Elle lui répondit de son ton aimable, posé, désireux. Elle était sincère. Et lui, il ajouta une petite plaisanterie fine et discrète comme « l’amour rend aveugle. » Elle était la femme de sa vie. L’étoile qui le complétait, l’épouse qui le finissait. Elle était celle dans qui il naissait, celle dans qui il mourra. Tout son être semblait avoir été dessiné selon les désirs de ce mari comblé. D’une chevelure de cuivre qui lui tombait comme une vague sur les épaules, ces mèches qui entouraient amoureusement son visage et un air plongeant malice et angélisme dans la douceur de son visage. Ses grands yeux azurs lui faisaient penser à une petite fille qu’il tenait dans ses bras. Autre pensée que celle d’avoir l’un de ses enfants, attention ! Helena était l’unique pierre précieuse de sa collection de « galets ». Dans toute sa plage il y avait le sable, qui représentait la foule humaine. Les crabes et les écrevisses qui fonctionnaient comme les bandits. L’écume était le temps qui s’écoulait sur la vie humaine au-dessous. Lui, il était ce grain de sable qui s’était désespérément accroché à une huître, et qui cherchait à pénétrer la cloison pour découvrir la perle rare à l’intérieur. L’homme bourru, c’est ainsi qu’il était perçu, donnait cette image afin d’éviter quelques déboires à sa famille. Irez-vous vous en prendre à une famille dont la réputation du père est celle d’un cogneur sans foi ? Certes cela n’empêchait pas quelques inconscients, surtout depuis que les enfants Calahan avaient quitté le nid. Mais Zach gardait son rôle de père et de mari. S’il ne réussissait plus à pouvoir veiller sur tout le monde aussi bien qu’avant, il pouvait en revanche retrouver toute force nécessaire en sa femme, à vouloir la protéger elle. Il est malheureux mais vrai, de dire que si Helena venait à disparaître, Zach sera dépassé par les évènements. Il sera incapable selon lui de gérer la situation seul. Peut-être essayera-t-il, peut-être pourra-t-il tenir quelques mois. Entre les reproches de son fils, les malheurs de sa benjamine et les risques des trois grandes, il craquera sous cette famille ingrate. Il plongera dans le chagrin et le désespoir, alors il rejoindra sa femme dans l’au-delà, accablé par son échec cuisant. La seule chose qui lui donnait encore de la force aujourd’hui, c’était l’amour et le soutient de sa femme. Sa famille était tout ce qu’il restait à ce boxeur qui avait quitté toute son époque dans le but de protéger les siens. Qui avait lâché sa vie d’avant et ses passions pour se consacrer à son rôle de père. Pour faire honneur à Helena, qui en avait fait de même. Elle était la seule à pouvoir le comprendre, l’accepter, l’aimer pour ce qu’il était. Elle était la seule à voir toutes ses faiblesses et de même, il était le seul individu à pouvoir l’assister. Et personne ne pouvait aimer cette moitié autant que Zach l’aimait. Alors la retrouver, ce soir, dans le restaurant des souvenirs, c’était un bonheur incommensurable. Une joie tellement intense que le père de famille sentait la force d’aller de l’avant l’envahir. Maintenant, il ne se laissera plus surmonter par les soucis actuels. Puisque c’était ainsi, il allait changer de méthode.
Ils passèrent leur repas à parler l’un de l’autre. Il avait presque oublié combien il adorait l’écouter. Comme un jeune couple, il reconnaissait dans ses paroles quelques manies qu’il avait lui-même adopté. Effectivement, il y avait certaines choses qu’Helena lui avait inculquées dans la douceur et l’habitude. Il s’en rendait compte et ne s’en offusquait pas, car il savait que tout ce qui venait de son épouse ne pouvait être que le rendre meilleur. Après avoir parlé, mangé, ris, ils s’offrirent une petite balade en amoureux. Rien que tous les deux, pour poursuivre le moment d’intimité qu’ils avaient entamé. Un silence d’or régnait entre eux et Zach voulut le briser pour une demande, comme si l’avis et l’autorisation de sa femme lui étaient fondamentaux pour ce qu’il avait l’intention de faire.
