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Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas

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MessageSujet: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Jeu 3 Fév - 20:51

Mike & Helena
« Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas »




    « Madame Calahan ! Madame Calahan ! »
    Helena n’en pouvais plus. Toute sa journée n’avait été que cela, que des appels au secours. Tout cela car la semaine suivante Buckland Auction House organisait une vente aux enchères avec pleins de personnes importants. Bref, quand on sort le gratin, tout le monde panique c’est bien connu ! Helena leva les yeux au ciel pour la énième fois de la journée et se retourna vers son assistante qui visiblement n’allait pas tenir le choc.
    « Madame Calahan, la liste des invités s’est encore agrandie ! Comment allons-nous faire pour le service ? Nous allons manquer de personnel ! »
    « Mademoiselle Hawkins, c’est votre job çà ! Vous êtes payé deux fois plus qu’une assistante normale pour cette raison ! Résolvez ce problème comme tout les autres pendant que moi je me charge d’inviter personnellement le reste des invités… »
    Helena était encore plus stricte au travail que chez elle. La douceur et la tendresse n’était pas de mise dans son poste de directrice d’une maison d’enchères. L’assistante resta sur le carreau abasourdie. Helena savait qu’à ce moment même, Miss Hawkins devait la détester. Helena n’en avais que faire car de toutes façons, vu le prix qu’elle était payée, elle pouvait bien la fermer. Helena attrapa un dossier qu’un vendeur lui tendait et elle entra dans son bureau dont elle ferma la porte. Bon il lui restait une dizaine d’invités à contacter, en une heure, elle aurait terminé. Que ferait-elle ensuite ? Zach rentrerait tard ce soir et Marion ne voulais plus rester au manoir quand il n’y avait qu’Helena. C’est ainsi que la directrice de Buckland décida de rester au bureau tard le soir pour avancer l’organisation de la vente. Après tout, il restait tant à faire.
    Helena s’assit à son bureau, elle déccrocha son téléphone et passa les coups de fil qu’elle devait passer puis s’attaqua au dossier sur les œuvres d’art mises aux enchères. Le temps passa, passa, passa…
    Quand Helena releva la tête, il était 20h et sa secrétaire venait lui dire qu’elle s’en allait. Helena lui accorda un sourire et lui souhaita une bonne soirée. Assise à son bureau, Helena décida de faire une pause. Il lui restait moins d’une heure de travail sur ce dossier et ensuite, elle rentrerait. Se passant une main dans les cheveux, elle se recula dans son fauteuil et le fit pivoter pour admirer la ville par les baies vitrées. Quelle ville splendide… Helena resta un moment à regarder la ville d’en haut et à rêvasser…
    Quand elle revint à elle, elle décida de se servir un thé. Se levant, elle se dirigea vers un coin où elle avait aménagé le nécessaire pour les collations. Et mit de l’eau à chauffer. Elle revint ensuite s’asseoir à son bureau. C’est là qu’elle entendit des pas dans le couloir. Qui était encore là ? Si c’était Hawkins, Helena allait la renvoyer chez elle car sinon la pauvre femme ne tiendrais pas la fin de la semaine. Et Helena en avait besoin. Elle entendit les pas se rapprocher. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit sans frapper et Mike apparut dans l’encadrure.
    Helena se figea. Mike. Que faisait-il ici ? Mike n’était pas vraiment son fils. En fait, ce n’était, biologiquement parlant, pas du tout son fils. En effet, c’était le fils que Zach avait eu avec une aventure extraconjugale. Lorsque Zach avait finit par avouer à Helena la vérité, il avait aussi annoncé qu’il avait un fils. Le destin voulu que la mère de Mike périsse dans une bataille qui valut à Zach son instinct de lycan. Zach était un homme au grand cœur, et il avait accueillit Mike au manoir. La relation entre le père et le fils était des plus tendues surtout en ce moment. Si Helena avait eu du mal à pardonner à Zach, elle n’avait jamais vraiment eu d’animosité envers Mike. Evidement, Mike ignorait tout de « l’affection » de sa belle-mère. Cette dernière le traitait de la même façon que ses filles avec exigence et rigueur.
    Mike était donc à l’entrée du bureau d’Helena. Il ne venait que très rarement à son bureau. Sûrement avait-il quelque chose à lui dire… Helena regarda pendant un moment Mike. Ce n’était pas son fils, mais selon Helena, il était aujourd’hui le seul héritier digne du nom des Calahan. Ses filles n’en faisaient qu’à leur tête. Le visage de Mike semblait quand même fermé.
    « Bonsoir Mike »
    Helena était une femme qui ne jouait pas. Mike était venu pour quelque chose, il était donc inutile d’anticiper en lui posant la question. Helena soutint le regard de Mike pendant un certain temps. Il ne le savait pas mais elle avait beaucoup de respect pour ce jeune homme…
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Dim 6 Fév - 22:32

A chacun sa journée. Mike non plus n’avait pas été spécialement gâté ces derniers temps. Un petit détour par le Commissariat de Police, le temps d’une petite nuit sur le territoire de son père. Quoi de plus plaisant ? Zach avait fait particulièrement fort, et il devait en être conscient. Les conflits familiaux commençaient de plus en plus à bouffer Mike de l’intérieur. Malgré tout, sous les traits blasés en permanence de ce jeune homme se cachent quelques petits défauts de fabrication. Comme une grande nostalgie, des regrets quant à leur vie familiale…il ne suffit pas d’être blasé en permanence, de maintenir une allure neutre, prôner le je-m’en-foutisme pour être quelqu’un de fort Mike.

Pourquoi ne pas aller se plaindre au bureau de sa chère belle-mère ? Si Mike lui accordait quelques remarques déplacées, peut-être qu’elle irait tout rapporter à son cher époux. Et Mike pariait que ce dernier reviendrait à l’assaut pour réprimander son fils. Il ne suffirait que de nier. Et ensuite ? qui Zach choisirait-il ? sa belle-mère qui voudrait récupérer les rennes du manoir ? ou son fils qui nie avoir dit de telles remarques désobligeantes et qui jure par-dessus tout vouloir s’excuser, se repentir ?

Odieux. Voilà comment pourrions nous qualifier Mike. Ce dernier jouait à un jeu très dangereux avec son père, il en était conscient. Et à la fin, un des deux s’en mordrait définitivement les doigts. Sauf qu’aucun des deux ne pense perdre. Aucun des deux ne pense flancher un jour. Mais Mike pensait qu’intégrer Helena dans cette histoire père-fils pouvait donner un peu plus de dynamisme. Zach est très sensible au sujet de sa femme. Mike le savait très bien. Malgré tout, Mike n’avait rien à reprocher à cette dernière. Il la considérait presque comme sa mère au fond de lui, à défaut de n’avoir presque pas connu la sienne. (ou du moins de ne pas en avoir été en âge). Mais à la guerre comme à la guerre, il fallait bien faire des sacrifices, et Mike était bien prêt à tout pour faire flancher son père. Déstabiliser le père Calahan, Mike n’attendait que ça, le considérant tout de même comme un maitre dans la matière d’impassibilité.

Ce soir là, Mike n’avait aucune conscience. Sans frapper il pénétra dans l’antre du bureau d’Helena avec un air hautain. Cette dernière semblait perplexe ? surprise ? il y avait de quoi. Les petites visites de Mike se faisaient bien rare ces derniers temps…au manoir comme chez Buckland. Ce n’était nullement à cause d’Helena, en elle-même. Bien au contraire. Mike n’avait rien à redire contre elle. Et même s’il faisait mine de ne pas trop la porter dans son cœur, Mike l’appréciait finalement. En revanche, il ne désirait pas réellement que cette dernière le sache et s’en serve contre lui pour le manipuler par ses sentiments. Et qu’importe si ses intentions seraient bonnes ou non.

« Bonsoir Helena. », lança t-il, après avoir fermé la porte, avec une grande assurance.

Très sûr de lui, Mike s’avança vers la grande baie vitrée de son bureau qui donnait une vue magnifique sur la ville éclairée. Mike plongea sa main dans sa poche afin d’y retirer son paquet de cigarette. Clope au bec, Mike prit son temps pour allumer cette dernière et ouvrir une fenêtre. Se croyant tout bonnement chez lui, Mike se pencha légèrement vers l’extérieur. Certes, cela devait être très certainement interdit de fumer dans ces locaux, mais à quoi bon ? il ne devait y avoir plus personne à cette heure, la porte de son bureau était fermée, Helena allait encore râler, et puis Mike avait simplement envie d’une cigarette.

Le fils Calahan, ne rajouta rien d’autre, de toute manière Helena savait pertinemment qu’il n’était pas venu pour une simple visite de courtoisie. Et vu comment il venait de faire son arrivée, elle ne pouvait plus avoir de doute. Donc autant qu’elle en vienne au sujet par elle-même. Elle allait sûrement aborder des sujets récents, comme le Commissariat, les absences de plus en plus fréquentes de Marion, du mouron que Zach se fait pour Mike…enfin bref, tout ce qu’il y avait de plus banal.
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Lun 7 Fév - 21:19


    Si Helena avait tenu aussi longtemps au manoir c’est qu’elle devait avoir de la ressource. Laissez moi vous dire que sans cela, vous ne faîtes pas long feux chez les Calahan. Faire partie de cette famille çà se mérite et pas qu’un peu. Si les parents aiment à rappeler aux enfants qu’il est dur d’être digne d’un nom pareil, les enfants eux aussi, aiment à mettre à l’épreuve leurs parents. De tous, le plus joueurs, c’est incontestablement Mike. Ce fils qui affichait un éternel dédain. Helena venait de le saluer quand il lui rendit sans cérémonie son salut. Parfait, elle était fixée. Il venait encore décharger sa mauvaise humeur et sa colère sur elle. Helena ne laissa rien paraître. Voila presque 19 ans qu’elle joue ce rôle pour Mike et qu’elle est celle qui le remet dans les rails. Helena a tout de même une sorte de statut privilégié avec lui. Certes, elle va en prendre pour son grade, mais il est venu de son plein gré et à son travail qui plus est. Zach tuerait pour avoir ce privilège. Helena savais pertinemment que Zach ne baisserait jamais les bras avec Mike. Elle faisait tout ce qu’elle pouvait dans l’ombre pour les rapprocher mais elle commençait à douter que la relation s’améliore un jour.

    Mike continua sa route jusqu’à sa baie vitrée et sortit une cigarette. Il ouvrit la fenêtre et se pencha tranquillement à travers. Il faisait comme s’il était chez lui. Helena n’était jamais entrée dans son jeu. Et elle ne commencerait pas ce soir. Elle patienta quelques instants, attendant de voir si ce dernier voulait entamer la conversation sur un sujet tabou tels que sa relation avec son père, ou encore sa sœur, Marion. Helena savait qu’une fois encore, elle allait devoir être forte. Discuter avec Mike demandé d’avoir les trippes bien accrochées.

    Finissant le thé qui était en préparation, elle décida d’amorcer la conversation :
    « Je peux savoir de quoi tu es venu me parler ? »
    Il était hors de question qu’il inverse les rôles. C’est lui qui était venu la trouver, il devait donc entamer la conversation sur le sujet qui l’avait motivé. Helena ne voulait pas marcher dans sa combine, mais elle devait la jouer finement. Si elle lançait elle-même la dispute, elle serait en tort dès le début. Jouer l’attaque avec Mike c’était courir au massacre. Helena est maintenant habituée et la défense reste encore la meilleure façon de faire face à son fils. Ne vous méprenez pas, Helena a beaucoup d’estime pour ce garçon. Seulement, elle préférerait ne pas avoir à se battre avec lui. Plus les années avaient passées et plus elle s’était rendue compte que Mike lui adressait plus facilement la parole qu’à son père. Elle en avait alors déduit que leurs altercations ne ternissaient pas leur relation. Pourtant difficile de mieux camoufler ses sentiments. L’un est blasé et profondément en colère contre le monde entier, l’autre est distante et froide, et aime bien trop avoir le contrôle. Le rapport de force instauré entre les deux personnes est peut être le pilier de leur relation. Qui sait si au fond ce n’est pas pour cela qu’ils s’apprécient ?

    Elle s’approcha doucement de la baie vitrée et posa son thé sur le bureau. Elle s’approcha ensuite de Mike et d’une main lente mais ferme, elle retira la cigarette des lèvres de son fils. Il veut jouer les provocations, Helena allait jouer. Elle le regarda avec un air ferme, et jeta la cigarette par la fenêtre ouverte. Helena était franche avec Mike, jamais elle ne lui avait menti sur quoi que ce soit. Elle n’avait jamais eu de pitié pour lui, elle ne lui avait rien laissé passé. Exigeante, elle lui avait imposé le même traitement qu’à ses filles. Helena n’avait jamais mit Mike au pied du mur et, au fond, elle ne lui avait jamais fait de mal. Mike savait à quoi s’en tenir avec sa belle-mère. Chez elle, tout ce mérite. Pour recevoir d’Helena, il faut lui montrer qu’on en vaut la peine. Dans le cas contraire, elle ne vous fera aucune fleur. Ce soir, en entrant dans son bureau et en ne prenant même pas la peine de la regarder, Mike n’avait pas gagné le droit à des privilèges.
    « Désolée, on ne fume pas dans mon bureau »

    Helena retourna vers son thé et y ajouta un sucre. Elle en avait plus que marre dans le fond de mener des combats avec chaque membre de sa famille. Heureusement, Zach et elle, avaient finit par se parler à nouveau et ils avaient réussit à regagner un peu de complicité. Helena savait que cela n’était qu’un début. Le pire restait à venir. Mais elle était prête…

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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Dim 13 Fév - 13:34

Spoiler:
 

Même si Mike ne savait strictement rien de ce que pouvait bien penser la fameuse mère Calahan à cet instant présent, elle avait parfaitement raison. C’est d’ailleurs bien malheureux que le fils ne puisse pas lire en sa mère comme un livre ouvert, cela lui aurait permis de se remettre en question de maintes fois. Mais bon, il ne connaissait suffisamment pas assez sa mère pour anticiper ses actions, connaître son mode de pensée, ce qui ne jouait effectivement pas en sa faveur. Et puis manipuler sa mère par le biais de ses pouvoirs n’était pour l’instant pas dans ses actions de faire. D’une part, cela serait trop simple et purement déloyal (surtout que Mike risquait de se prendre un éclair dans la gueule si les deux jouaient avec leurs pouvoirs), et d’autre part, il était quasiment sûr que sa mère avait trouvé une parade pour contrer son pouvoir. Et c’est même dommage que leur relation ne soit pas aussi fusionnelle que d’autre famille, d’un point de vue technique, Helena pourrait lui apprendre à pénétrer un esprit déjà prévu pour contrer les attaques mentales. Enfin bref…à force de faire face à des tas de suppositions, on ne savait même pas à côté de quoi Mike passait à force de maintenir des relations hostiles avec sa mère.

Tout ça pour en revenir au fait que sa mère réagissait d’une manière exemplaire, qu’elle s’estimait heureuse que Mike vienne la voir, alors qu’effectivement son père en aurait été ravi. Et si cette pensée avait transpercé l’esprit du fils Calahan, il n’aurait absolument pas pu s’empêcher de sourire, voire même de rire, si ce n’est peu dire ! Quant à ses doutes pour la relation père-fils…ça personne n’en savait rien, ni Mike. Même si au fond de lui il n’en savait strictement rien, n’étant pas à l’abri d’évènements inopinés qui pourraient tout faire basculer, en revanche Mike ne laissait absolument pas ses craintes et doutes transparaître. Au regard des autres, c’était sûr et certain pour Mike que son père ne remonterait jamais dans son estime.

Quoi qu’il en soit, Mike n’en savait strictement rien, et était bien décidé à fumer sa cigarette tranquillement dans le bureau de sa mère. C’était plaisant de fumer du haut de ce fameux building. Regarder la ville, admirer le paysage urbain, certes pas très enivrant, mais plus fascinant sous les lueurs de la nuit, du soleil couchant, des lumières de chaque bâtiment, habitats…

Malgré tout penseur à ses heures perdues, Mike fut ramené à la réalité avec une question si banale et bateau de sa chère mère.

Une taffe et un léger sourire, mais un sourire assez étrange, aucune provocation n’était mélangée à ce sourire, qui n’avait rien de méchant, mais rien de sincère non plus.

« Une petite visite de sympathie… rien d’autre tu sais Helena. »

Appeler ses parents par le prénom n’était pas une tradition – enfin pas qu’il sache. Mike s’amusait pertinemment à les appeler par leurs prénoms pour marquer une distance claire et nette entre les deux. Même si avec Helena cela pouvait arriver que Mike omette ça, et qu’il puisse l’appeler « belle-mère » par ironie plutôt mignonne (mais très rarement), autant avec son père, il était hors de question de l’appeler autrement que Zach. L’appeler par son prénom était source d’un énorme plaisir chez Mike, étant donné qu’il espérait que son père soit blessé à chaque « Zach » entendu. Il se demandait si son père se torturait l’esprit en se demandant à chaque fois ce qu’il avait pu faire pour en arriver là, ce qu’il pouvait faire pour avoir droit à un simple « père », voire même « papa ».

En revanche, avec Helena, Mike était nettement moins sadique. Si ce dernier l’appelait par son prénom, c’était avant tout pour mettre les choses au clair ; Mike n’était pas son fils. Si en cas de joutes verbales et de discussions qui prennent un tournant agressives, Mike se servait couramment de cette méthode pour rappeler la distance présente entre les deux et lui rappelait qu’en soit, elle n’avait aucun pouvoir d’autorité sur lui. Mais en temps normal, c’était plus pour le côté amusant, le côté respectueux, et pour montrer qu’enfin de compte ils étaient sur le même piédestal.

Mike se laissa faire lorsque Helena lui ôta sa cigarette. Roulant les yeux au ciel, cela se traduisait clairement par « quelle rabat-joie ». Cet aspect provocant et assez joueur se manifestait que très rarement chez Mike, enfin de compte. Avec ses autres fréquentations, Mike est soit blasé de service, protecteur avec ses sœurs et basta.

« Pardonne-moi alors. »

Mike s’avança, après avoir refermé la fenêtre, et zieuta un peu le bureau de sa belle-mère, en lisant les titres des livres ici présents à la va-vite.

« Alors j’ai entendu dire que belle-maman et Zach s’étaient rabibochés ? »

Aucun sarcasme ne se laissait ressentir. C’était principalement pour savoir si cette information était véridique, étant donné qu’il n’avait pas d’autre choix que de le demander à Helena. Ce n’est pas que le savoir allait changer sa vie, mais cela avait piqué sa curiosité. Une fois sa question posée, Mike se retourna alors vers sa mère et hocha légèrement la tête, avec un léger sourire en coin qui pouvait peut-être traduire un « alors, touchée ? »
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Sam 26 Fév - 23:31


    « Une petite visite de sympathie… rien d’autre tu sais Helena. »

    Mike était un homme complexe. Il savait à loisir faire de ses paroles ce qu’il voulait et cela n’était pas toujours de bon augure. Une surface de calme et de courtoisie pour un mensonge bien senti. Helena fixa Mike un instant. Il jouait avec ses nerfs. Elle ne laissa rien paraître des sentiments qui la traversaient sur l’instant. Pourquoi avait-il toujours besoin de faire de sa vie un théâtre ?
    Helena avait l’habitude qu’il l’appelle ainsi. Bien sûr, il n’allait pas l’appeler « Maman » car elle ne l’était pas. Pourtant, dans ce nom qui ressemblait à une lettre près à celui de sa vraie mère et qui se prononçait pareil, Helena trouvait une sorte de lien intuitif, un peu comme un tour du destin. Mike ne s’en rendait peut être pas compte, mais Helena se considérait beaucoup plus comme sa mère quand il l’appelait par son prénom. Elle n’en avait jamais voulu à Mike d’utiliser son prénom, bien au contraire, les choses étaient ainsi posées et tout était clair. Mike n’était pas son fils, et elle n’était pas sa mère. Le problème de Mike, c’est les limites. Et dans ce petit jeu, il n’en avait aucune. Si Helena prenait bien le fait d’être appelée par son prénom, Zach lui exécrait de ne pas être appelé « Papa ». Tout ce qu’il y a de plus normal pour un père qui s’occupe de sa famille. Car ce que ne voyait pas Mike, c’était qu’une famille ce n’était pas seulement des relations parents-enfants, que Zach n’avait pas que Mike en tête lorsqu’il disait qu’il voulait sauver leur famille. Helena ne parlait pas d’elle mais d’un tout auquel Mike refusait catégoriquement d’appartenir.
    Il n’opposa aucune résistance lorsqu’elle lui retira la cigarette. Elle le remercia intérieurement pour cela car elle n’était pas prête à devoir argumenter sur les effets nocifs du tabac alors qu’une discussion les attendait. Quelle discussion ? Elle n’en savait rien mais Mike n’était pas à Buckland par hasard.

    « Pardonne-moi alors. »
    Helena inclina la tête signifiant qu’il était pardonné et qu’elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Retournant à son bureau pour son thé. Elle avait eu raison d’attendre que Mike en vienne au fait car, il finit par lâcher ce qui ressemblait à un bout du morceau en question.
    « Alors j’ai entendu dire que belle-maman et Zach s’étaient rabibochés ? »
    Helena ne prit pas la peine de se retourner dans un premier temps et but une gorgée. C’était donc cela ? Il était venu pour savoir ce qu’il en était d’elle et Zach. Un sourire passa sur les lèvres d’Helena. Elle se souvint de ce soir où il l’avait invité au restaurant contre toute attente. Ils avaient passés une soirée merveilleuse comme dans leurs débuts. Ils avaient discuté de leur famille et de leur problème. Pour une fois depuis longtemps, ils avaient été honnêtes et ne s’était rien caché. Helena aperçut Mike faire le tour du bureau et se mettre en face d’elle. Il inclina la tête et lui fit son sourire en coin.

    Helena le fixa un instant. Pourquoi cela l’intéressait-il ? Helena était au courant du passage de Mike au commissariat. Zach le lui avait raconté en lui intimant de ne rien dire. Zach en avait souffert même s’il n’avait rien laissait paraître. Ce soir là, il était indéniable que Mike voulait se confronter à son père. Peut être ne le savait-il pas et peut être que tout avait dégénéré dans le mauvais sens, mais quand on a un père flic, on évite de se retrouver au poste, surtout si on a une relation conflictuelle avec. Helena avait gardé le silence sur sa théorie. Ce soir, elle ne voyait pas ce qui pouvait attiser l’intérêt de Mike. Peut être était-ce juste histoire de rappeler à Helena que son mariage avait battu de l’aile pendant de longs mois ? Peut être était ce pour montrer qu’il savait plus de choses qu’il ne le laissait paraitre ? Peut être était ce tout simplement sincère ?
    Helena posa sa tasse et regarda un instant son bureau. Elle reporta ensuite son regard sur Mike et lui répondit :
    « En effet, ton père et moi avons une longue discussion. Et nous nous sommes rendu compte que nous étions retombé d’accord sur beaucoup de points. »

    Helena avait sciemment utilisé le mot « père » pour rappeler à Mike que quoi qu’il se passe dans ce monde, cela était immuable. Qui plus est, elle avait trouvé sa façon de les nommer assez irrespectueuse et elle tenait à lui rappeler que certaines choses étaient comme cela à tout jamais. Helena regarda Mike avec un sourire qui lui aussi en disait long. La phrase d’Helena ne laissait pas entendre qui avait rejoins le parti de qui sur quoi. Le doute était donc toujours de mise. Elle n’espérait pas vraiment inquiéter Mike mais juste le pousser à poser des questions plus précises. Helena savait que si dans un premier temps c’était l’entente entre Zach et Helena qui le poussait à poser la question, dans le fond, il avait sûrement des questions et des sujets plus sensibles à aborder. Par exemple, savoir ce qu’il en est ressorti de la discussion sur Mike. Helena a-t-elle rejoint le clan de Zach privant Mike de sa seule « alliée », ou Zach est-il passé du côté d’Helena avec la tolérance que cela implique sur certains points délicats ? Mike n’en savait rien, et Helena pouvait comprendre que cela le gêne. Malgré tout, Mike avait un côté encore bien enraciné dans la famille que Zach ne semblait pas voir. Si Mike avait fuit le domicile et claqué la porte à son père, il n’en été pas de même avec sa sœur Marion, avec qui il entretenait encore de bons rapports et plus finement, Mike ne supportait pas de ne pas être informé d’un fait au Manoir. Helena savait que dans le fond, il n’avait pas mis les voiles très loin. Tout ce qui manquait à ce môme, c’était de la compréhension. Mais quand on est un Calahan, on n’a pas ce privilège…


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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Dim 27 Fév - 3:24

Spoiler:
 

Alors touchée ou pas ? Mike voulait savoir après tout. Est-ce que sa chère et tendre belle-mère allait tourner de l’œil à la fin de la conversation ? Ou réussira t elle à souffler lors du départ de Mike ? si ce dernier comptait partir sans avoir obtenu ce qu’il désirait. Et ce qu’il désirait, Helena l’avait très bien cerné, mieux que lui-même d’ailleurs ! c’est ce qui le fascinait chez elle. Elle ne laissait rien transparaître et en savait plus sur Mike que Mike lui-même. Cette capacité d’analyser la situation c’était du Helena tout craché…autant il avait réussi à acquérir cette faculté d’avoir un visage impassible quoiqu’il advienne, autant il n’avait pas encore réussi à comprendre cette analyse si poussée dont Helena usait à la perfection. Car il est vrai que Mike désirait toujours être au courant de ce qu’il se passait dans le manoir Calahan. Et il ne s’était jamais posé la question du pourquoi. Après tout, qu’est-ce qu’il en avait bien à faire de cette famille qu’il prétendait ne pas aimer ? Il vous répondra néanmoins très simplement, en disant qu’il n’avait rien à reprocher à ses sœurs, et que sa réputation ne devait pas être entachée à cause de sa famille.

Très vite les grands mots…peut-être, mais il est vrai que Mike accorde beaucoup d’importance à ce qu’on peut dire de sa famille, ce qu’on peut dire d’eux dans les deux mondes. Savoir ce que les gens pensent est véritablement important à prendre en compte dans la conquête du pouvoir. Si la famille se laisse aller et que leurs relations conflictuelles s’étendent jusqu’en enfer, personne ne les prendra au sérieux, personne ne voudra se joindre à eux, ils ne seront en aucun cas crédibles. Peut-être était-ce que Zach craignait, mais ça il l’ignorait. Mike passait son temps à émettre des suppositions au lieu de se baser sur du concret, à défaut de n’entretenir que des relations stables qu’avec ses sœurs, ou du moins Marion. Il ne pouvait s’y prendre qu’à lui-même. Mais au lieu de ça, il faisait mine de s’en foutre royalement, chose qu’il savait faire mieux que tout le monde. Les choses finiront par aller dans le sens de Mike, tôt ou tard, sans pour autant qu’il aille jusqu’à céder quoique ce soit, ou jusqu’à briser ses principes. Personne ne fera changer Mike, ça c’était ce qu’il défendait corps et âme, au fond de lui.

« En effet, ton père et moi avons une longue discussion. Et nous nous sommes rendu compte que nous étions retombé d’accord sur beaucoup de points. »

« Tiens donc ? et sur quels points si ce n’est pas trop indiscret ? je suis votre fils tout de même, il serait normal que je sois au courant. »

Mike avait prononcé cela d’une façon si normale…qu’il était plutôt sincère. Il ne reprochait absolument rien à Helena ni à quiconque de la famille Calahan. S’il avait dit cela sur un ton accusateur, Helena aurait très bien pu l’envoyer bouler en lui disant simplement qu’il n’avait qu’à être présent à la maison. Ce n’est pas là où il voulait en venir. Il voulait juste dire par là qu’elle pouvait lui expliquer, qu’il l’écoutait, et qu’elle s’adressait à son beau-fils, elle pouvait ainsi lui faire confiance. Ce n’était pas vraiment de la manipulation là. Il voulait surtout s’informer de la vie Calahanienne, et ça Helena l’avait comprit.

« oui je sais, je suis le fils uniquement quand ça m’arrange je pense avoir compris. »

Le jeune Calahan s’était empressé de rajouter cela sur un ton assez rébarbatif cette fois, devançant très certainement les dires de sa belle-mère. Et il était très fier de cette petite remarque, étant donné qu’il allait y avoir droit. Et devancer sa belle-mère était sans doute l’une de ses plus grandes satisfactions. C’est comme s’il devançait son maître enfin de compte. Bien que cette idée ne lui effleurera jamais l’esprit. Il joua avec les babioles ridicules présentes sur tous les bureaux des personnes qui y travaillent. Il zieuta à droite et à gauche avant de rajouter, totalement à côté de la plaque, histoire de déstabiliser au mieux son interlocutrice, afin de lui montrer qu’enfin de compte les histoires de famille, il ne s’y intéressait pas plus que ça.