« Je crois que je voudrais reprendre la box… »
« Comme c’est touchant ! Papa et Maman Calahan amoureux ! »

Il leva les yeux vers les inconnus qui l’avaient interrompu. Allons-bon, jamais tranquilles. Tandis que la belle matrone faisait un pas en arrière, son mari s’interposa par instinct entre elle et ces voyous. Lui aussi était prêt, comme sa femme. Mais lui ce n’était pas pour défendre, c’était pour leur mettre une dérouillée s’ils approchaient. Un mot ou un pas de travers, et ils payeront leur insolence très cher. Vu leur allure, le dialogue ne s’imposait même pas. Il lança un dernier regard à son épouse pour s’assurer qu’elle restait bien en retrait et qu’elle ne risquait rien, puis il s’avança vers ces idiots en remontant ses manches. Oh oui, ils allaient prendre chers ! Alors qu’il avait fait quelques mètres, le bruit sourd et étouffé d’un corps touchant le sol l’alerta. Il tourna la tête, et il vit l’horreur. Sa femme chutant par la main d’un traître derrière. Aucun son ne sortit de sa bouche. Il courut aussitôt vers elle, le poing en avant pour éloigner, assommé, massacrer celui qui avait osé lui faire ça. Une tâche rouge se déversait sur le béton et il n’en fallait pas plus pour qu’une immense colère sourde gronde en lui. Tous ces ennemis prenaient la fuite, accompagnée par un rugissement bestial poussé par Zach. Il pourrait en rattraper un ou deux s’il se lançait à sa poursuite mais il n’en fit rien. Il s’arrêta net, il y avait plus important. Il ne songeait même pas à les écraser, l’image de sa femme prenait toute la place dans son esprit. D’abord elle, ensuite on verra. Il s’en voulait. Oh oui, il s’en voulait atrocement de ne rien avoir vu venir, quel con ! Un goût ignoble et amer lui brûlait la gorge. Il avait si peur pour elle, il était coupable de ne pas l’avoir défendue. Il n’aurait jamais dû la quitter des yeux, il ne la quittera plus JAMAIS des yeux ! Il ne s’éloignera plus, il s’était promis de la protéger au péril de sa vie et s’il y en avait un qui devait mourir avant l’autre, c’est lui ! Il se l’était prédit. Il le savait, il en était certain, il l’espérait. Le jour où il mourra, sera un jour commun aux autres, où sa mort aura été un sacrifice pour sauver sa bien-aimée, sa famille. Car sa famille tenait sur le pilier principal qui n’était autre qu’Helena. Il préférait se précipiter à ses côtés le cœur affolé, plutôt que de céder à la colère et d’aller massacrer ces bâtards. Il ne réfléchissait même pas au sort qu’il leur réservera plus tard, car nul-doute qu’il se lancera à leur poursuite.
« Tiens bon je t’en prie, je t’emmène au parc. » lui murmura-t-il en retirant la veste de son costume et en écartant les côtés déchirés de la robe de sa femme pour apposer le tissu sur la plaie. Son autre bras était passé sous les seins de son épouse pour soulever le haut de son corps. Il allait l’amener très vite auprès d’un coin de verdure afin qu’elle retrouve de ses forces. Son pouvoir la sauvera, et ce n’était pas lui qui aura su la défendre. Cependant, le plus important à ses yeux était qu’elle soit sauvée. Alors qu’il allait la prendre dans ses bras, une sensation chaude lui tirailla la peau de ses avants bras nus. Quelque chose souhaitait sortir de son corps, et cette chose finit par réussir. À travers l’épiderme, une sorte de chaleur lumineuse tendant plus vers la lueur blanche s’échappa de sa peau comme de la fumée. Elle fondit sur Helena comme un esprit se précipite sur quelque chose. Le halo s’explosa et forma une étrange nuée blanchâtre sur la blessure de la matrone. Puis, la fumée sembla comme happée par la plaie, qui avala le tout. La lueur comme la blessure, il n’en restait plus rien. Zach toucha la peau d’Helena du bout des doigts, y cherchant une marque mais ne trouvant absolument rien. Une sorte d’incompréhension et de soulagement le prit. Il leva un air surpris vers sa femme. Mais il reprit bien vite le contrôle des choses et la prit dans ses bras comme une princesse avant de se relever avec elle. Son sac à main pendant à l’un de ses bras, il garda un coude sous la tête de sa chère et tendre pour qu’elle soit confortable, et l’autre main passant sous ses genoux. Elle était si légère, il la serra contre lui et s’avança.

« Je te ramène à la maison. » fit-il en n’ayant pas d’autre idée en tête que de retourner au manoir et de réfléchir à partir de là-bas. C’est pourquoi il prenait la direction de la voiture, en serrant fort sa femme dans ses bras parce qu’il avait eu réellement peur pour elle, parce que si ses bras n’étaient pas pris pour la tenir, il était capable de frapper le premier individu qui s’approcherait d’elle en croyant qu’il lui voulait du mal.
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