« je ramènerai une photo de moi un de ces jours tiens donc. »

Peut-être que sa belle-mère savait comment opérait son beau-fils, mais peut-être que cela devait être toujours aussi pénible à supporter lorsqu’elle s’entretient avec lui pour parler d’elle et de son mari, Zach. En revanche, ce qu’elle ignorait peut-être, c’est que certes, Mike voulait pertinemment avoir les nouvelles fraîches de sa famille par curiosité, mais si elle ne les lui donnait pas, il n’irait pas la supplier. Jamais il ne faiblirait aussi bêtement devant elle. Il avait plus de classe et plus d’amour propre pour se mettre de faire ça. Surtout qu’il réussirait à savoir ce qu’il veut comme toujours – ou presque – via des connaissances, ou via Jared tout simplement.

« Ha et aussi, après que tu auras détaillé tous ces fameux points, je voulais te dire que Jared allait sûrement beaucoup nous aider à l’avenir. Enfin s’il y a toujours un nous dans les restes des Calahan. »

Autant Helena avait insisté sur le terme « père », autant Mike avait fait de même avec le terme « points ». Il ne prit même pas la peine de relever sa petite tentative d’arriver au sujet Mike-Zach. Ce n’était pas le sujet à l’ordre du jour, ce n’était pas un sujet à élaborer du tout en réalité. Helena devait se douter qu’elle allait passer un agréable moment à vrai dire…parler de sa relation avec Zach et se faire sans douter incendier après, se faire retourner le cerveau après de multiples tentatives de son beau-fils. Entamer le sujet Jared, qui devait sans doute bien créer la polémique à la maison, s’exprimer sur un sujet aussi ‘tabou ?’ allait être peut-être risqué pour elle. Et puis enfin, parler des restes des Calahan…ne détaillons pas ce sujet il est assez clair en fait. Oui, elle allait passer une merveilleuse soirée.

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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Lun 28 Fév - 20:53

Spoiler:
 


    « Tiens donc ? et sur quels points si ce n’est pas trop indiscret ? je suis votre fils tout de même, il serait normal que je sois au courant. »
    Helena savait très bien pourquoi Mike l’impressionnait autant. C’était sa capacité à la nuance. Drôle n’est ce pas d’utiliser le mot nuance pour Mike Calahan ? Mais regardez-y de plus près, c’est pourtant le seul qui en vaille la peine, avec le mot « blasé » bien évidement. Nous en étions donc à nuance, car oui, Mike joue la nuance sans vraiment le faire exprès. Il est capable de tourner autour du pot pour vous faire tourner en bourrique mais il préfère aller droit au but, il aime être blasé du monde entier mais ne peut s’empêcher de laisser son empreinte partout où il passe. Nuance. Mike est un être dont l’apparence diffère de peu du fond, mais bien assez pour que la faculté d’Helena à parler au Mike intérieur fasse son effet. Si Mike n’avait pas l’intention de la supplier, Helena n’avait pas l’intention de lui mentir. Elle exècre le mensonge. C’est un peu une relation donnant-donnant entre Helena et Mike, Helena le fait poser la question précise mais en retour, elle y répond sans détour. Bataille rangée et dans les règles, s’il vous plait ! Chez les Calahan, on sait se tenir même dans les joutes verbales.
    « Et bien, nous avons majoritairement parlé de la famille tu t’en doutes. Le sujet qui nous a retenus le plus c’est la raison de notre présence ici. Comme tu le sais, nos chances de détruire les Halliwells s’amenuisent de plus en plus. »
    C’était en effet l’un des soucis premier d’Helena. La belle Calahan avait de plus en plus en doute sur leur mission et sentait que les choses lui glissaient des mains. Si elle avait été confiante, aujourd’hui elle était anxieuse. Plus les jours passaient, plus elle avait l’impression de courir à sa perte. Ses filles avaient des soifs de pouvoir qui ne pouvaient pas être comblées et son fils mettait les voiles. Helena sentait que de venir dans le passé n’était pas la solution miracle. Si cela devait lui couter sa famille, qu’aurait-elle gagné ?
    « oui je sais, je suis le fils uniquement quand ça m’arrange je pense avoir compris. »
    Helena leva les yeux vers Mike. Etrangement, Helena n’avait pas eu envie de dire cette phrase. Elle comprenait très bien pourquoi Mike ajoutait ces quelques mots mais elle n’avait pas eu l’impression de devoir les prononcer. Helena n’était pas adepte des phrases sanglantes. Elle était pour la franchise et la justesse. Elle savait que des mots sans sous entendu mais bien senti, pouvaient faire plus réfléchir que des énigmes. Pourtant, le fait que çà soit lui qui la prononce et non pas Helena donnait une situation originale. Elle fixa un instant Mike avec un sourire indéchiffrable.
    « Certes, mais je ne suis pas ton père. »
    Helena le fixa un instant. Une phrase comme Helena les aime. Par ces quelques mots, Helena rappelle à Mike que c’est avec son père qu’il a le conflit du fils à temps partiel. Helena souffre de l’absence de son fils et préférerait le voir plus souvent au manoir mais elle connait bien Mike et il est inutile de le faire aller là où il ne veut pas. Helena savait pertinemment qu’à se battre avec Mike, on ne gagnait que son dédain et son départ. Et ce n’était pas là le but d’Helena. Si Mike avait regardé plus loin, il aurait déjà vu qu’Helena tenait bien plus à lui qu’elle ne le laissait voir. Mais bien sûr, dans ce manoir de faux semblants, de conflits et de luttes de pouvoirs, il y avait peu de place pour de la tendresse. La face cachée de cette phrase était surtout qu’Helena lui accordait plus de clémence sur ce sujet que son père lui ne tolérait pas. Elle avait certes vu que Mike était là par intermittence mais elle ne voulait pas entrer en conflit avec lui. Dans un sens, Helena comprenait le départ de Mike et elle avait appris à s’y faire. Elle n’était pas du genre à envenimer les situations.
    « Nous avons aussi parlé de la famille. Chacun mets les voiles à sa manière. Tu imagines que ce n’est pas ce que nous avions envisagé pour notre famille. Nous avons cherché une solution. »
    Helena ne renseigna pas sur le fait qu’ils aient ou non trouvé une solution car il en existait des milliards mais des applicables à la famille Calahan, aucune. Le défi est monstrueux et Zach avait beau être confiant, les choses ne rentrerons pas dans l’ordre aussi facilement.
    « je ramènerai une photo de moi un de ces jours tiens donc. »
    Helena arqua un sourcil de surprise. Mike. Toujours dans la dualité. Et dans les deux sens du mot « dualité ». Dans le sens « double » bien sûr, un éternel chaud-froid, une des meilleures douches écossaises du moment. Et bien sûr, le sens « duel », car Mike à besoin du conflit pour sentir sa relation avec les gens. Même avec Marion, qui pourtant est sa préférée, il a besoin de se mettre en conflit parfois. Que pouvait-il bien vouloir faire avec une photo de lui ici ? La mettre sur son bureau comme le font les médecins de leur enfant ? Helena ne comprenait pas bien où il voulait en venir et finit par conclure que c’était sûrement une de ses phrases qui veulent dire « au-fait-je-m’en-fout ». Helena garda son calme. Excellente soirée en persective. Voila qu’il venait la coller sur le sujet de Zach, puis carrément sur le contenu de leur discussion, maintenant, il lui faisait savoir que dans le fond, il s’en tamponnait le coquillard avec un tibia de gastéropode. Heum… Helena reconnaissait bien là les signes d’une discussion avec Mike. Pourtant, elle ne laissa rien paraître. La partie ne faisait que commencer.
    « Excellente idée… je te verrais tous les jours ainsi… »
    Helena savait répondre par la même provocation que Mike mais elle s’abstenait de le faire sur des répliques sérieuses car cela virait souvent au vinaigre très vite. Elle préférait maintenir le lien avec la conversation. De plus, si un peu de sarcasme pointait dans cette phrase, l’ironie n’était pas sur « excellente idée », le fond de la phrase c’est qu’en effet, c’est une chose qu’Helena apprécierait peut être. Bien sûr, l’avouer de buts en blanc, c’est niet, donc un peu de piment rendra le tout beaucoup plus digeste pour notre petit Mike, pas habitué aux marques d’attention particulière.
    « Ha et aussi, après que tu auras détaillé tous ces fameux points, je voulais te dire que Jared allait sûrement beaucoup nous aider à l’avenir. Enfin s’il y a toujours un nous dans les restes des Calahan. »
    Je vous ai déjà parlé du champ de mines que c’était que de parler avec Mike ? Vous avez encore des doutes ? Helena fixa son bureau intensément. Elle était la seule à rester calme devant les provocations de Mike. Zach perdait son calme tôt ou tard, ou alors il finissait par entrer dans son jeu. Helena n’était pas prête à le laisser gagner. Quel qu’en soit le sujet. Jared. Merde, là çà faisait mal.
    « Et comment Jones va-t-il nous être utile ? »
    Helena n’était pas sarcastique ni même agressive. Elle avait volontairement réutilisé le « nous » preuve qu’il y avait bien encore un nous et avait clairement insisté dessus. Mais pourquoi fallait-il qu’il reparle toujours de Jones ! Cet homme complètement immature, et déjà père de jumelles. Helena ne sortait pas de ses gonds facilement. Mais de savoir son fils avec un vaux-rien çà, çà la mettait hors d’elle. Des marques d’énervement étaient à présent visibles. Ce qui ressortait de son attitude c’est un contrôle drastique de son tempérament, cachant un dégout profond. Jones. Ce strip-teaseur inconstant et contestataire. Helena ne pouvait tolérer que son fils pour qui elle avait trop d’estime et à qui elle vouait un certain respect s’abaisse à fréquenter ce genre de canaille. Helena avait appris à être tolérante sur de nombreux points mais Jones était la corde sensible de l’arc d’Helena. Si elle arrivait à encaisser les répliques sur beaucoup de sujets, Jones était intolérable. Attention, pas de mésentente, qu’il soit gay n’intervient pas dans la partie. D’ailleurs Mike avait trop vu de femmes pour pouvoir encore les aimer. Ses sœurs n’étaient pas le meilleur exemple au monde et sa mère n’avait pas su lui montrer la tendresse dont les filles étaient censées faire preuve. Qui plus est, dans sa recherche de conflit, Mike semblait avoir trouvé quelqu’un qui lui correspondait. Ce Jones avait le don de créer des embrouilles à chaque fois qu’il battait d’un cil. Parait que c’est de sa faute si Mike à croisé Zach au commissariat. Jones.



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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Dim 13 Mar - 13:43

Au fond de lui, on pouvait ressentir un certain amusement de la part de Mike. Ce qui n’est pas très étonnant en soi, et Helena devait s’en douter. Enfin, elle ne s’en doutait pas, cela n’est rien d’autre qu’une évidence à ses yeux. Son beau-fils n’avait absolument pas envie de se foutre de sa gueule, si crument parlé. Non. La défier, voir jusqu’où elle peut aller, lui soutirer des informations importantes, connaître son opinion sur certains sujets (preuve qu’il s’intéressait tout de même à elle). On pourrait presque prendre ce genre de choses comme des preuves d’amour à la Mike. A prendre avec des pincettes, soit. Pas très expressif de nature, et en aucun cas niais, c’était une de ses manières de parvenir à ses fins afin de se renseigner tout en s’amusant à contrôler, ou du moins tenter, son interlocuteur. En l’occurrence, Helena était une interlocutrice redoutable. C’est de famille, disons le ainsi.

« Et bien, nous avons majoritairement parlé de la famille tu t’en doutes. Le sujet qui nous a retenus le plus c’est la raison de notre présence ici. Comme tu le sais, nos chances de détruire les Halliwells s’amenuisent de plus en plus. »

« Certes. Mais au risque de me répéter, rameuter notre fratrie, aussi charmante soit-elle, au grand complet, c’est pas mon boulot. »

Sempiternellement bourré de sarcasme et d’ironie, il venait de lui accorder cette réplique. En revanche, elle ressentirait sûrement que Mike n’en demeurait pas moins inquiet. Après tout, Mike savait très bien qu’elle avait raison. Que son père aussi, mais il ne se l’avouerait jamais. Il préférait dire que sa belle-mère mettait les points sur les « i » comme il le fallait. Quoiqu’il en soit, il fallait vraiment penser à agir, à faire quelque chose afin de faire pencher la balance en faveur des Calahan. La famille Halliwell commençait à se rassembler et leur bonne entente portait préjudice aux Calahan, qui eux se détestaient mutuellement. C’était plus qu’embêtant que de savoir que l’union fait la force, surtout dans des conditions aussi dramatiques. Frères et sœurs ne s’entendaient qu’en parties (plus précisément, en duo). Soit le père ne s’entendait pas avec un de ses enfants, soit c’était la mère. Certes, aucun membre de la famille n’est clairement isolé, comme quoi il y avait toujours un dernier espoir de parvenir à rassembler tout le monde ? utopique ? à voir. On dira que Mike s’entêtera à vouloir gagner ce petit défi personnel.

Levant les yeux au ciel, pour lui montrer que son utilité dans la famille était capitale, il ajouta : « Bon. Vu que toi, et Zach, il fit une légère mine de dégout après avoir évoqué son père, semblez être littéralement désespérés, je vais voir ce que je peux faire avec les filles. Marion m’écoutera pertinemment. En plus de cela, elle est très intelligente, elle saura faire la part des choses. En revanche, si tu pouvais juste m’aider un tout petit peu avec les aînées un peu avides de pouvoir, tu serais parfaite Helena. »

Mike lui offrit son plus beau sourire. Il s’amusait pertinemment à descendre Zach plus bas que terre, à exprimer le dégout que Zach provoquait en lui…et d’un côté, il était sincère et aimable avec Helena. Que pouvait-elle dire ? Pouvait-elle vraiment s’énerver contre lui alors qu’elle avait la chance (?) que Mike l’apprécie ? Ce n’est peut-être pas une chance, mais quoiqu’il en soit, ce n’était pas donné à tout le monde. Zach tuerait n’importe qui pour avoir ce privilège peut-être. Si un jour ce dernier lui avouait cela en face, Mike sera capable de jouir sur place. En plus de cela, Mike était très précis dans ses termes. Il s’adressait directement à Helena, c’est elle qu’il veut aider, pas son père, que les choses soient très claires.

En revanche, Helena remarquerait sans doute l’importance que Mike accordait encore à sa famille. Elle devait le savoir, mais là cela confirmait vraiment le tout. Rien qu’en évoquant Marion, on voyait que Mike était très attaché à elle. Peut-être qu’Helena avait dû ressentir la complicité entre les deux enfants, peut-être qu’elle avait vu que Mike la préférait sans aucun doute à ses autres sœurs.

« Certes, mais je ne suis pas ton père. »

Cette phrase, mélangée à un sourire indéchiffrable…elle était quand même inquiétante belle-maman. Elle lui avait répondu d’une manière très calme et sage. Aucune provocation, rien. Elle voulait en dire beaucoup plus sans user de techniques puériles et ironiques (que Mike pouvait user généralement). C’était bien plus frustrant, les sous entendus d’Helena était la plupart du temps forts. Helena avait définitivement de la prestance, elle parvenait à en envoyer uniquement grâce à une phrase. Helena est très forte. Très.

Mike lui accorda un autre sourire en guise de réponse. Bien plus discret cette fois, sachant pertinemment qu’il n’avait rien à répondre, et qu’il n’avait aucune envie de lui répondre. Un sourire joueur, voilà comment pourrait-on le décrire. Avec une pointe d’admiration tout de même.

« Nous avons aussi parlé de la famille. Chacun met les voiles à sa manière. Tu imagines que ce n’est pas ce que nous avions envisagé pour notre famille. Nous avons cherché une solution. »

« Une solution ? à la bonne heure ! je suis tout ouï ! »

Une fausse mine enjouée, un sourire sarcastique, Mike ne s’attendait absolument pas à avoir une réponse. Ou du moins, avoir une réponse exposant la réelle solution qui réunirait tous les Calahan et qui les ferait gagner en pouvoir. Sans se réunir tous ensemble, sans rabaisser tout semblant de fierté, sans oublier nos antécédents…les Calahan n’arriveront à rien. Aussi doués en la magie soient-ils, ils sont une famille. Et ça craint.

Et au passage, Mike ne prit pas en considération « chacun met les voiles à sa manière », il avait plutôt aimé cette petite phrase provocante à souhait. Mais lui accorder à chaque fois de l’importance, il aimait ça plus que tout.

Lorsque Mike lui proposa de lui amener une photo de lui, elle avait arqué un sourcil. Sans rien laissé paraître, Mike était très fier de lui. Fier, oh oui. Avoir réussi à faire siller un petit sourcil du visage de la belle Helena, c’était tout un honneur. Et même si sa réplique n’avait rien laissé paraître, Mike était quand même attaché à ce petit sourcil arqué il y a quelques secondes, et n’apporta aucun intérêt à sa réponse de toute manière.

Voilà. Les choses intéressantes et divertissantes pouvaient d’ores et déjà commencer.

« Et comment Jones va-t-il nous être utile ? »

« Outch. Je ressentirais presque une certaine réticence…pas de ta part tout de même Helena ? », avait-il rebondi directement tout en s’avançant vers elle avec une mine faussement peinée et en posant sa main sur son cœur, pour vraiment accentuer ce sentiment de tristesse. D’une seconde à l’autre, il stoppa tout cela, pour parler plus sérieusement, tandis qu’un sourire niais s’affichait de manière très visible sur son visage. « et bien Jones, aussi chiant et maladroit qu’il puisse paraître, et c’est peu dire, il a beaucoup de relations dans les mondes souterrains, ce qui pourrait déjà nous être très utile. Ses pouvoirs sont très développés, et il est particulièrement puissant. », il venait de lui lâcher cela d’une traite, et comme convenu avec un sourire niais, pour montrer peut-être à Helena qu’il était beaucoup lié à ce Jared. Peut-être allait-elle réagir ? il n’en savait rien. Mais, répétons le, Mike déteste tout semblant de niaiserie. Mike est seulement un bon acteur.

Une tentative pour pimenter le tout ? allons donc.

« Je sais que Zach ne le porte pas vraiment dans son cœur, c’est vrai. Toi je ne sais pas. Les filles le trouvent plutôt cool. » Mike, jusque là, n’avait pas été très sérieux dans l’ensemble, prenant toute cette situation comme un jeu assez amusant, mais il s’avança de sa chaise et regarda Helena très sérieusement, comme s’il avait besoin de lui prouver quelque chose. « mais je sais aussi qu’il donnerait sa vie pour moi. »
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Mar 22 Mar - 23:54

Spoiler:
 


    Helena savait pertinemment pourquoi Mike était un homme qu’elle appréciait, si l’on peut dire, à ce point. Car il est vrai que même s’il n’avait pas été son fils, elle aurait sûrement eu un coup de cœur pour ce môme. Autonome, indépendant, débrouillard, revêche, finalement, il avait toutes les cordes d’un Calahan. Un savant mélange de la puissance du père et de la psychologie de la mère. Oui, mais voila, Helena n’était pas la mère de Mike. Alors d’où lui venait ce penchant à l’observation et la maitrise des mots qui était une spécialité d’Helena. Spécialité dont ces filles n’avaient malheureusement pas hérité. Helena était de ces femmes que l’ont des « femmes fortes ». Quand on la voit, la notion de sexe faible semble obsolète et pourtant, l’idée de galanterie semble une évidence. On ne lui adresse pas la parole mais on lui tient volontiers la porte. La nuance. Voila ce qui réunissait ces deux êtres opposés malgré eux. Mike et Helena avait fait de la nuance leur ligne de vie.

    Helena était une femme œuvrant pour son seul compte et celui de sa famille, puissante, elle était sans pitié lors des combats, pourtant, elle était capable de soigner une rose flétrie grâce à son pouvoir de nature. Comment comprendre cela ? Il en va de même pour Mike, s’il fuit, c’est avant tout pour être rattrapé et qu’on le somme encore et toujours de revenir au manoir. Alors pourquoi vivre contre soi-même ? Si vous le saviez alors vous auriez à votre merci Helena et Mike, ce qui, vous vous en doutez, n’est encore jamais arrivé et ce n’est, bien heureusement, pas demain la veille.
    « Certes. Mais au risque de me répéter, rameuter notre fratrie, aussi charmante soit-elle, au grand complet, c’est pas mon boulot. »
    Helena fixa avec un regard droit. Il disait vrai. Et Helena était franche. Entre Mike et Helena, il n’y avait pas de mensonges. Des attaques doublées de mensonges, là on parle de coups bas, disons que pour le moment, Mike cherche juste à « éprouver » les nerfs d’Helena. Prenons cela comme une marque d’attention, ce qui est déjà énorme venant de Mike. Helena hocha la tête en signe d’assentiment. C’était effectivement son boulot et celui de Zach mais elle ne pouvait réussir sans l’aide des autres membres de sa famille. Il lui fallait donc des alliés. Elle savait Zach de son côté, elle pensait pouvoir raisonner Nicky, pour Nora, çà ne serais pas un problème non plus. Nina et Marion serait des problèmes. Mais Zach était là. Alors après tout, l’espoir n’était pas encore totalement perdu. Helena garda le silence et regarda Mike. Elle pouvait lire certaines choses dans cet homme comme dans un livre ouvert mais certaines autres étaient cachées hors de sa vue. Elle avait suspecté Mike de choisir les zones d’ombres mais s’était vite rendu compte que ce n’était pas de son ressort. Mike avait encore des facettes qui pouvaient être des atouts comme des poids.

    « Bon. Vu que toi, et Zach, semblez être littéralement désespérés, je vais voir ce que je peux faire avec les filles. Marion m’écoutera pertinemment. En plus de cela, elle est très intelligente, elle saura faire la part des choses. En revanche, si tu pouvais juste m’aider un tout petit peu avec les aînées un peu avides de pouvoir, tu serais parfaite Helena. »
    Des atouts dans le cas précis. Le visage d’Helena se fendit en un sourire. Un vrai, ceux qu’on ne voit que très rarement sur son visage. Mike. Il était complètement inattendu et si surprenant. Helena se retourna vers lui. Avec elle, c’est donnant-donnant. Tu donnes, elle rend. Tu l’ignore, elle t’ignore. Elle s’approcha de Mike toujours avec son sourire. Elle avait toujours eu raison. Mike finirait par jouer un rôle décisif dans cette bataille contre les Halliwells. Et il était un des meilleurs de la famille. Il devait souvent penser que ses sœurs l’avaient dépassé mais, dans le fond, tant d’intelligence au service de tels pouvoirs… que voulez-vous de plus ? Là où les filles avaient de la puissance crue, lui avait hérité de la puissance calme de son père. Bien sûr, il était hors de question de le lui dire mais c’était un fait. Le père et le fils était les mêmes.
    « Oui, Marion t’écoutera. Tu comptes pour elle. Je ferais mon possible avec les filles… et je m’efforcerais d’être parfaite. »
    Helena ne pouvez nier que Mike avait de meilleures relations avec Marion qu’elle. De toutes évidences, pire qu’Helena dans le cœur de Marion, c’était assez dur à atteindre. Mike avait toujours eu un faible pour la petite dernière. Un instinct de protection que l’on ne soupçonnerait pas chez un homme aussi mordant. La fin de la phrase était à but purement drôle. Elle reprenait l’expression de Mike et la lui renvoyait avec complicité. Dans cette phrase, pas de sous entendus vaseux. C’était sa façon de lui dire « Merci Mike ! ». Mais dans ses yeux, Mike le lisait bien assez pas la peine de mettre les deux mal à l’aise pour deux mots. Il y, en effet, de la complicité sur le fait qu’Helena était une femme qui aimait tendre vers la perfection et s’il y avait des règles strictes, elle n’en serait pas très loin. Mike savait combien sa mère pouvait passer de temps dans son jardin jusqu’à ce qu’elle le juge parfait mais aussi sa maison était impeccable. Il en va de même pour elle, toujours tirée à quatre épingles, rares sont les moments de détente et même quand il y en a, elle a toujours ce maintien qui impose le respect. En façade et à la règle Calahan, Helena est proche de la perfection. En effet, dans le fond, Helena est loin d’être parfaite.

    « Une solution ? à la bonne heure ! je suis tout ouï ! »
    « Nous en sommes arrivés à la même conclusion que toi. Dans un premier temps, chacun sauve ceux qui l’écouteront. Ensuite, nous aviseront. »
    Helena redressa la tête. L’un des points sensibles, en effet, de cette discussion avec Zach s’était qu’ils n’avaient pas su planifier de plan d’action à plus de quelques jours voire semaines. Tant que la famille est éclatée, ils ne peuvent rien décider. Il allait falloir mettre les pieds dans le plat pour regagner le respect des enfants de cette maison.

    Puis les balivernes furent mises de côté et Mike entra dans le vif du sujet. Jones. Helena était maintenant prête à faire face. Bien que cette canaille lui sorte par les yeux, elle était prête à affronter Mike sur ce point.
    « Outch. Je ressentirais presque une certaine réticence…pas de ta part tout de même Helena ? »
    Mike avait vu juste. Helena avait bien une « petite réticence » à l’encontre de Jones. Il s’approchait déjà, main sur le cœur, regard triste. Ce môme aurait du faire du théâtre. Remarque, avocat c’est presque pareil. Helena était fière que son fils fasse de telles études. Il irait loin. Avec ou sans elle, il irait loin. Cette mascarade cessa bien vite quand Mike reprit beaucoup plus sérieusement.
    «et bien Jones, aussi chiant et maladroit qu’il puisse paraître, et c’est peu dire, il a beaucoup de relations dans les mondes souterrains, ce qui pourrait déjà nous être très utile. Ses pouvoirs sont très développés, et il est particulièrement puissant.»
    Helena encore une fois devait se rendre à l’évidence. Jones était « chiant et maladroit », çà c’est du déjà-vu. Le souci, voyez-vous, c’est que la suite de la phrase est vraie aussi. Mike est un acteur mais pas un menteur. Nuance, nuance. Il ne joue pas la comédie, il se mets en scène, et s’en délecte. Helena le fixa droit dans les yeux avec un regard calme. En elle, elle avait tous les arguments contre ce vaux-rien qui se pressaient en masse derrière ses lèvres. Mais elle devait finir d’écouter Mike. Règle de politesse. Perfection, pas si loin.

    « Je sais que Zach ne le porte pas vraiment dans son cœur, c’est vrai. Toi je ne sais pas. Les filles le trouvent plutôt cool. »
    Helena fut assez fière d’apprendre que son fils ne savait qu’elle entretenait, à l’encontre de Jones, un dégout fumant. Elle allait répondre en lui disant combien il était insupportable et combien elle trouvait cela dégradant pour lui d’être avec un type pareil. Bien sûr, les mots ne seraient pas sortit ainsi. De toute façon, ils ne sortirent pas du tout. Mike ajouta une phrase. Juste quelques mots.
    « mais je sais aussi qu’il donnerait sa vie pour moi. »
    Si vous pensez qu’Helena se réjouisse de cela car elle a enfin trouvé un moyen de se débarrasser de Jared pour de bon, vous faites fausse route. Si vous pensez qu’elle sait à présent que la puissance de Jared peut être mise au service des Calahan beaucoup plus facilement et qu’elle a l’intention de l’utiliser, vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’à l’épaule ! Helena n’est pas une stratège hors-pair tout le temps. Ce que viens de dire Mike, c’est l’argument. Jones est prêt à donner sa vie pour Mike. Rapidement, plusieurs constats tombèrent dans l’esprit d’Helena. Jones ne pouvait plus être éloigné, il ne partirait jamais, il préférait mourir. Mike n’était pas sûr de vouloir mourir pour lui, sinon il l’aurait ajouté. Pourtant, Mike défends la canaille devant sa mère et, croyez-moi, il est bien placé pour savoir que çà n’est pas aisé. La clairvoyance de Mike était vraiment l’arme fatale contre la façade d’Helena. Quand Mike commençait à être sincère, Helena ne pouvait plus lutter.
    De longues secondes s’étaient écoulées, Helena fixait toujours Mike.
    « Je ne l’aime pas. » Voila c’était dit. C’était clair et encore une fois, il n’y avait plus de mensonges entre eux. Ce dernier fit mine de vouloir dire quelque chose mais elle ne le laissa pas parler. Elle continua. « Pourtant, à présent, je sais qu’il est fou d’essayer de vous séparer. J’avoue l’avoir envisagé, et avoir voulu éloigner Jones. Mes sentiments envers lui n’ont pas changé ne te méprends pas. Disons qu’il entre dans mes équations maintenant. Avec toutes les peines que cela implique. »

    Le regard d’Helena était grave. Elle ne venait pas d’ouvrir les bras à Jones, grand Dieu non. Chez les Calahan, il vaut mieux ne pas faire de vagues. S’ils vous ignorent, soyez heureux, s’ils veulent vous mettre à l’épreuve, fuyez ! Helena acceptait désormais de mettre Jones à l’épreuve. Avec tout ce que cela implique. La partie ne faisait que commencer pour la canaille. Le gros problème d’Helena en disant cela, c’était qu’elle n’était pas du tout sûre que Jones échoue au test et il était capable de passer malgré l’enfer du manoir. Elle avisera en temps voulu. De toutes façons, il n’est plus évitable maintenant…

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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Lun 16 Mai - 22:41

Les adjectifs pour qualifier Mike étaient bien ceux pensés par Helena. Ou du moins ils s’en rapprochaient énormément. Autonome, Mike avait un travail et une chambre d’hôtel pour se détacher du cocon familial et satisfaire ses besoins par soi-même. Tendance que ses sœurs semblaient peu à peu copier. Indépendant, ce trait de caractère il l’avait hérité depuis qu’il avait su à propos des infidélités de son père, en s’étant rendu compte par conséquent que sa propre famille ne lui suffisait pas. Que Mike ne lui suffisait pas. Les relations exclusives, voilà ce que désirait plus que tout au monde Mike. Mike voulait l’exclusivité, et auprès de tout le monde. Débrouillard également. Il n’avait besoin de personne, il n’avait besoin d’aucune aide. Pas complètement idiot, le Calahan ne refusait pas un coup de main en cas de détresse, à ce niveau, son égo ne prenait pas un coup considérable.

En revanche, il est vrai qu’il semble que Mike hérita de certains traits de caractère de sa belle—mère. Et c’est peut-être ce qui pourrait décrire au mieux ce jeune Calahan. Son éloquence, sa répartie, sa prestance, il semblait être une copie conforme d’Helena. On ajoutait un grain de malice, de chantage épuisant, d’ultimatums et on pouvait retrouver notre Mike.

C’est peut-être aussi pour cela qu’il avait décidé de quitter le Manoir. Peut-être qu’il en avait marre de ressembler de plus en plus à son père et à Helena ? Les raisons de son départ sont nombreuses et il pourrait tenir un discours de plusieurs heures pour énoncer toutes ces raisons. Pour ne citer qu’une des principales, Mike a quitté le Manoir pour se détacher de sa famille. Ce qui est plutôt évident. Mais sachez surtout que dans ce monde magique, d’importants sacrifices sont à faire, vos ennemis pourraient en un clin d’œil s’acharner sur les êtres que vous chérissez jours après jours, les traquer sans répit tant qu’ils n’auront pas obtenu ce qu’ils veulent de vous. Faire mine qu’il déteste chaque membre de sa famille est susceptible d’éliminer quelques éventuels coups de pression de la part de ses adversaires. Dépendre de quelqu’un, hors de question, vous connaissez bien Mike.

Helena avait simplement hoché la tête lors de ses premières paroles. Cela en voulait dire beaucoup. Elle sait qu’il a raison. Ce qui n’est pas une réelle surprise en somme. Qu’elle le contredise et qu’elle lui dise que son rôle était de réunir toute la famille au sein d’une ambiance conviviale…non, bien sûr. Cette adorable tâche n’était que pour ce cher Zach. Père Calahan, ou comment briser une famille en un clin d’œil et tenter de la réunir depuis quelques années ? Comment Helena avait-elle pu tomber si bas pour éprouver une quelconque affection pour cet homme ? Avec ce tel boulet derrière elle, il est sûr qu’elle ne grimperait jamais au sommet dans son estime.

Suite à ces dernières paroles, dont Mike resta très fier, on aura pu remarquer un sourire inattendu chez son interlocutrice. Un délicieux sourire qui en provoqua un autre chez Mike.

« Oui, Marion t’écoutera. Tu comptes pour elle. Je ferais mon possible avec les filles… et je m’efforcerais d’être parfaite. »

Mike continua de sourire. Il est sûr que le Calahan s’entendant le mieux avec Marion est inévitablement Mike. Ce dernier en est particulièrement fier, les autres sœurs l’avaient littéralement délaissée étant les « élues » du pouvoir des trois. Mike n’avait fait que la récupérer en quelques morceaux, et il avait ainsi pu découvrir que la cadette manigançait d’ores et déjà quelques plans de son côté avec les moyens du bord. Discrète. Autonome. Têtue. Une sorte de Mike au féminin. C’est pourtant étonnant que les deux s’entendent à vrai dire.

Mike n’était pas particulièrement content de rendre service à sa famille. Car rendre service aux Calahan sous entendait rendre service à Zach. Comprenez-vous. En l’occurrence, il semblait satisfait de rendre service à Helena. D’une part, il s’amusait, d’autre part c’était tout comme une petite visite de courtoisie, et finalement, en l’aidant, Helena se devait de lui rendre la pareille, tôt ou tard. Disons, tôt.

« Nous en sommes arrivés à la même conclusion que toi. Dans un premier temps, chacun sauve ceux qui l’écouteront. Ensuite, nous aviseront. »

Un sourcil s’arqua. Ce qu’elle venait de dire s’appelait vraiment une « solution » ? Zach devait être derrière cette idée, forcément. A défaut de ne pas être sûr de pouvoir réunir tout le monde, il a prévu quelque chose pour ceux qui ne l’écoutent pas. C'est-à-dire d’aller paitre ailleurs. C’est une méthode un peu obsolète. En revanche, Mike ne rétorqua pas, étant donné qu’il n’avait rien de mieux à proposer. Dans le cas contraire, Helena lui demanderait alors une autre idée peut-être. Mike répondrait que ce n’est pas son rôle de trouver de tels stratagèmes pour réunir une famille qu’il n’avait en aucun cas brisé…et cela ne ferait avancer en rien la discussion. Alors autant éviter toute provocation et ironie gratuite.

De toute manière, cela se voyait très bien qu’elle n’avait pas réellement su quoi lui répondre. Zach est véritablement perdu. Et la pauvre Helena se devait de réparer les bêtises de son tendre et cher amour alors qu’elle n’avait jamais rien demandé à personne. Attitude brave ou naïve, ceci restait encore à voir. Dans tous les cas, Mike n’irait jamais jusqu’à la blâmer de ne pas trouver de solution applicable pour réunir les Calahan au complet.

Puis comme l’avait miraculeusement compris Helena, ce n’était pas ça le sujet principal du moment.

Mike avait toujours voulu tester la capacité d’Helena à pouvoir se contenir. C’est l’occasion rêvée. Elle ne lâcha aucun mot, aucune mimique ne vint perturber son visage de marbre, aucune gestuelle ne vint la trahir. Stoïque. La Reine des glaces. Helena n’avait pas besoin de mots pour faire peur, elle n’avait guère besoin de menacer ses ennemis, elle imposait rien que de par sa présence. Jamais Mike n’avait rencontré une femme d’une telle prestance. Mike se régalait de part ses paroles qui devaient sans aucun doute susciter un peu de peur chez sa belle-mère, mais également en regardant cette dernière si impassible…

« mais je sais aussi qu’il donnerait sa vie pour moi. »

A vrai dire Mike était véritablement fier de cette dernière phrase prononcée si calmement avec une facilité exemplaire. Au fond, il n’en savait rien. Peut-être que Jones en serait capable, peut-être que non. Mike ne s’était jamais réellement posé la question, il avait pu remarquer que lui-même s’était plusieurs fois mis en danger pour sauver son ami de manière spontanée. Le problème avec Jones, c’est qu’il avait opéré un nombre de fois incalculables dans le dos de Mike. Un exemple connu par Mike est le pacte avec Otthran. Jared faire un pacte avec lui afin qu’Otthran le protège en cas de problème majeur…cette histoire est tout de même dingue. Et dire qu’elle remonte à plusieurs mois déjà. Alors oui, peut-être que Jared donnerait sa vie pour sauver le jeune Calahan.

En revanche, là où Helena marquait intérieurement un point, Mike n’était pas sûr de vouloir mourir pour lui à ce jour. Comme je l’ai déjà évoqué, spontanément, Mike le ferait sans aucun doute. D’une manière réfléchie, Mike se débrouillerait pour trouver une ruse afin de garder Jared sain et sauf ainsi que lui-même. Non par pur égoïsme, non. Simplement de part le fait que Mike ne veut pas infliger ça à sa famille, à ses proches (nombre de personnes assez restreint peut-être). Et puis Mike veut vivre aux côtés de Jared, pas le laisser seul dans ce monde corrompu où il tomberait dans la soif de vengeance absurde afin de vouloir venger la mort de Mike.

Enfin bref. Cela à part, préciser qu’il donnerait sa vie pour Jared impliquerait bien trop de choses. Cela impliquerait une dépendance incontestable, et par conséquent cela remettrait en cause l’autonomie, la force, de Mike, caractères tant appréciés par Helena.

Ne dire juste ça lui donnait une certaine supériorité, un certain pouvoir. C’est plutôt agréable de dire que quelqu’un serait prêt à mourir à votre place. Tout de suite cela vous rend beaucoup plus puissant, beaucoup plus à l’aise.

Finalement, s’il avait dit la phrase contraire Helena aurait commencé à se questionner vis-à-vis de leur relation. Encore fallait-elle qu’elle ne s’en pose pas encore.

C’est dingue à quel point une telle phrase, paraissant si simple au premier abord, pouvait regorger d’aspects techniques et de sous-entendus si finement mis en jeu.

« Je ne l’aime pas. »

Légèrement amusé par cette spontanéité plutôt bouleversante, Mike lui accorda un sourire. Non pas un sourire chaleureux, simplement parce qu’il s’y attendait. Il s’attendait à une réticence directe de la part d’Helena, mais pas de cette manière. Pas aussi franchement.

« Pourtant, à présent, je sais qu’il est fou d’essayer de vous séparer. J’avoue l’avoir envisagé, et avoir voulu éloigner Jones. Mes sentiments envers lui n’ont pas changé ne te méprends pas. Disons qu’il entre dans mes équations maintenant. Avec toutes les peines que cela implique. »

Quelle éloquence. Encore et toujours. En revanche, Mike ne pouvait s’empêcher de penser qu’il y avait beaucoup de broderie. Elle semblait en surface sincère, mais au fond elle douterait toujours de Jones. Le plus inquiétant, c’est la pression que s’efforcera de maintenir Zach derrière. Helena devrait tôt ou tard prendre parti pour son fils ou pour son époux. Elle n’irait pas jusqu’à jouer de double jeux tout de même ?

Mike ne savait pas quoi faire. Il n’en laissa rien paraître évidemment, il resta stoïque, le regard fixé sur Helena, la lèvre inférieure pincée. Défendre corps et âme Jared auprès d’Helena n’était pas le but premier de sa visite. Il ne voulait pas mâcher tout le travail de Jared. Il l’aiderait sûrement un peu à franchir les étapes de l’ascension Calahan, mais ne l’emmènerait pas au sommet directement. Et puis c’est Jared qui devait épauler Mike en temps normal, pas l’inverse. Egoïsme ? peut-être. Mais c’est Mike le plus jeune, c’est lui le plus capricieux, c’est lui qui cherchait à la base une certaine protection.

« et Zach ? »

Un sourcil arqué, Mike ne semblait pas très convaincu. Il n’osait pas douter d’Helena, mais semblait quelque peu perplexe quant à l’avenir des dires de sa belle-mère.

« bon très bien. Merci Helena. » , dit-il vraiment content qu’elle soit si compréhensive, mais Mike voulait atrocement en rajouter une couche, « heureux que l’incident avec Jones en prison ne t’ai pas fait changer d’avis. »

Sur cette dernière parole Mike ne laissa absolument rien transparaitre. Absolument rien. Au fond de lui il jouissait. Il ne savait pas si Helena avait été au courant de tous les détails, mais que faire. Maintenant d’une manière quelque peu subtile elle les avait. Quoi qu’il arrive Mike était gagnant.

Si Helena savait déjà cela, elle serait persuadée que Mike avait fait exprès de dévoiler cela, par contre elle ne pourrait jamais le prouver, Mike restait impassible et garder une allure comme si de rien n’était, comme s’il était sincère qu’elle n’en tienne pas rigueur à Jared. Ce qui serait plutôt rageant.

Si Helena ne savait pas cette information, elle serait ravie d’entendre que Jared mettait la vie de son fils en péril dans le monde magique et dans le monde des mortels. Qu’il ruinerait peut-être sa carrière de futur avocat dont elle était si fière. Qu’il faisait sûrement pire encore ?

Cela n’avait aucun sens…défendre Jared pour l’enfoncer ensuite par derrière ?

Ce n’est pas Jared le véritable point clé de leur discussion, car quoi qu’il advienne, Mike finirait toujours par voir Jared. Il le fréquenterait autant qu’il le veut. Il n’en avait strictement rien à faire qu’Helena soit réticente, que son père le déteste au plus haut point ou que ses sœurs le trouvent agréable ou non. Il passera tout le temps qu’il voudra avec Jared, que sa vie soit mise en péril, que son casier judiciaire s’agrandisse au fur et à mesure, qu’il vive une vie de débauché, car c’est ça qu’il voulait. Principalement Jared avait su lui rendre sa vie beaucoup moins monotone.

Alors pourquoi en venir à ce sujet ? juste pour tester la capacité d’Helena à garder son calme…lors de circonstances plutôt particulières, avec en prime autour d’un sujet tabou. Enerve toi Helena.
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Dim 12 Juin - 20:50

Spoiler:
 

Helena avait toujours tenu parole. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle n’avait jamais trahie sa parole envers les siens. Bien sûr, elle avait menti à ses ennemis mais tellement moins que la moyenne que les ennemis en question avaient souvent du respect pour elle. Si elle était franche ce n’était par excès de bonté loin de là, c’était pour pouvoir rejeter entièrement la faute sur les autres. Si elle avait joué franc jeu, le moindre écart pouvait être sanctionné. Et au fond, elle adorait sanctionner les gens pour leur manque de conduite. Mike ne lui donnait que rarement, voire jamais, cette satisfaction, il était maître de lui-même et savais bien que tout était permis avec Helena sauf le mensonge. La preuve, il était capable de lui faire endurer les plus atroces paroles mais ne s’aviserait pas de lui mentir. Sûrement que dans le fond, il avait peur qu’elle l’apprenne ? Ou qu’il avait une intégrité ? Les deux solutions ne plaisaient pas à Helena pourtant, elle n’en voyait pas d’autre. Mystère.

« et Zach ? »

Si ça lui avait couté de dire que Jones était entré dans ses plans ? Ho que oui ! Même Mike l’avait vu. Helena n’allait pas mâcher le travail de Jones. Premièrement, ce n’était pas son genre. Deuxièmement, elle lui vouait une haine coriace et n’aller en rien lui faciliter l’existence. Et il allait l’apprendre bien assez tôt.

« A Jones de convaincre Zach, ne compte pas sur moi pour lui faire la belle vie. Ou peut-être veux-tu convaincre ton père toi-même ? Quoi qu’il en soit, sache que sans ton aide, Zach n’acceptera jamais Jones. Même si je prenais parti pour lui… »

Helena en avait par-dessus la tête de l’entêtement de Mike contre son père. Zach était quelqu’un de bien qui ne méritait pas ce que lui faisait vivre mais Helena se gardait bien de le dire ainsi. Enoncer ces dires à hautes voix lui couterait « l’amitié » de Mike et il en était hors de question. Elle savait qu’elle pouvait faire quelque chose pour rétablir leur relation mais elle avait trop peur d’empirer les choses. L’arrivée de Jones venait de lui donner une idée. Une espèce de compromis, Zach tolère Jones et, en échange, Mike arrête de dédaigner son père. Une trêve, en attendant un traité de paix. Si Jones avait assez d’impact sur Mike pour le faire parler à son père, alors elle lui serait au moins reconnaissante de ça. Bien sûr, inutile de mentionner que la canaille ne saura jamais rien de cette reconnaissance mais qu’Helena saura la faire passer comme avec Mike. A mot très couverts.

« bon très bien. Merci Helena. » , au fond d’elle Helena savait qu’il n’allait pas abandonner la bataille. Il commençait juste à s’amuser avec elle alors pourquoi couper court à un tel divertissement. Elle attendit patiemment la suite de la phrase, car, oui, elle savait qu’il y aurait une suite.

« heureux que l’incident avec Jones en prison ne t’ai pas fait changer d’avis. »
Bon dieu Mike aurait du faire du journalisme ou de la politique avec une répartie et un sens de la réplique aussi prononcé. Ce garçon manquait atrocement de limite mais pour ce qui était de l’observation et de l’intelligence, il avait eu plus que sa part. Peut-être avait-il eu la part de neurones qui aurait du revenir à Jones ? Mystère. Helena marqua un silence. Alors il en venait au fait. Elle le regarda un instant avec un sourire indéchiffrable. Elle respectait ce garçon de tant d’années son cadet qui pourtant la malmenait avec dextérité et savoir-faire. Helena avait trouvé adversaire à sa taille. Adversaire dans la parole mais allié dans le fond. Pourtant, si elle baissait les armes maintenant, elle perdait et l’adversaire et l’allié. L’alliance ne durait que temps que le combat était possible. Si Helena arrêtait de « distraire » Mike, il la dédaignerait elle aussi, elle le savait bien. Etre le jeu de son fils n’est pas simple mais elle mettait un point d’honneur à lui rendre ce jeu extrêmement ardu.

« Changer d’avis ? Mon avis est basé sur autre chose qu’une nuit en prison. Jones n’en ai pas sorti plus brillant au contraire mais je sais ce que tu vaux, toi. Même si ta valeur n’était pas dans cette cellule, ton choix était d’y être. Qu’y puis-je ? »

Helena haussa les épaules. Elle ne prétendait jamais avoir de l’influence sur les gens car les gens détestaient ça par-dessus tout. Mike plus que quiconque. Elle venait avec tact de lui dire qu’il était grand et adulte maintenant, et que ce genre de conneries, elle s’en tapait royalement, passez-lui l’expression. Helena savait qu’aller contre la volonté de Mike était peine perdue. Pourtant, elle ne perdait pas espoir de faire changer sa route. Elle pouvait au moins essayer de lui montrer le chemin qu’elle préférait qu’il prenne sans lui faire de moral. Et puis, une nuit en prison, elle savait bien que cela n’avait rien de bien grave dans le fond. Mike savait que Zach effacerait le casier de toutes façons et donc encore une fois, son intelligence l’avait sauvé. Elle aurait très embêtée s’il avait été pris dans bien d’autres choses mais au commissariat, il avait encore malgré tout, un allié de poids. Si Mike dédaignait Zach, Zach, au contraire, ne laisserait pas Mike dans les ennuis. Ayant confiance autant en l’un qu’en l’autre, elle savait qu’il n’y aurait aucunes conséquences à cet acte. Elle savait aussi que c’était là, la raison première de la présence de Mike en prison. Trop intelligent pour se nuire ouvertement…

« Je dirais ce que je pense de Jones à Zach. Tout ce que je pense de Jones. Tu devras malheureusement faire le reste Mike. »

Aucune animosité dans cette phrase. Aucune méchanceté. Mike le savait. C’était là, la façon dont elle les avait élevés. Aucune pitié. Mike pouvait se tenir pour dit qu’Helena irait plaider en la faveur de Jones jusqu’à ce qu’elle jugerait tolérable et surtout, sur tout ce qu’elle avait dit à Mike, mais pour le reste, elle n’agirais en rien pour aider Jones. Jones n’était pas Mike. Et si elle aurait bien aidé Mike, Jones pouvait aller se faire voir. Elle regarda Mike avec un air entendu. Tout les deux savaient très bien où elle voulait en venir et la réplique de Mike ne tarderait pas. Helena n’avait pas peur de Mike. Elle avait juste peur de le perdre. Mais il était tellement plus simple de le perdre que d’en avoir peur. Car on gagne plus facilement son dédain que ses menaces. Helena lui sourit.

« Que penses-tu de cet incident ? J’ai entendu ton père là-dessus mais j’aimerais bien avoir ta version… »

Helena le regarda avec intensité. Pas qu’elle n’ait pas confiance en Zach pour lui raconter l’intégralité des faits, loin de là. Elle pensait juste que le point de vue de Mike pouvait être très intéressant. En effet, si Mike avait agit de la sorte, il avait une raison. Inconsciemment, elle était persuadée que c’était pour entrer en conflit avec son père une fois de plus. Mais elle ne savait pas si Mike en était conscient ou pas. Au fond, il aurait très bien pu suivre Jones dans une embrouille et n’en avoir rien à cirer. Ou bien il aurait pu le suivre en se disant que cela ferait sûrement des cheveux blancs à son père. Pauvre Zach. Pourtant, c’était un homme fort et clément envers sa famille. Pourquoi ne pouvait-il pas tenir tête aux attaques de Mike ? Car le fond du problème était là ! Si Zach arrêtait d’entrer dans le jeu de Mike, et de le provoquer en jouant « au plus con » on n’en serait pas là ! Mike se délectait de cette relation de duels, mais Zach était l’adulte et il devrait savoir mettre un terme à tout ça. Helena ne blâmait pas que Zach. Les attaques de Mike envers son père étaient gratuites et elle ne tolérait pas non plus cela. En somme, elle ne les trouvait pas reluisants tout les deux sur ce point mais se gardait bien de le dire. Mike ne devait pas se sentir agressé par cette question, c’était un échange cordial qu’elle lui proposait. Après tout, il lui avait posé assez de colles pour ce soir, à elle d’en poser quelques unes. Mais comme une colle ne viens jamais seule…

« D’ailleurs parlant de ton père. Tu as prévu d’arrêter de le pousser à bouts ? »

Toujours pas d’agressivité. Pire que ça. Un compliment. Helena sait qu’en brossant Mike dans le sens du poil elle a plus de chances d’obtenir ce qu’elle veut. Lui dire que lui seul à les clés pour arrêter ça, même si cela veut dire que c’est principalement de sa faute (ce dont Mike se fout royalement) c’est aussi lui dire qu’il est supérieur à son père sur ce point et c’est bien là le point qu’Helena veut atteindre. Elle marqua une pause avec un sourire entendu. Mike sait qu’elle se fout de qui est fautif, il sait qu’elle voudrait que cela s’arrête mais elle ne fera pas dix milles essais. Celui là est l’un des rares qu’elle va essayer de transformer mais elle n’est en rien sûr de là ou elle pose les pieds. Garder Mike calme est son seul but pour le moment, s’il s’énerve, elle n’obtiendra rien, mais elle sait qu’il ne s’énervera pas, car il perdrait en face d’Helena et ça, jamais il ne le permettra…
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Ven 6 Jan - 18:28

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« A Jones de convaincre Zach, ne compte pas sur moi pour lui faire la belle vie. Ou peut-être veux-tu convaincre ton père toi-même ? Quoi qu’il en soit, sache que sans ton aide, Zach n’acceptera jamais Jones. Même si je prenais parti pour lui… »

Jones allait éprouver quelques difficultés, du moins d’après les dires d’Helena. Même avec une pointe d’optimisme, Jared était dans la merde. Enfin, en même temps, il n’avait strictement rien à prouver à son père, donc il n’avait strictement rien à se reprocher sur ce point. (j’ai bien dit, ‘sur ce point’). Ce n’est pas Zach qui allait lui accorder sa bénédiction. D’ailleurs, Mike n’avait aucun compte à rendre à Zach non plus. Au diable ce père Calahan, bon sang.

Helena avait cette manie incessante et totalement ennuyeuse d’envoyer des piques à Mike concernant son père. Voyez-vous, Mike convaincre son père de faire ami-ami avec Jones ? Premièrement, les deux Calahan font tout pour s’éviter, mais font mine de ne pas faire exprès de s’éviter (du moins, c’est vraiment le cas pour Mike) pour ne pas paraitre puéril. De ce fait, ils ne se parlent jamais, ou juste quand Mike fait des petites virées nocturnes au commissariat tant qu’à faire. Leur meilleur porte-parole attitré reste sans aucun doute Helena. Et même, si père et fils s’entendaient très bien, à tel point d’aller faire du golf ensemble, et de jouer à « qui est capable de créer les meilleures illusions un samedi soir » (parce qu’il faut savoir que Mike avait fabuleusement hérité d’un don de son cher père, quelle merveilleuse destinée), donc si toute fois les deux arboraient une relation père-fille chaleureuse, jamais Mike ne pourrait faire en sorte que Zach apprécie Jones. Les deux sont bien trop butés et cons. (bon Zach est juste un peu limité, c’est tout. Jared, lui cumule). Et quels arguments Mike pourrait-il utiliser en faveur de Jones ? pfeu.

« Magnifique chantage affectif Helena. Merci pour l’idée, j’y penserai. »

Mike arbora un sourire narquois pendant une seule seconde à peine, pour lui montrer à quel point ce n’était pas drôle. Il était inutile de préciser, que Mike ne songera pas à une telle alternative, qu’il comptait se débrouiller autrement, et Helena le savait. Il fallait avouer qu’elle n’avait pas tord, et Mike savait pertinemment qu’elle n’avait pas tord. Du moins, si elle lui avoue que Zach serait davantage à l’écoute de son fils (du moins pour le sujet de Jared) que d’elle-même, ce n’était certainement pas pour lui faire plaisir. Cette phrase réconfortait Mike d’un côté. Il se disait qu’en ne faisant pas le moindre effort, il avait toujours du pouvoir sur Zach.

C’est aberrant à quel point les deux personnages pouvaient se foutre de la gueule l’un de l’autre. Leurs paroles n’étaient en aucun cas utilisées par hasard, elles restaient bourrées de sous entendus que chacun essayait par-dessus tout de saisir. La plupart du temps Mike comprenait les allusions de « marché », de « pacte », de « j’ai raison, tu verras un jour », de « tu ne serais pas dans la fille je t’aurai déjà écrasé », de « je ne t’accorderai pas le plaisir de craquer cher Mike » et un tas d’autres allusions toutes aussi charmantes les unes que les autres. A côté de cela, Helena devait certainement ressentir les piques de Mike, comme « j’ai raison, tu le sais très bien », « tu ne m’auras pas aussi facilement », « alors, touchée ? », « allez mets toi en colère belle-mamoune », « mais pourquoi restes-tu donc avec Zach ? », « m’enfin… » et d’autres remarques ironiques et provocantes à la Mike.

Et pourtant, leur dialogue s’effectuait dans un calme incomparable. Une sobriété exemplaire. On pourrait les comparer à deux membres d’une famille normale, qui discutent en sortant du travail.

« Changer d’avis ? Mon avis est basé sur autre chose qu’une nuit en prison. Jones n’en ai pas sorti plus brillant au contraire mais je sais ce que tu vaux, toi. Même si ta valeur n’était pas dans cette cellule, ton choix était d’y être. Qu’y puis-je ? »

Mike la fixa puis se mit dos à elle, afin de pouvoir contempler la décoration. D’une part, il voulait lui montrer que cette réplique était totalement inutile, d’autre part il ne voulait plus la regarder.

Elle avait raison.

Qu’est-ce que Mike pouvait bien dire ? Non pas pour se défendre. Non pas pour se justifier. Non pas pour lui prouver qu’elle a tord à tout bout de champs. Non pas pour dire d’être provocateur et arrogant. Mike était peut-être mesquin et ironique, mais il ne l’était pas au point d’être con et immature. (sans doute ce qui le différencie de Jones). Mike n’avait rien à faire dans une cellule. Il se sentait beaucoup plus intelligent. C’est peut-être malheureux à dire, mais c’est ce qu’il pensait. Agir de la sorte, sous l’émotion, de manière compulsive, ça ne lui ressemble pas. Ca ressemble à Jones, c’est tout.

« Je dirais ce que je pense de Jones à Zach. Tout ce que je pense de Jones. Tu devras malheureusement faire le reste Mike. »

« Je passe mon tour Helena, merci pour la proposition. »

Un poil agacé par les remarques insistantes de sa belle-mère, Mike se remit face à elle en fronçant légèrement les sourcils. Elle savait très bien que si elle continuait sur cette voie, le fils Calahan allait peut-être monter sur ses gonds et quitter l’aventure pour ce soir. Même si elle était sincère, et même si elle avait raison, insister n’est pas une chose que Mike apprécie particulièrement. Le pousser à bout, très peu pour lui.

« Que penses-tu de cet incident ? J’ai entendu ton père là-dessus mais j’aimerais bien avoir ta version… »

En d’autres circonstances, Mike aurait susceptible de partir, de mettre un terme à la conversation. Mais c’est impossible. Il n’est pas question de perdre le petit « défi » qui consiste à savoir qui a raison ou tord, qui maitrise l’autre. C’est juste que s’il partait, il avouerait qu’il est faible. Mike essaye de tout faire pour ne pas paraitre faible justement. C’est contradictoire pour quelqu’un qui prétend ne devoir rien prouver à personne.

Mais, il n’avait rien à répondre. Il était resté parce qu’il ne voulait pas partir avec son père. Parce qu’il avait honte. Parce qu’il n’avait pas envie de son soutien. Parce qu’il n’avait pas envie d’entendre des leçons de morale. Parce qu’il n’avait pas envie de dépendre de lui. Parce qu’il n’avait plus envie d’avoir un père.

« Une erreur de jeunesse, que veux-tu. »

Il aurait très bien pu remettre la faute sur Jones, surtout qu’Helena savait très bien que c’était uniquement de sa faute. Du moins, si Zach lui avait raconté sa version. Personne ne savait très bien comment Mike avait fait pour se retrouver au commissariat avec Jones. On serait tenté de croire que les deux étaient éméchés. Mais pas du tout. Il ne pouvait pas accuser Jones pour la simple raison qu’à la base il était bourré de bonnes intentions. Si les deux s’étaient retrouvés dans une sale posture, c’est parce que Jared avait traqué quelqu’un qui en voulait à leur famille dans le futur.

Donc non, il ne pouvait pas l’accuser, cette fois, alors qu’il avait été juste un poil trop protecteur. Il avait voulu en faire trop, mais Mike ne pouvait pas lui en vouloir pour ça.

Dans tous les cas, sa propre réponse ne le satisfaisait pas vraiment. C’était une réponse passe-partout. Mais d’un côté, il n’avait pas envie de lui dire quoi que ce soit à ce sujet. Même si c’est bien Mike qui avait remis cet épisode sur le tapis. Il faut parfois savoir passer son tour et faire profil bas. Mais, Helena n’allait peut-être pas se contenter de cette simple réponse, qui sait ?

« D’ailleurs parlant de ton père. Tu as prévu d’arrêter de le pousser à bouts ? »

Maligne.

Mike lui accorda un sourire. Non pas parce qu’il était fier, ça ne le rendrait qu’immature. Mais parce qu’Helena voulait sincèrement lui faire cracher le morceau, et elle était persuadée qu’elle allait y arriver. Surtout qu’elle s’adressait à Mike, comme personne.

« Je n’ai rien prévu du tout. », petite pause. « Et puis, dans le fond, en quoi ça te concerne Helena ? Inutile de me ressortir que la famille a besoin d’être réunie, que c’est mon père, que les relations au manoir sont tendues. Si la famille fonce droit dans le mur, ce n’esst certainement pas la faute de ma relation avec Zach. Les relations au manoir sont loin d’être tendues vu que tout le monde commence peu à peu à le déserter. », il haussa les sourcils, avec un air légèrement hautain, « alors qu’est-ce qui te pousse à vouloir que j’aime mon père ? »
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Sam 7 Jan - 0:55

Spoiler:
 

Helena ne se méprenait aucunement sur l’adversaire qu’elle avait en face d’elle. Bien au contraire, pour être fort, il faut savoir reconnaitre la force chez autrui. Et Mike était un emblème de force. Et de dédain et d’indifférence, mais de force. Il était le plus instable de la famille. Mike est une épée de Damoclès qui ne tient qu’à son divertissement. Dans un sens, divertissez-le, et il vous épargnera. Marchez dans son jeu, il vous oubliera et vous condamnera. Il aimerait avoir le monde à ses pieds et sentir une supériorité, mais il se lasserait bien vite. Car si certains pensent que la soif de pouvoir est ce qui motive le Calahan, Helena pense elle que le Calahan ne cherche que la confrontation. Il est né pour pousser à bout les gens mais est horripilé d’y arriver trop vite. En bref, un éternel insatisfait qui ne trouve aucun plaisir à réaliser ce pourquoi il se bat toute la journée. Un paradoxe ambulant. Un dangereux individu qui ne veux ni Dieu, ni Maitre mais qui a besoin d’une autorité à provoquer. Même en imaginant que Mike puisse créer son monde parfait, ce n’est pas dit qu’il existe une situation qui lui plaise. Retirez-lui ce qui semble l’exaspérer et vous lui retirez toute saveur à la vie. Helena était une fine psychologue et si Mike restait un mystère, elle était pourtant plus proche du but et savait lui parler comme peu en sont capable. Mike avait tout de même une chance infernale, ses deux parents représentaient tout ce dont il avait besoin pour assouvir ses pulsions de confrontation. Une belle-mère froide au discourt pointu qui met de temps en temps en échec, tout pour étaler la rhétorique et l’esprit du Calahan, et un père, qui rentre dans son jeu et permet au Calahan d’avoir continuellement un « amusement » sous la main. Mike pouvait dire ce qu’il voulait, il serait bien embêté et trouverait sa vie bien fade si demain, Helena et Zach sortaient de sa vie. Même Zach, quoi qu’il en dise.

« Magnifique chantage affectif Helena. Merci pour l’idée, j’y penserai. »

Elle inclina la tête pour le remercier. Cela n’était pas du chantage, mais elle ne le releva pas. C’était la vérité, et si Mike ne voulait pas l’entendre, elle n’était pas du genre à se répéter. Elle ne se formalisa point de son « échec ». Mike était une pointure et, même si elle avait eu un certain espoir, elle ne pensait pas vraiment le faire flancher si vite. Elle n’était pas du genre à se battre pour avoir raison. Qu’il l’amdette ou pas, Mike savait qu’elle n’avait pas complètement tort. Cela lui suffisait, peu importe qu’il l’avoue ou le nie, elle n’en était plus à ses bassesses avec lui. Pourtant, elle était convaincue que sa réplique n’avait servie à rien et qu’il n’irait pas voir Zach. Elle en prit note et essaiera plus tard un autre angle d’attaque. Elle était donc sur cet échec quand elle expliqua à son fils qu’elle se fichait de sa nuit en prison car elle connaissait sa valeur.

Mike parut soudain envouté par les décorations sur le mur. Elle avait fait mouche. Et plutôt deux fois qu’une. Mais Helena, encore une fois, n’en à que faire que Mike admette haut et fort qu’elle ait raison. C’est pourquoi elle mit Mike au supplice en ne disant rien. Ce silence entendu rappelait à Mike qu’il ne devait pas non plus sous-estimer. Et qu’il pouvait servir ses conneries de crises d’ado à qui bon lui semble mais qu’en face d’elle, il était un homme. Elle n’insista pas. Mike avait saisit et elle n’allait pas risquer de perdre son admiration en en remettant une couche. De la finesse. Elle attendit que Mike se désabsorbe des décorations du mur et se retourne vers elle. Elle le regarda sans sourire. Il l’avait eu, elle venait de le piéger, un point partout, balle au centre.

Mike devait être un peu masochiste sur les bords pour aimer discuter des heures avec sa belle-mère. Une des seules qui le piègent. Cela rejoignait étrangement la théorie du besoin de surpasser les autres, tout en jouissant de ne pas y arriver. Cela peut paraitre fou, mais il est un dicton qu’Helena affectionne et qu’elle a toujours répété à ses enfants lorsqu’ils étaient confrontés à quelque chose d’ardu : « on savoure d’autant plus une bataille qu’elle nous a coutée ». Cela rejoignait un fameux dicton qui disait qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Mais Mike appliquait peut-être trop ce dicton. Car dans l’état actuel des choses, il ne se battait mais ne voulait pas gagner, du moins pas définitivement. Cherchait-il une espèce de perfection dans la gloire et dans la victoire ? Ou aimait-il juste les batailles ?

Elle tenta une nouvelle attaque pour pousser Mike à renouer avec son père mais n’eu qu’une réponse expéditive. Entendu. Elle n’en parlerait plus. Mike avait vraiment quelque chose contre son père, mais Helena ne parvenait pas à déterminer quoi. Elle avait beau chercher dans tous les recoins de son esprit, elle ne trouvait rien qui manifeste une haine si coriace. Si ce n’est la complaisance de haïr quelqu’un qui vous aime. Helena soupçonnait Mike de se délecter de ce jeu avec son père car il était particulièrement douloureux pour ce dernier. Un peu maso, nous avions dit, nous ajoutons donc un peu sadique. Cela rejoins l’idée qui si Helena et Zach disparaissait de la planète, Mike perdrait deux jouets plutôt amusants. Helena ne se formalisait pas d’être un jouet pour Mike. En réalité, elle s’amusait beaucoup avec lui aussi. Certaines discussions comme celle-ci étaient plus ardues que d’autres, mais au quotidien, ce jeu maintenait une forme de compétition qui les tirait vers le haut. Le penchant sadique de Mike était pourtant inexpliqué pour Helena. Elle le sait indifférent, mesquin et ironique mais sadique, non définitivement, Mike ne se délecte pas plus que cela de la souffrance d’autrui. Il préfère les voir en échec qu’en souffrance. Infliger une douleur physique à quelqu’un ne soulageait pas le Calahan, par contre, mettre à mal l’esprit de quelqu’un et démonter son intellect voila ce qui amusait terriblement Mike. Mais alors pourquoi passait-il autant de temps avec Jones ? Cet imbécile ne devait pas satisfaire l’intelligence de Mike. Elle soupçonnait Jared de satisfaire le besoin de confrontation de Mike et d’encaisser les caprices du Calahan sans broncher (ou avec humour). Mais elle ne pouvait pas imaginer Mike et Jared discutant, grenade en main, comme il le fait avec Helena. Non, Jones était un imbécile.

Quand elle lui demanda ce qu’il pensait de sa nuit au commissariat, il lui répondit que ce n’était qu’une « erreur de jeunesse ». Helena commençait à taper là où ça fait mal. Il avait détourné la discussion de son père, et maintenant faisait une pirouette pour ne pas expliquer son acte puérile. Etait-il face à son propre ridicule sur cette histoire ? Son intérêt pour la décoration murale d’Helena laissait entendre qu’elle n’était pas loin de trouver une corde sensible. Mike ne pouvait se satisfaire d’une conduite puérile. Il avait de trop grosses ambitions pour cela. Helena fixa Mike un instant, le regard vide, lui disant clairement que sa pirouette la décevait techniquement parlant. Il s’avouait lui-même vaincu sur ce sujet, et préférait baisser les bras et ne pas combattre. Quelque chose clochait chez cet homme. Qu’il le veuille ou non, son père avait une importance faramineuse et dictait sa conduite. Il passait sa vie à l’éviter, finalement, sa vie tournait souvent autour de Zach. Helena garda sa réflexion pour elle et porta sa main contre son visage, le regard dans le vide. Le pouce sur le bas de la joue, l’index et le majeur sur la tempe, elle réfléchissait. Elle se savait proche de comprendre mais il manquait un ingrédient.

Elle prononca sa dernière phrase avec une forme d’absence qui pouvait mettre la puce à l’oreille de Mike. Elle rassemblait les pièces d’un puzzle dont il faisait parti, mais elle seule verrait le dessin final.
« Je n’ai rien prévu du tout. », petite pause. « Et puis, dans le fond, en quoi ça te concerne Helena ? Inutile de me ressortir que la famille a besoin d’être réunie, que c’est mon père, que les relations au manoir sont tendues. Si la famille fonce droit dans le mur, ce n’est certainement pas la faute de ma relation avec Zach. Les relations au manoir sont loin d’être tendues vu que tout le monde commence peu à peu à le déserter. », il haussa les sourcils, avec un air légèrement hautain, « alors qu’est-ce qui te pousse à vouloir que j’aime mon père ? »
Maintenant, elle le savait. La solution de l’énigme Mike ne résidait pas en son éternel dédain, ou son étrange penchant au sadisme. Mike craignait que quelqu’un découvre qui il était. Il lui demandait plus ou moins clairement d’arrêter de militer dans ce sens. Mais maintenant, il argumentait. Il était d’accord, il y a quelques minutes pour ressouder la famille, mais cela ne devait pas inclure sa relation avec Zack. Ensuite, il généralisait son cas pour que cela perde de l’importance. Et finalement, il cherchait les motivations d’Helena. Un sourire apparut sur son visage. Que savait Zach qu’elle ignorait ? Pourquoi Mike était-il si obstiné à tenir son père loin de lui ? Le voyait-il d’une façon qui dérange Mike ? Avait-il mit le doigt sur un point qu’elle avait ignoré ? Est-ce que ce n’était, finalement, pas elle qui jouait le jeu de Mike et Zach qui essayait de le mettre en porte à faux. Elle posa son regard à travers la baie vitrée. Et si la solution était simplement là. Et si Zach voyait clair en Mike comme tout père en son fils ? Et si la vision qu’il avait de Mike était la bonne ? Celle d’un Mike puéril, irréfléchie et inconscient était celle qui était vraie. Après tout, Mike trouvait peut-être tant de plaisir au jeu d’Helena car elle le flattait dans un sens. Malgré tout, elle le respectait et l’admirait, elle le considérait comme un homme intelligent, fin et puissant. Peut-être qu’elle se trompait et que Zach avait raison. Peut-être n’était-il encore qu’un enfant…

Elle reposa son regard de glace sur lui. Le changement était imperceptible mais quelque chose avait changé. Elle soutint son regard un instant et finit par répondre :
« Je ne t’en demande pas tant. Je te demande d’avoir du respect pour lui. Je te demande d’avoir une relation d’homme à homme avec lui et d’arrêter ton jeu… »

La phrase pouvait paraitre simple. Mais si Mike y prenait gare, il y avait la conclusion des pensées d’Helena. Lui demandait d’être un homme face à son père, qu’elle considérait, c’est évident, comme un homme, insinuait qu’elle ne jugeait pas sa relation avec lui comme étant une relation entre homme, entre adultes. Enfin, lui demander d’arrêter son « jeu » était peut-être une pique un peu facile mais elle devait en avoir le cœur net. Si Mike n’était pas capable de respecter quelqu’un, même à sa façon ( Helena se considère respectée de Mike) alors elle allait devoir revoir son jugement, car si Mike ne savait pas se battre avec classe, il perdrait de sa superbe. Elle pouvait entendre qu’il ne l’aime pas, mais elle ne pouvait entendre qu’il ne le respecte pas. Même notre plus fervent ennemi doit être respecté, seuls les faibles peuvent être méprisés, mais Zach n’est pas faible, loin de là. Pire, c’est justement notre ennemi qu’il faut respecter car c’est lui seul qui nous tient en échec. Si Mike avait une haute estime de lui-même (ce dont elle ne doutait pas), il devait en avoir une encore plus grande de ses ennemis. Ou alors il n’avait pas la clairvoyance qu’elle lui prêtait. Elle planta un regard intense dans ses yeux. Une sorte de défi si on poussait les choses à leur paroxysme. Helena venait de douter sur celui qu’elle admirait depuis si longtemps. Elle ne remettait pas en cause son intelligence, ni son art du dialogue, elle le tenait toujours comme un de ses plus fervents adversaires et alliés, mais elle craignait qu’il n’est pas saisit une chose capitale. On ne peut provoquer quelqu’un de bien qu’à une seule raison, celle de le respecter. Helena avait toujours vu la confrontation Mike et Zach comme un jeu mais se rendait compte à présent que Mike n’avait jamais été honorable dans ce jeu. Si c’était le cas et si Helena avait vu juste, Mike ne deviendrait qu’un vulgaire emmerdeur à ses yeux, un emmerdeur avec de la répartie mais rien de plus. A moins qu’il lui prouve maintenant que sa haine pouvait souffrir un certain respect et qu’il avait la grandeur d’âme qu’elle lui avait toujours accordée. Mike devait lui montrer qu’il était un homme, doublé d’un Calahan…
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MessageSujet: Re: Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas Sam 7 Jan - 2:51

« Je ne t’en demande pas tant. Je te demande d’avoir du respect pour lui. Je te demande d’avoir une relation d’homme à homme avec lui et d’arrêter ton jeu… »

Contre toute attente, Mike risquait d’imploser d’une minute à l’autre. Il ne savait pas réellement si c’était ce qu’elle cherchait, mais si c’est le cas, c’est merveilleusement bien joué. A quoi jouait-elle désormais ? Si elle cherchait à l’impressionner, c’était raté. Mais, il n’était pas encore prêt à révéler ne serait-ce qu’une once de colère, de lassitude, d’agacement ou de mépris. En effet, avec cette dernière remarque, Helena lui inspirait pas mal de mépris. Comment pouvait-elle se permettre de le juger ? Qui plus est de le juger sur des actes qu’elle ignore ? sur un passé qu’elle n’a pas vécu ? sur une relation qu’elle ne subit pas tous les jours ? Pour tout vous dire, Helena chutait considérablement dans son estime à cet instant précis. Il serait presque amené à dire qu’elle le décevait. Peut-être qu’elle n’avait aucun compte à lui rendre, et il comprendrait très bien cette optique de pensée, mais il avait osé croire qu’elle ne lui accorderait aucun jugement de valeur de la sorte. Peut-être que Mike se montrait dur, sec et très difficile à vivre, mais selon lui, il avait toujours un je-ne-sais-quoi d’attachant avec Helena. Dans le cas contraire, elle l’enverrait paitre à chaque fois qu’il chercherait à discuter avec elle. Si, vraiment, elle le méprisait, au point de le rabaisser comme elle venait de le faire, si vraiment elle le trouvait immature tel un gosse victime de sa crise d’adolescence, alors pourquoi se fatiguerait-elle à entretenir sainement leur relation ? Dès qu’elle ouvrait sa bouche pour prendre la parole on voyait clairement qu’elle pèse tous ses mots avant de les prononcer à Mike. Peut-être qu’elle avait peur. Peut-être qu’elle ne voulait pas le froisser. Faudrait-il croire qu’elle cherche à s’entendre avec lui uniquement par intérêt ? Le fils Calahan, pas si con qu’il puisse en avoir l’air, rejoint la famille, autant qu’il serve à la famille ? pourquoi ne pas s’en servir pour me rapprocher davantage de Mike ?

La dernière remarque d’Helena ne l’avait pas laissé indifférent, pour sûr. Tandis qu’elle se remettait en question à propos de son jugement pour Mike. Ce dernier faisait de même, de manière beaucoup plus franche et directe. Un poil trop exagérée, mais ce qu’il pensait pouvait tenir debout après tout. Chaque hypothèse était fondée, Mike n’y croyait peut-être pas trop lui-même, mais c’était toujours à exploiter. C’est dans sa nature d’être victime d’une paranoïa aigue. Autant dire qu’il préfère s’attendre au pire, et ne pas en être déçu par la suite. Tomber de haut, ce n’était absolument pas ce qu’il préférait dans la vie. Peut-être qu’il l’avait mal jugé, lui aussi ?

Helena l’avait quelque peu foutu en rogne, et l’impulsivité de Mike commençait peu à peu à le pourrir de l’intérieur. Il avait une folle envie d’utiliser son pouvoir, afin de pouvoir contrôler son esprit, mais c’était bien trop absurde. En temps normal, il aurait considéré cela comme une tentative, aussi désespérée soit-elle, de le mettre à bout. Ce qui est vraiment une mauvaise chose à faire quand on connait Mike.

Le Calahan ne se mettait pas souvent en colère. A vrai dire, tout dépend du contexte. En l’occurrence, ce que disait Helena, quoiqu’il en dise, avait de l’importance, donc ses remarques avaient un impact relativement important dans la vie de Mike. Et le contenu. Dans ce cas, Helena avait fait preuve d’un sacré manque de tact – du moins c’est que Mike pensait – de par ses nombreux sous entendus si peu délicats et vexants de par son jugement de valeur si peu fondé. Se faire juger de manière si hâtive, voilà une nouvelle chose que Mike ne supportait pas. Encore une fois, tout dépendait de qui lui dit quoi.

« Sauf erreur de ma part, je n’ai jamais manqué de respect à Zach. Rien qu’au commissariat, endroit où tu n’étais pas, et anecdote qui ne te concerne pas au passage, j’ai bien fait profil bas Helena. Ne t’aventure pas sur des sujets dont tu n’en connais pas la totalité. S’il y a bien quelqu’un qui manque de respect dans cette famille, c’est bien lui. »

Lui demander d’avoir du respect pour son père ? Mike en avait. Et énormément. Et il ne voyait pas dans quel cas il lui avait déjà manqué de respect ? Cette situation commençait véritablement à l’énerver. Et pourtant il gardait par-dessus tout son calme. Son agacement ne le mènerait strictement à rien, et Helena en serait bien trop fière, considérant qu’elle a raison, alors que non. En même temps, devait-il encore réellement tenir compte de son avis ? Son regard, son ton nuancé, elle s’adressait à un adolescent à qui elle faisait la morale. Très bien, qu’elle le rabaisse. Voulait-elle réellement voir ce qu’elle peut ressentir face à Mike adolescent ? Elle serait surprise de voir à quel point elle ne pourrait même pas lui faire cracher deux mots sans qu’il ne se retire de son bureau illico presto. Mike n’a pas toujours été facile, parce qu’il considère que maintenant il est facile. Mike a toujours été un petit con, sans gêne, mêle-tout. Le genre de gosse typiquement chiant et incroyablement con. Le bouffon de première qui cherche à amuser la galerie alors qu’il n’a même pas encore vécu sa crise d’adolescence. Un Jones junior.

Dans l’histoire, Mike sous-entendait très bien que Zach avait manqué de respect. Pas forcément à son fils. Plutôt à la mère de son fils. C’était évident. Qu’on l’accuse, lui, de manquer de respect, alors que son père n’est même pas capable de l’élever convenablement après avoir causé la perte de sa relation avec sa mère…fallait pas non plus déconner. Après cela, Zach a-t-il toujours été très respectueux avec son fils ? S’excuser, lui blanchir son casier judiciaire, faire bonne apparence, faire la moue lorsque son fils l’ignore…ça c’est pas du respect, c’est juste quelque chose de normal. Il n’a jamais dit que son père était un être horrible dépourvu de gentillesse. La preuve. En échange, Mike considérait qu’il n’avait rien à lui rendre par contre. Zach agissait de son plein gré, et temps mieux, car Mike n’attendait rien de lui. A part le fait que Zach soit son père, Mike ne devrait n’avoir rien à se reprocher. Les autres n’ont pas à dicter sa vie, surtout pas Helena.

« Helena, Helena… », Mike opta pour un ton plutôt hautain et moqueur, le revoilà qui reprenait de l’assurance, à défaut d’être irrité. « Une relation d’homme à homme ? Je ne veux pas lui adresser la parole. Tu sembles souvent respecter mes choix. Toi-même tu m’accuses de manquer de respect. N’en sois pas un contre-exemple. Je ne veux rien de mon père. Je ne veux pas entretenir de relation avec lui. Donc ton attaque est complètement infondée. »

Quitte à la brusquer, il s’en foutait royalement. L’accuser de choses erronées, c’est ce à quoi elle devait s’attendre. Qui sème le vent, récolte la tempête. Elle devait le savoir plus que personne. Et puis ce qu’il disait n’avait rien de littéralement mauvais. Il se défendant comme il pouvait avec des exemples fondés et basés sur la vérité. Peut-être que Mike devrait respecter davantage son père. Soit, elle n’a pas tord. Mais il n’en avait pas envie. A côté de cela, préférait-elle qu’il soit hypocrite et malsain avec son père ? Si c’est ce qu’elle préfère, Mike pourrait exaucer son souhait si elle veut. Il n’était plus à ça près. Je ne pense pas que ça soit le but premier d’Helena. Mais qu’elle ne le cherche pas davantage, car cette alternative pourrait se produire sans trop de difficulté.

« Je ne joue pas avec Zach. C’est sans doute ça que tu as du mal à saisir. Tu ne comprends pas quoi dans « je ne veux pas parler à mon père » ? crois que sincèrement que cela m’apporte quelque chose ? crois tu que je sors gagnant de cette situation ? arrête un peu s’il te plait. »

Blasé, Mike regarda au travers de la baie vitrée. Il venait, certes, de mépriser quelque peu Helena, mais c’était justifié. Elle ne le comprenait pas si bien que cela en réalité. Enfin…si, elle le comprenait quasiment mieux que personne, étrangement. C’est plus complexe que cela. Elle ne semblait pas saisir la relation de Mike et son père. Or, énormément de choses de la vie de Mike tournent autour de Zach. Il ne le nie pas. Il en fait juste abstraction. Du moins il essaye. Et parfois, cela fonctionne, parfois non. Mike n’est absolument pas si insensible qu’il veut le paraitre, et ça, Helena l’a parfaitement compris.

Mal interpréter ce que Mike ressent pour son père, c’est avoir faux sur quasi toute la ligne. Le fils Calahan ne cherche pas à blesser son père, et elle le sait. Seulement elle se doute peut-être que c’est son père, et quoiqu’il fasse, rien ne pourra changer ce lien de parenté, envers et contre tout. Mike n’a rien d’une personne stable, beaucoup trop lunatique sur les bords, trop peu aimable, bien trop silencieux, trop prévoyant, à chaque fois mis sur le côté de lui-même, et une des seules personnes susceptibles de le ‘sauver’, c’est Helena. Il aurait voulu que cela soit son père, comme tous les garçons qui rêvent que leur père soit leur héros. A la place de cela, il considère sa belle-mère comme celle qui pourrait le canaliser au mieux possible. Loin de là l’idée de s’en plaindre, car Mike préférait la présence des femmes, sans doute à cause de la distance marquée avec son paternel et le décès de sa mère. Il a incontestablement besoin d’Helena. Il ne lui dirait certainement jamais, car ce n’est pas dans ses principes de quémander la présence de quelqu’un à ses côtés. Mike n’aimait pas faire dans la charité, alors les autres n’avaient pas à subir cette chose. Il n’est pas quelqu’un de qui on doit avoir pitié. En aucun cas. Mais Helena devait bien se douter que Mike l’apprécie, que Mike la respecte, que Mike tient à elle, malgré tout. Jamais il ne s’évertuerait de lui adresser la parole si poliment et si intelligemment. Et si elle ne comprenait pas ça, Mike avait du souci à se faire…

Il fixait la ville éclairée par les différentes habitations, penseur. Pas au point d’en être totalement perturbé, et de montrer encore une fois un signe de faiblesse à Helena. Mike en avait marre. Il ne parvenait même pas à se comprendre lui-même, alors comment les autres pouvaient-ils être amenés à le faire ? Et pourquoi, diable, son entourage cherchait à tout prix à le comprendre ? Qu’est-ce que cela pouvait-il leur apporter ? Leur relation avec Mike n’allait en rien évoluer, Mike réagissait différemment avec chaque personne qu’il côtoyait, et tout dépendait de ses sautes d’humeur, de l’intérêt que chacun pouvait lui apporter, de l’apparence, de l’éloquence, et d’autres choses à la con de ce genre…

Au moins avec Jones, tout cela est différent. Jared a absolument tout du type de personne que Mike pourrait détester. Vraiment. Même lui ne comprend pas pourquoi il a commencé, bêtement, à l’apprécier. Il sait qu’au fond, Jared ne lui demande pas tant de choses que sa famille, que ses proches. Jared ne lui demande rien en réalité. Il lui demande juste d’être lui-même, d’être disponible pour tester ses plans foireux à la con, pour être son bon public lors de ses pitreries toutes aussi ratées les unes que les autres. Et Mike se sent comme nécessaire à la vie de Jared, sans qui il ne serait à cette heure qu’un démon avide de pouvoir et cruel. Mike aime croire qu’il maintenait la partie humaine de Jared en vie.

Il resta face à la baie vitrée, et ne la regarda toujours pas.

« Tu n’as pas répondu à ma question. Pourquoi veux-tu que j’aime mon père ? ou que je le respecte, si tu préfères. Vous vous entendez bien à nouveau. Nous nous entendons plutôt bien tous les deux. Je m’entends bien avec mes sœurs. Ne me sors pas la carte du père malheureux délaissé je t’en prie. »

Il détourna seulement son visage en direction d’Helena. Il fronça légèrement les sourcils et opta pour un ton plutôt sincère, tiraillé entre l’envie de lui dire ‘laisse moi donc tranquille’.

« Et après, j’aimerais savoir une chose Helena. Pourquoi cherches-tu tant à me parler ? Peut-être que ce soir, c’est moi qui suis venu à toi, certes. Mais pourquoi cherches-tu tant à ce que je t’apprécie ? Car ne le nions pas, tu fais des efforts, presque autant que moi. Nous savons très bien que l’un comme l’autre nous aurions pu à maintes reprises commencer à hausser le ton et à se quitter plutôt que prévu, agacés. Ne te sens pas obligée de répondre quoique ce soit d’aimable ou de niais, nous n’avons pas de lien d’apparenté Helena, tu n’as pas à agir comme une mère le ferait, je te le rappelle. »
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Etre parent c'est donner à ses enfants des peurs qui ne leur appartiennent pas

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